Les autorités nigériennes envisagent d'engager des poursuites judiciaires contre le géant français de l’uranium Orano (ex-Areva), l’accusant d'avoir causé de graves dommages environnementaux et sanitaires au cours de décennies d'exploitation minière dans le pays.
Un comité d’experts chargé de préparer des plaintes contre l'opérateur nucléaire français Orano a été mis en place, mercredi, lors d'une cérémonie présidée par le ministre de la justice Alio Daouda.
Le ministre a indiqué que la décision des autorités nigériennes de nationaliser l’exploitation des ressources minières a suscité plusieurs procédures du groupe Orano contre le Niger devant le Centre International de Règlement des Différents (CIRDI) « pour revendiquer une soi-disant propriété minière sur les terres nigériennes ».
C’est pourquoi, a poursuivi le ministre, le Niger a décidé à son tour « d’initier des procédures judiciaires contre Orano en s’entourant de toutes les précautions pour l’attraire devant les juridictions nationales et étrangères afin d’obtenir condamnation et réparations des préjudices subis ».
Évoquant les missions du comité, le ministre Alio Daouda a précisé qu’elles visent à recueillir « toutes les violations des règles relatives à l’environnement, à la santé et à la fiscalité » commises par l’opérateur français dans le cadre de l’exploitation de l’uranium nigérien. Il a martelé que des poursuites seront engagées contre Orano « devant n’importe quelles instances juridictionnelles et arbitrales nationales, régionales et internationales, y compris même devant les juridictions françaises ».