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Opération Nasr : l’Iran redéfinit l’équilibre des pouvoirs et le paradigme sécuritaire de la région June 9, 2026 by French Presstv

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Opération Nasr : l’Iran redéfinit l’équilibre des pouvoirs et le paradigme sécuritaire de la région June 9, 2026 by French Presstv

 

 

Par le service d’analyse stratégique de Press TV

Pendant bien trop longtemps, l’équilibre des pouvoirs en Asie de l’Ouest a suivi un schéma sinistre et prévisible : le régime sioniste frappait le premier, les mouvements de résistance ripostaient dans des limites mesurées, et le monde assistait au déroulement de ce dangereux spectacle depuis une distance sûre –détaché, indifférent et sans aucune conséquence directe à en subir.

Cette époque a pris fin la nuit où l’Iran a lancé l’opération Nasr contre le régime sioniste en raison de son agression incessante contre le Liban, notamment contre la banlieue de Dahiyeh à Beyrouth.

Ce qui avait commencé comme une opération défensive en réponse à l’attaque non provoquée du régime israélien contre Dahiyeh, le bastion du mouvement de résistance du Hezbollah à Beyrouth, s’est transformé en quelque chose de bien plus important qu’une simple opération militaire.

L’opération Nasr, qui fait suite à l’opération Vraie Promesse IV, ne se limitait pas à une simple opération militaire de représailles contre Israël, mais constituait la divulgation publique d’une nouvelle doctrine régionale : le Front de résistance unifié. D’après cette doctrine, les règles précédentes ne s’appliquent plus.

La véritable portée de cette opération ne se limite pas seulement au déluge de missiles et de drones dirigés vers des cibles israéliennes, mais inclut également le message politique et militaire qu’ils transmettent. L’Iran a en effet déclaré que les attaques visant n’importe quelle position de l’Axe de la Résistance – que ce soit au Liban, en Irak, au Yémen ou ailleurs – ne seraient plus géographiquement isolées. Toute agression sur un front entraînerait désormais des représailles sur les autres fronts.

L’agression israélienne contre Dahiyeh a été l’élément déclencheur immédiat de ce changement. Les responsables et les commandants militaires iraniens ont averti à plusieurs reprises que Beyrouth et Dahiyeh constituaient des lignes rouges infranchissables. Lorsqu’Israël a franchi cette ligne rouge, les forces armées iraniennes ont réagi comme il se devait, en ciblant avec une précision chirurgicale les infrastructures militaires israéliennes, y compris les bases aériennes stratégiques de Nevatim et de Tel Nof.

Le signal le plus immédiat de ce changement radical est survenu avec la déclaration ferme publiée lundi par le quartier général de Khatam al-Anbiya, le commandement militaire le plus élevé, annonçant la suspension de l’opération Nasr.

Les analystes militaires qui ont examiné le ton général de cette déclaration ont noté un fait inédit : l’Iran ne se contentait pas d’annoncer une riposte ponctuelle, mais adoptait une posture permanente.

Le message était sans équivoque : toute poursuite de l’agression du régime sioniste, même des attaques limitées dans le sud du Liban, serait désormais considérée comme une ligne rouge pour l’Iran, et non plus seulement pour le Hezbollah. Cette distinction est d’une importance stratégique.

Pendant des années, l’ennemi a agi avec cynisme, pensant qu’il pouvait affaiblir chirurgicalement les forces de résistance sans provoquer de riposte iranienne directe. Sa logique consistait à frapper le Hezbollah et à s’attendre à une réaction de sa part, dans le cadre des règles tacites d’une confrontation limitée. Il était également prévu que l’Iran ne réagirait pas.

L’opération Nasr a balayé cette idée reçue et instauré de nouvelles règles de confrontation. Lorsque le régime israélien a bombardé Dahiyeh dimanche 7 juin, le message était clair. Et la riposte promise par l’Iran n’était pas un avertissement, mais une démonstration éclatante de la détermination du front de résistance unifié lorsqu’un de ses composants est attaqué.

Concrètement, cela implique que toute agression future de la part d’Israël ou des États-Unis contre un membre du front de la résistance provoquera une réponse coordonnée de l’ensemble des membres du front. Le message émanant de l’Iran est sans équivoque : le champ de bataille ne peut plus se restreindre à un seul membre.

Équation yéménite : Nouveau front, même doctrine

Alors même que l’opération Nasr touchait à sa fin, une autre pièce du puzzle se mettait en place. L’armée yéménite annonçait une nouvelle stratégie sur le terrain en soutien au Liban et au front de la Résistance. La déclaration était, comme à son habitude, sans ambages : les navires israéliens en mer Rouge seraient pris pour cible si l’agression du régime contre le Liban se poursuivait.

Le porte-parole de l’armée yéménite, le général de brigade Yahya Saree, a déclaré que le Yémen avait effectué un tir de missiles ciblant la région occupée de Jaffa, en réponse au projet sioniste visant à établir le soi-disant « Grand Israël » sous la prétendue bannière d’un « Nouveau Moyen-Orient ». Il a précisé que l’opération avait également pour but de mettre fin au « blocus injuste et oppressif imposé par l’ennemi américain » au Yémen ainsi qu’à l’axe de la Résistance au Liban, à Gaza et en Iran.

Selon Saree, l’opération a été menée dans le cadre de la doctrine de « l’unité des fronts » et en réponse directe à l’agression israélienne contre le Liban, l’Iran et Gaza.

Saree a par ailleurs souligné que le Yémen « répondra à l’escalade par l’escalade », ajoutant que les opérations militaires s’intensifieront en fonction de l’évolution de la situation sur le champ de bataille et en coordination avec l’Axe de la Résistance.

Le Yémen a déjà prouvé, au cours de mois de blocus et de frappes de missiles, qu’il pouvait fermer la mer Rouge à la navigation ennemie avec des conséquences dévastatrices. La nouvelle politique ne fait qu’étendre cette capacité au service de la logique stratégique de l’Axe de la Résistance.

L’équation ne pourrait pas être plus claire. Les limitations géographiques ne protègent plus l’ennemi, la mer Rouge, la Méditerranée et le golfe Persique étant les facettes d’un front unique.

Front ennemi contre l’Axe de la résistance

Ceci nous amène au cœur du nouvel équilibre. Le front ennemi, qui comprend les États-Unis, le régime sioniste et certains États de la région dont le territoire et les infrastructures permettent l’agression, a longtemps fonctionné comme un front unifié.

Les services de renseignement américains apportent leur soutien aux frappes israéliennes contre l’Axe de la Résistance, l’espace aérien du golfe Persique demeure ouvert aux actes d’agression, et les capitales européennes accordent une couverture diplomatique aux deux camps.

Historiquement, la Résistance a réagi de manière asymétrique. Le Hezbollah a combattu au Liban. L’Iran a mené des manœuvres secrètes. Le Yémen a défendu ses eaux territoriales. La solidarité existait, mais pas la synergie nécessaire pour contrer et neutraliser le front uni de l’ennemi.

Cette asymétrie est désormais corrigée, et la nouvelle donne oppose directement l’unité du front ennemi à celle de l’Axe de la Résistance. Mais surtout, toutes les composantes de l’Axe de la Résistance ne sont pas encore entrées sur le champ de bataille, et aucune n’a déployé l’intégralité de son arsenal ; de nombreuses surprises restent donc à prévoir.

Il s’agit d’une réserve stratégique, car l’ennemi comprend désormais que toute agression entraîne un risque d’escalade – non seulement contre la cible immédiate, mais également contre une coalition dont les capacités, intégralement dissimulées et encore inexploitées et qui attend patiemment.

Réponse asymétrique : la garantie qu’aucun traité ne peut offrir

Parallèlement, le dialogue diplomatique entre l’Iran et les États-Unis se poursuit. Les échanges se poursuivent par l’intermédiaire de médiateurs et les conditions sont également discutées. Mais il nous faut ici faire face à une vérité dérangeante : si cet ennemi malveillant viole ses engagements avant même la signature d’un accord – comme il l’a fait à maintes reprises par le passé –, quelle garantie subsiste pour un éventuel accord futur ?

Le cessez-le-feu au Liban offre un exemple alarmant. Le régime sioniste a violé à maintes reprises les termes du cessez-le-feu, frappant le sud du Liban en toute impunité, tandis que la communauté internationale se contente de condamnations soigneusement formulées.

Cela se produit alors que les canaux diplomatiques entre Téhéran et Washington restent ouverts, canaux qui auraient soi-disant permis de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre qui a été imposée injustement et illégalement à la République islamique d’Iran et à ses alliés fin février.

Si les États-Unis et leur allié sioniste se révèlent incapables de respecter la toute première clause de tout accord potentiel – à savoir un cessez-le-feu au Liban –, quel espoir demeure pour la suite, c’est-à-dire la levée du blocus naval, la levée de toutes les sanctions, le déblocage des avoirs iraniens gelés, l’abrogation des résolutions anti-iraniennes ainsi que l’indemnisation des dommages causés par la guerre ?

Tous ces engagements pourraient subir le même sort que le cessez-le-feu libanais, c’est-à-dire être violés au gré de l’ennemi sans que quiconque ne les fasse appliquer.

Seule garantie crédible : une réponse imprévisible

C’est pourquoi la stratégie iranienne s’est résolument éloignée des garanties écrites. Le seul mécanisme crédible pour assurer le respect par l’ennemi de tout accord – tant dans le texte que, plus important encore, sur le terrain – est une riposte asymétrique et imprévisible de l’Axe de la Résistance.

L’opération Nasr a démontré ce principe dans la pratique. Lorsque le régime sioniste a frappé Dahiyeh malgré des avertissements clairs, il s’attendait à ce que l’Iran riposte par une frappe mesurée et limitée, une riposte susceptible d’être absorbée avant de faire l’objet de représailles appuyées par les États-Unis.

Au lieu de cela, Téhéran a bouleversé toute la stratégie ennemie. La riposte, imprévisible et inéquitable, visait à renverser la situation, et c’est précisément ce qu’elle a fait : plonger l’ennemi dans un désarroi total.

Cette même logique s’applique désormais dans le sud du Liban, où l’ennemi poursuit son occupation et son agression, misant sur la pression internationale pour contraindre le Hezbollah à accepter un cessez-le-feu imparfait. Or, l’Axe de la Résistance a déjà prouvé qu’il n’attendrait pas l’échec de la diplomatie, et qu’il agirait de toutes ses forces contre toute tentative de sabotage.

La clause la plus importante des conditions publiées par l’Iran pour la fin de la guerre – maintes fois soulignée par la République islamique d’Iran et le Leader de la Révolution islamique – est aussi la plus simple et la plus claire : la guerre imposée à la République islamique d’Iran ne cessera qu’avec l’achèvement simultané de la guerre contre toutes les composantes de l’Axe de la Résistance.

Il ne s’agit pas d’une exigence procédurale, mais d’une garantie logique et structurelle. Téhéran a conditionné la sortie des États-Unis de cette troisième guerre imposée, à l’arrêt de l’appui américain à l’agression contre le Hezbollah, le Hamas et les autres composantes de la Résistance. Autrement dit, la RII veut se rassurer que l’ennemi ne peut procéder à une sorte de désescalade préméditée à sa guise tout en poursuivant sa guerre par procuration.

Si les États-Unis veulent mettre fin à leur guerre illégale contre l’Iran, ils doivent aussi y mettre fin contre le front de la Résistance, car il n’y a pas de paix obtenue séparément ni d’exception pour le Liban, Gaza ou la Syrie. Les fronts de l’Axe de la Résistance sont unis, et les conditions le sont tout autant.

La mise en œuvre concrète de cette stratégie a déjà commencé. Lors de la troisième guerre imposée – l’agression américano‑israélienne contre l’Iran qui a conduit à l’assassinat du Leader de la Révolution islamique et de nombreux hauts responsables politiques et commandants militaires – les groupes de résistance au Liban et en Irak sont entrés en action aux côtés de l’Iran.

L’unité des composantes de l’Axe de la Résistance a trouvé sa première preuve dans l’agression américano-israélienne contre l’Iran, et la seconde dans l’opération Nasr, lorsque l’Iran est intervenu pour empêcher l’agression israélienne contre Beyrouth et Dahiyeh.

La prochaine étape concernera le sud du Liban. Si les violations du régime israélien se poursuivent et que son occupation du territoire libanais persiste, l’Axe de la Résistance est pleinement en droit d’intervenir, en mobilisant ses composantes, ensemble ou séparément, afin de soutenir le Liban avec tous les moyens dont il dispose.

La situation est désormais irréversible, car les anciennes règles sont mortes, et la nouvelle donne se joue dans cette riposte puissante que l’ennemi n’a pas su anticiper ; aussi, plus que tout missile ou manœuvre, c’est l’Axe de la Résistance unifié qui change la donne.

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