Un tribunal nigérian a jugé que l’exécution de 21 mineurs de charbon en 1949 par la police coloniale britannique constituait une violation extrajudiciaire du droit à la vie, et a ordonné au Royaume-Uni de verser 420 millions de livres sterling aux familles des victimes.
Un tribunal nigérian a ordonné à la Grande-Bretagne de verser 420 millions de livres sterling (570 millions de dollars) d’indemnisation aux familles de 21 mineurs de charbon abattus par les autorités coloniales britanniques en 1949, lors d’une manifestation dans l’est du Nigeria.
Les faits remontent au 18 novembre 1949, à la mine d’Iva Valley, près d’Enugu, où des mineurs avaient cessé le travail pour protester contre leurs conditions d’exploitation, les inégalités salariales raciales et le non-paiement de leurs salaires. La police coloniale avait ouvert le feu, tuant 21 manifestants.
Le juge Anthony Onovo, de la Haute Cour d’Enugu, a statué le 5 février que ces meurtres constituaient une violation illégale et extrajudiciaire du droit à la vie. Il a ordonné au gouvernement britannique de verser 20 millions de livres sterling par victime « à titre de réparation et d’indemnisation effectives ».
« Ces mineurs sans défense réclamaient de meilleures conditions de travail. Ils ne se livraient à aucune action violente, et pourtant ils ont été abattus », a déclaré le magistrat, selon l’agence de presse nigériane NAN.
La décision prévoit également des intérêts de 10 % par an jusqu’au paiement intégral, la publication d’excuses écrites dans des journaux nigérians et britanniques sous 60 jours, ainsi que le versement de l’indemnisation dans un délai de 90 jours.
L’affaire a été introduite par Greg Onoh, militant des droits humains, au nom des familles des victimes. Selon les médias locaux, aucune représentation britannique n’était présente à l’audience.
Pour l’avocat Yemi Akinseye-George, ce jugement constitue « une étape majeure vers la responsabilité historique » et rappelle que « le droit à la vie transcende le temps et les frontières ».