Print this page

Des soldats américains bloquent l’accès des responsables libanais au site du crash de drone à Hamat

Rate this item
(0 votes)
Des soldats américains bloquent l’accès des responsables libanais au site du crash de drone à Hamat

Des forces américaines stationnées sur la base aérienne de Hamat, au Liban, ont empêché, sous la menace de leurs armes, les autorités libanaises d’inspecter un drone abattu dans leur territoire.

Cet incident souligne les tensions croissantes liées à la présence militaire américaine et aux violations flagrantes de la souveraineté libanaise par Israël, malgré le cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis.

Un drone non identifié a été abattu aux premières heures de mardi après avoir pénétré dans l’espace aérien au-dessus de la base aérienne de Hamat, dans le nord du Liban, a rapporté The Cradle au lendemain de l’incident, citant une source sécuritaire libanaise anonyme.

Le drone, détecté par les unités de sécurité de la base où sont stationnées les forces américaines, s’est écrasé dans une zone boisée voisine après une intervention. Lorsque des patrouilles de la police municipale de Hamat et des Forces armées libanaises se sont approchées de l’épave, le personnel américain est intervenu et leur a bloqué l’accès.

Selon la source, les soldats américains ont brandi leurs armes et empêché les responsables libanais, dont le maire, d’approcher du site du crash, sous prétexte que le drone aurait pu transporter des explosifs.

Les autorités libanaises n’ont pas réussi à accéder à l’appareil ; des responsables américains ont par la suite annoncé que le drone ne se trouvait plus à l’endroit initialement indiqué comme étant le lieu du crash.

Cet incident survient alors qu’Israël continue de violer l’espace aérien du Liban malgré un « cessez-le-feu » parrainé par les États-Unis en novembre 2024.

Début février, des soldats de la FINUL, près de Kfar Kila, ont observé deux drones, dont l’un était considéré comme une « menace immédiate ». Ce dernier a largué une grenade assourdissante avant d’exploser à une cinquantaine de mètres des Casques bleus, avant de se diriger vers la Palestine occupée.

La mission de l’ONU a estimé que le drone ayant franchi la Ligne bleue appartenait à l’armée israélienne. Elle a jugé « inacceptable » l’utilisation des drones armés de ce type qui sont en « violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a commis plus de 12 000 violations de la souveraineté libanaise, dont plus de 8 000 incursions dans l’espace aérien et 700 frappes aériennes.

Ces attaques ont fait 343 morts et près de 1 000 blessés au Liban, parmi lesquels des dizaines de femmes et d’enfants.

Les forces israéliennes maintiennent des positions à plusieurs points de passage frontaliers en territoire libanais, empêchant le retour de plus de 64 000 personnes déplacées après les destructions massives dans le sud du pays.

Mercredi, le ministre israélien de la Guerre, Israel Katz, a affirmé : « Notre présence en cinq points du sud du Liban ne fait pas partie de l’accord du cessez-le-feu, mais nous l’avons imposée et les États-Unis l’ont acceptée. »

Parallèlement, le gouvernement libanais a annoncé qu’il lui faudra au moins quatre mois pour mettre en œuvre la prochaine phase du plan de désarmement du Hezbollah, dont le secrétaire général, le cheikh Naïm Qassem, a déjà promis que le mouvement ne déposerait jamais les armes.

En octobre 2023, Israël a lancé des attaques militaires contre le Liban, qui ont dégénéré en une guerre ouverte en septembre 2024, faisant plus de 4 000 morts et environ 17 000 blessés.

Les autorités libanaises ont à plusieurs reprises appelé à la pression sur le régime de Tel-Aviv pour qu’il mette un terme à ses offensives et respecte les conditions du cessez-le-feu. Elles exigent également le retrait des troupes israéliennes des territoires occupés lors du dernier conflit.                                              

Read 10 times