Le président de la Commission nationale de l’AES au Burkina Faso, Bassolma Bazié, a estimé que le projet d’Eco porté par la CEDEAO se résume à rebaptiser le franc CFA sans en modifier les mécanismes fondamentaux. Selon lui, cette approche ne répond pas aux aspirations des peuples africains en matière de souveraineté, tandis que l’AES prépare sa propre orientation monétaire commune.
La question de la monnaie a occupé une place importante dans l’intervention de Bassolma Bazié, prononcée dimanche 26 juillet 2026 au Palais des congrès de Niamey. Présent dans la capitale nigérienne à l’occasion du troisième anniversaire du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le président de la Commission nationale de l’AES au Burkina Faso est revenu en détail sur le projet d’Eco promu par la CEDEAO.
Le responsable burkinabè a remis en cause la portée de cette future monnaie, estimant qu’elle ne constitue pas une véritable rupture avec le franc CFA, mais correspond uniquement à un changement d’appellation.
Bassolma Bazié a déclaré avoir participé à un sommet de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Selon lui, le président ivoirien Alassane Ouattara y aurait expliqué que le passage à l’Eco ne modifierait pas les mécanismes fondamentaux du système actuel.
« La question de l’Eco, ce n’est pas pour modifier les paramétrages du franc CFA. C’est tout simplement pour changer le nom et permettre aux gens de ne plus parler », a-t-il rapporté.
À ses yeux, remplacer le nom « franc CFA » par celui d’« Eco », sans réforme profonde de son fonctionnement, ne permettrait donc pas de répondre aux attentes des peuples africains en matière d’indépendance économique. Il a qualifié cette orientation de « trahison à l’endroit de l’ensemble des peuples de l’Afrique ».