تقي زاده

تقي زاده

Les forces navales de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie mèneront jeudi un exercice naval conjoint en mer d’Oman et dans le nord de l’océan Indien afin de renforcer la sécurité maritime et d’élargir la coopération militaire bilatérale.

Cet exercice conjoint sera organisé par la Première Région Navale de la Marine iranienne dans la ville portuaire de Bandar Abbas, au sud du pays.

Un porte-hélicoptères de la marine de la Fédération de Russie est entré dans les eaux méridionales iraniennes dans le cadre d’une coopération maritime conjointe et a accosté à la première base navale régionale de la marine iranienne.

Le contre-amiral Hassan Maghsoudlou, porte-parole de l’exercice, a déclaré que l’objectif principal de cette manœuvre était de promouvoir la sécurité maritime et des interactions navales durables en mer d’Oman et le nord de l’océan Indien.

Le développement de la coopération maritime conjointe et le renforcement de la coordination dans la planification et l’exécution des opérations combinées figurent également parmi les objectifs clés de l’exercice.

Le contre-amiral Maghsoudlou a souligné que le renforcement de la convergence et de la coordination dans la lutte contre les actions qui menacent la sécurité maritime — en particulier la protection des navires commerciaux et des pétroliers, ainsi que la lutte contre le terrorisme maritime — constituera un axe central de l’exercice.

Il a souligné que cet exercice vise également à approfondir les liens d’amitié, à accroître la coopération régionale en accordant la priorité aux pays voisins et à renforcer le rôle des États de la région pour garantir la sécurité maritime et la sûreté de la navigation.

Cet exercice, comme tous les précédents, témoigne de l’attention que les deux pays portent à l’évolution de la situation en mer d’Oman et dans le nord de l’océan Indien, de leur engagement à renforcer la coopération maritime, à s’opposer à l’unilatéralisme et à soutenir un commerce maritime sûr.

 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, ont tenu ce mercredi une discussion de haut niveau pour examiner les résultats du dernier cycle de négociations indirectes entre l'Iran et les États-Unis.

Lors d'un entretien téléphonique, les deux responsables ont discuté des mécanismes et des exigences nécessaires à l'élaboration d'un cadre cohérent et structuré pour orienter les futurs efforts diplomatiques, selon un communiqué iranien.

M. Araghchi a exprimé sa reconnaissance envers Rafael Grossi pour sa présence et son rôle lors des pourparlers à Genève, en Suisse.

L'Iran se concentre actuellement sur l'élaboration d'un « cadre initial et intégré » afin de garantir des progrès lors des prochains cycles de dialogue, a-t-il déclaré.

Pour sa part, le directeur général de l'AIEA a dressé un bilan positif des résultats des réunions du 17 février à Genève. Il a réaffirmé la volonté de l'AIEA de coopérer et de fournir un soutien technique aux parties qui s'efforcent de formaliser un projet de document pour le processus de négociation.

Cet appel téléphonique fait suite à une réunion indirecte de trois heures entre Araghchi et les négociateurs américains à Genève, à l'issue de laquelle le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que les deux parties s'étaient entendues sur un ensemble de principes directeurs pour ouvrir la voie à de futures négociations.

 

Dans un message adressé à l’occasion de la Journée nationale du chahid (18 février), le président algérien a salué « les femmes et les hommes qui ont légué au peuple algérien les valeurs de la glorieuse Révolution », réaffirmant que cet anniversaire est l’occasion de « perpétuer, avec reconnaissance et fierté, le devoir de fidélité et de constance sur la voie tracée, alors que nous continuons à relever les défis de l’étape actuelle afin de parachever la marche que nous avons amorcée ensemble depuis le début de la décennie ». Abdelmadjid Tebboune a insisté sur une Algérie engagée « dans une dynamique de développement durable ». 

« Ce qui a été accompli n’est qu’un gage de fidélité envers les martyrs, à la mémoire desquels nous nous inclinons, en cette occasion, avec déférence, et un témoignage de la conscience permanente de la confiance du peuple, dont les espoirs et les aspirations demeurent tournés vers la marche vers la promesse du pays émergent », a affirmé Abdelmadjid Tebboune, présentant la stabilité politique et les projets économiques comme un prolongement moral de la lutte passée.

La Journée du Chahid demeure ainsi un moment central de cohésion nationale, où mémoire historique et ambitions contemporaines se rejoignent.

 

Le président Emmanuel Macron a insisté sur le fait que les citoyens français qui combattent pour Israël ne peuvent être qualifiés de « génocidaires », alors que des juges français ont lancé des poursuites judiciaires contre des ressortissants également détenteurs de passeports israéliens, accusés d’aider Israël dans son agression contre Gaza.

S’exprimant sur les ondes de Radio J, Emmanuel Macron a déclaré que les Français qui possèdent également un passeport israélien sont des « enfants de la France » qui ne doivent jamais être accusés de génocide.

« Nous ne pouvons pas accepter, nous ne devons jamais accepter que l’un de nos enfants, qu’un Français, soit accusé de génocide », a-t-il souligné. « C’est impossible, et cela représente un renversement des valeurs auquel nous ne devons pas céder. »

Face à la pression juridique croissante, Macron a en outre affirmé que « certaines personnes qui ont parfois joué un rôle actif dans la lutte antiraciste, des personnes qui ont défendu des causes, ont utilisé, déformé ce qui se passe à l’échelle internationale pour tenter de déshumaniser, d’essentialiser » leurs concitoyens français qui possèdent également un passeport israélien.

Le 3 février, les autorités françaises ont émis des mandats d’arrêt exigeant que deux Françaises, également détentrices de passeports israéliens, comparaissent devant un juge d’instruction pour « complicité de génocide », elles auraient tenté d’empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza assiégée pendant l’agression génocidaire menée par Israël.

Les mandats, cependant, n’ordonnent pas leur arrestation.

Ces femmes, nées en France et vivant désormais dans les territoires palestiniens occupés, sont Nili Kupfer-Naouri, dirigeante du groupe « Israël est éternel », et Rachel Touitou, une militante liée à Tsav 9, un groupe d’extrême droite formé par les familles de colons israéliens.

Des plaintes ont été déposées par le Centre palestinien pour les droits de l’homme, Al-Haq et Al-Mezan concernant l’obstruction directe de l’aide humanitaire vitale entre 2023 et 2025.

En juin 2024, le département d’État américain a désigné Tsav 9 comme un « groupe extrémiste israélien violent qui bloque, harcèle et endommage des convois transportant une aide humanitaire vitale aux civils palestiniens à Gaza ».

 

Le président iranien Massoud Pezeshkian a souligné la supervision globale exercée par le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, sur les négociations nucléaires indirectes avec les États-Unis, tout en rejetant l'idée de négocier pour le simple fait de négocier.

« Ces négociations se déroulent en pleine coordination et avec l'autorisation du Leader », a déclaré le président lors d'une rencontre avec plusieurs dignitaires religieux à Téhéran, mardi 17 février.

« Notre objectif est de régler véritablement les questions, et non de mener des négociations pour le simple fait de négocier. Nous poursuivons activement le processus et espérons qu’il aboutira à des résultats concrets », a ajouté M. Pezeshkian.

Mardi, le deuxième tour de négociations nucléaires entre l'Iran et les États-Unis s'est tenu à Genève. À l’issue des pourparlers, la partie iranienne a fait état de « progrès encourageants », tout en soulignant la nécessité de la levée vérifiable des sanctions américaines imposées au pays de manière illégale et unilatérale.

 

Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont fermement condamné l'adoption par Israël de nouvelles mesures visant à « étendre (sa) présence illégale » en Cisjordanie occupée.

Mardi, 85 États membres de l'ONU et plusieurs organisations ont condamné dans une déclaration commune les décisions « unilatérales » israéliennes, craignant une annexion du territoire palestinien qui pourrait entraîner la modification de sa « composition démographique »

« Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales israéliennes visant à étendre la présence illégale d'Israël en Cisjordanie. Ces décisions sont contraires aux obligations d'Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées », ont déclaré 85 États membres des Nations unis, dont l'Arabie saoudite, la Chine, la France, le Pakistan et la Russie.

Ces pays ont réitéré leur rejet de toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, la nature et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Qods-Est.

 

Le personnel soignant des urgences de plusieurs hôpitaux français poursuit sa grève massive pour alerter sur des conditions jugées critiques et des manques d’effectifs préoccupants.

À l'hôpital Lyon Sud, les agents des urgences sont en grève depuis le mercredi 11 février, réclamant des renforts face à un afflux massif de patients.

Selon le quotidien régional Le Progrès, certains patients ont été refusés aux urgences samedi : « Nous avons dû leur demander d’aller dans d’autres hôpitaux après avoir diminué les entrées aux urgences », indique un infirmier sous couvert d’anonymat.

Au CHU d’Angers, la grève des urgences, lancée le 19 janvier 2026, se poursuit. Selon Ouest France, les syndicats ont prévu cette semaine une rencontre avec Christophe Béchu, le maire d’Angers, ainsi qu’un appel à la mobilisation.

Plus de cent grévistes ont adressé une lettre ouverte au maire et président du conseil de surveillance, dénonçant des patients contraints d’attendre parfois plus de dix jours dans les couloirs. « Des patients dorment dans des conditions indignes », alertent les soignants. Les revendications portent sur des renforts en personnel et une amélioration des conditions de prise en charge, dans un contexte de saturation chronique des urgences.

 

Le Premier ministre canadien a estimé que « le monde a changé et que le Canada doit changer avec lui ». Il a alors lancé ce mardi son plan de plusieurs milliards de dollars visant à renforcer son armée en s’appuyant davantage sur des entreprises nationales pour réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.

« Nous avons trop compté sur notre géographie et sur les autres pour nous protéger », a déclaré Mark Carney lors d’une visite dans les locaux de CAE, entreprise spécialisée en technologies de simulation pour les secteurs de la défense et de l’aviation.

« Cela a créé des vulnérabilités que nous ne pouvons plus nous permettre et des dépendances qui ne sont plus viables », a-t-il ajouté.

Cette stratégie industrielle de défense canadienne s’inscrit dans la volonté du pays d’injecter 82 milliards de dollars sur cinq ans dans la défense, pour aligner le Canada sur les objectifs de l’OTAN de 2 % d’ici la fin de l’année et de 5 % du PIB d’ici 2035.

Mark Carney n’a de cesse de répéter depuis des mois que le monde est devenu de plus en plus dangereux et que les États-Unis ne sont plus un partenaire fiable, sur lequel le Canada peut compter pour sa protection. Le plan prévoit un renforcement des capacités de défense sur terre, en mer et dans les airs, a indiqué Mark Carney.

Ce dernier s’inquiète notamment pour la souveraineté canadienne en Arctique car la hausse des températures en raison du changement climatique fait fondre la glace et aiguise les appétits des grandes puissances pour cette terre riche en minéraux critiques.

Mark Carney est devenu l’une des voix les plus influentes au niveau mondial pour critiquer l’administration Trump.

Par Zainab Zakariyah

De l'avis général, une nouvelle série de négociations nucléaires entre Téhéran et Washington semblait impensable. Des décennies d'hostilité, de sanctions, de menaces militaires et d'actes d'agression, y compris il y a quelques semaines à peine, ont laissé de profondes cicatrices.

La guerre imposée de juin dernier, qui a duré douze jours et coûté la vie à plus d'un millier d'Iraniens, dont des enfants, a renforcé un climat de méfiance susceptible de compromettre la plupart des efforts diplomatiques.

Et pourtant, les pourparlers se poursuivent, car l'Iran n'a jamais recherché la guerre. La guerre lui a toujours été imposée. Téhéran est prêt à la fois à des négociations constructives et, si nécessaire, à se défendre en cas de conflit.

Le deuxième cycle de négociations nucléaires entre l'Iran et les États-Unis devrait se tenir à Genève mardi. Pour l'Iran et ses voisins régionaux, la priorité est claire : la paix et la sécurité.

Ces dernières semaines, l'activité diplomatique en Asie de l'Ouest a pris une courbe ascendante pour apaiser les tensions entre Téhéran et Washington, notamment à la suite des émeutes violentes en Iran, orchestrées par Washington et le régime de Tel Aviv, ayant laissé plus de 3 000 morts.

Les États de la région reconnaissent que toute confrontation entre l'Iran et les États-Unis pourrait déclencher une guerre totale dont les conséquences dépasseraient de loin les ravages observés en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou à Gaza.

Le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a récemment averti que toute guerre future ne se limiterait pas aux frontières de l'Iran, mais se propagerait dans toute la région.

Pour Téhéran, la négociation représente une occasion de clore enfin le dossier nucléaire, d'obtenir un allègement des sanctions et de stabiliser une économie chancelante.

Toutefois, comme l'a clairement déclaré le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, les négociations devraient se dérouler sans menacer la souveraineté de l'Iran, ses capacités de défense ou sa dissuasion stratégique.

Une histoire qui façonne le présent

La profonde méfiance de l'Iran envers Washington n'est pas purement rhétorique ; elle est ancrée dans une expérience récente.

En 2015, l'Iran et les grandes puissances ont signé le Plan global d’action commun (PGAC), imposant des limites strictes au programme nucléaire iranien en échange d'un allègement des sanctions. L'Iran a respecté ses engagements, réduisant le niveau de son enrichissement et acceptant des inspections approfondies.

En 2018, l’administration Trump s’est toutefois retirée unilatéralement de l’accord et a rétabli les sanctions, paralysant les exportations de pétrole iraniennes, affaiblissant sa monnaie et accélérant l’inflation. Pour de nombreux Iraniens, cet épisode a renforcé une leçon durement apprise : les engagements de Washington ne valent pas toujours le papier sur lequel ils sont écrits.

Cette expérience continue de façonner la position de Téhéran aujourd'hui. Les responsables iraniens insistent sur le fait que tout nouvel accord doit inclure des garanties concrètes. Tout accord doit apporter une aide économique effective et vérifiable, et non de simples promesses symboliques susceptibles d'être annulées.

Sans avantages tangibles, soutiennent-ils à juste titre, un accord n'a aucune valeur pratique.

Négocier en position de force, et non de faiblesse

Les récentes négociations à Mascate ont reflété cette position de force. L'Iran a insisté pour mener des discussions indirectes plutôt que des rencontres en face à face et a rejeté les propositions américaines d'élargir les discussions au-delà du dossier nucléaire.

À la demande d’Israël, Washington a insisté pour inclure le programme de missiles balistiques iraniens et ses relations avec ses alliés régionaux. Téhéran a refusé, et à juste titre.

Du point de vue iranien, élargir l'agenda des négociations nucléaires reviendrait à en faire un prétexte pour en finir avec sa force de dissuasion. L'Iran considère son programme de développement de missiles et ses alliances régionales non pas comme des ambitions expansionnistes, mais comme des nécessités défensives dans une région où les forces américaines et leurs alliées opèrent largement et en toute impunité.

Malgré les sanctions et les fortes pressions politiques, Téhéran maintient que seul le programme nucléaire était négociable dans le cadre de ces discussions. Les responsables iraniens ont signalé qu'ils préféraient se retirer des négociations plutôt que d'accepter des conditions portant atteinte à la souveraineté du pays.

Pression militaire et l'ombre du « changement de régime »

La diplomatie entre Téhéran et Washington se déroule sous une menace ouverte. Le président américain Donald Trump a alterné entre soutien aux négociations et avertissement de conséquences militaires en cas d'échec des discussions, invoquant même de manière cynique le « changement de régime » il y a quelques jours.

Les forces militaires américaines restent fortement présentes dans la région, avec des renforts et de nouveaux équipements déployés en permanence, faisant de l’Asie de l’Ouest l'une des régions les plus militarisées au monde.

L'Iran affirme qu'il préfère la négociation, mais qu'il est en même temps pleinement préparé à la guerre. Le seul acteur qui semble désireux d'une guerre totale est Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a récemment tenu sa septième réunion avec Trump en l'espace d'un an. Selon les médias israéliens, sa dernière visite à Washington s'est concentrée sur les stratégies contre l'Iran, y compris la fourniture de nouveaux renseignements, susceptibles de permettre aux États-Unis, de frapper les dirigeants, les forces armées et les infrastructures économiques iraniennes en cas d'échec des négociations.

D'après des entretiens avec des Iraniens ordinaires, beaucoup ont le sentiment que la guerre pourrait être inévitable. Ils pensent que, compte tenu de l'évolution des rapports de force mondiaux, les États-Unis et le régime israélien cherchent à changer l'équilibre en leur faveur, et que la République islamique d'Iran représente le principal obstacle à leurs objectifs.

Survivre économiquement sans repli stratégique

Ces derniers jours, plusieurs responsables américains, du secrétaire au Trésor Scott Bessent au sénateur républicain faucon Lindsey Graham, en passant par l'ancienne présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, ont repris le même message : l'économie iranienne est paralysée.

Les déclarations publiques révèlent que ces pressions économiques visent à pousser les Iraniens dans la rue et à inciter à un « changement de régime ».

Les Iraniens comprennent les enjeux, et pourtant ils continuent de négocier, non par souci de réconciliation idéologique, mais par nécessité économique. Ces négociations témoignent, tant aux yeux du monde que de leur propre population, que le gouvernement met tout en œuvre pour prévenir la guerre et améliorer le quotidien des citoyens.

Si la guerre éclatait, ce seraient les États-Unis, et non l'Iran, qui porteraient la responsabilité des ravages régionaux.

Les lignes rouges de Téhéran restent cependant inflexibles. L'Iran affirme son droit légal, en vertu du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, d'enrichir l'uranium à des fins pacifiques. Il rejette les demandes d'« enrichissement zéro » et refuse d'inclure son programme de missiles ou ses partenariats régionaux dans les négociations.

La stratégie de l'Iran est un exercice d'équilibriste délicat : obtenir un allègement des sanctions pour stabiliser l'économie, préserver la dissuasion militaire pour éviter toute vulnérabilité et maintenir le soutien de l'opinion publique en faisant preuve de force plutôt qu'en cédant.

Entre espoir et dure réalité

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné qu'un accord garantissant que l'Iran ne poursuivra le développement d'armes nucléaires est réalisable, à condition que les droits de l'Iran soient pleinement respectés.

Cette déclaration résume l'approche de Téhéran : une ouverture à la transparence nucléaire, associée à une résistance au affaiblissement structurel.

Reste à savoir si cette stratégie produira un accord durable ou ne fera qu'approfondir la méfiance mutuelle. Ce qui est clair, cependant, c'est que le retour de Téhéran à la table des négociations n'est ni une capitulation, ni une confiance soudaine.

C'est un pari calculé : alléger le carcan économique imposé par des sanctions injustes et arbitraires tout en préservant la souveraineté et la dissuasion stratégique que des décennies de confrontation ont rendues essentielles.

Dans une région longtemps marquée par l'intervention et la rivalité, l'Iran tente de négocier sans renoncer aux outils qu'il considère comme cruciaux pour sa survie.

Zainab Zakariyah est une écrivaine et journaliste basée à Téhéran, originaire du Nigeria.

Le Leader de la Révolution islamique a réagi aux menaces militaires répétées des États-Unis contre l’Iran, affirmant que les armes capables de faire couler les porte-avions américains seraient « plus dangereuses » que les navires de guerre eux-mêmes.

« Le président américain répète sans cesse que son armée est la plus puissante du monde. Or, même l’armée la plus puissante du monde peut parfois être frappée si violemment qu’elle ne peut se relever », a martelé l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei mardi, s’adressant à des milliers de personnes dans la province d’Azerbaïdjan de l’Est. 

Le leader de la Révolution islamique a déclaré : « Ils ne cessent de dire : “Nous avons envoyé un porte-avions vers l’Iran.” Certes, un porte-avions est une arme puissante, mais l’arme capable de faire couler un porte-avions est plus puissante que le navire de guerre lui-même. »

L’Ayatollah Khamenei a ajouté : « Les propos du président américain selon lesquels Washington n’a pas réussi à éliminer la République islamique d’Iran pendant ces 47 dernières années constituent un aveu significatif. Pendant 47 ans, les États-Unis ont échoué à anéantir la République islamique et je vous le dis : vous ne serez pas capable de le faire à l’avenir non plus. »

Cet avertissement intervient alors que le président américain Donald Trump a déployé des forces militaires dans la région, menaçant de lancer des attaques contre l’Iran.

Des responsables américains ont déclaré le 12 février que le Pentagone envoyait un autre porte-avions dans la région, déployant ainsi des milliers de soldats, des avions de chasse et des destroyers lance-missiles dans la région.

« Au cas où nous ne parviendrions pas à un accord, nous en aurons besoin », a déclaré Trump vendredi, en faisant référence au porte-avions USS Gerald R. Ford.

Ce renforcement militaire intervient alors que l’Iran et les États-Unis mènent des pourparlers indirects sur la question nucléaire, plusieurs mois après l’agression américano-israélienne sur le sol iranien et les attaques contre des installations nucléaires pacifiques.

Selon des observateurs, Trump brandit la menace militaire pour obtenir des concessions de Téhéran. Cependant, les autorités iraniennes ont souligné que Téhéran est prêt à la fois à la voie diplomatique et à la guerre, en soulignant que toute attaque contre l’Iran déclencherait un conflit régional.

Dimanche, le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général de division Abdolrahim Moussavi, a mis en garde Trump au sujet de sa rhétorique belliqueuse.

« Trump devrait savoir qu’il s’engage dans une confrontation qui lui donnera de dures leçons et dont le résultat sera qu’il ne menacera plus le monde », a-t-il déclaré.

« Il serait insensé de prédéterminer l’issue des négociations. »

Dans une autre partie de son discours, l’Ayatollah Khamenei a évoqué les pourparlers indirects en cours entre Téhéran et Washington.

« Ces propos du président américain – tantôt proférant des menaces, tantôt prétendant qu’il faut faire ceci ou ne pas faire cela – montrent qu’il cherche à dominer la nation iranienne », a-t-il déclaré.

Le Leader de la Révolution islamique a déclaré : « Les Américains disent : “Négocions sur votre énergie nucléaire”, et le résultat selon eux serait la privation totale de l’Iran de l’énergie nucléaire. Ainsi, ils veulent déterminer l’issue des négociations avant même le début des pourparlers, mais c’est une erreur folle. »

L’Ayatollah Khamenei a ajouté : « C’est précisément l’approche insensée adoptée par les anciens présidents des États-Unis, des sénateurs, le président actuel et d’autres personnes. »

Le Leader de la Révolution islamique a déclaré : « Le peuple iranien connaît bien les enseignements de l’islam et du chiisme » et il a cité l’imam Hussein (que la paix soit sur lui) : « Un homme comme moi ne prêtera jamais allégeance à quelqu’un comme l’Omeyyade, Yazid. »

L’Ayatollah Khamenei a souligné : « En réalité, la nation iranienne dit la même chose : un peuple qui a cette riche culture, cette histoire et ces valeurs, ne prêtera jamais allégeance à des personnes corrompues comme celles qui sont actuellement au pouvoir aux États-Unis. »

Dans une autre partie de son discours, l’Ayatollah Khamenei a déclaré que la nation iranienne était en deuil après les récentes émeutes soutenues par l’étranger, qui ont fait des milliers de morts. « Nous pleurons le sang qui a été versé », a-t-il ajouté.

Le Leader de la révolution islamique a divisé les victimes en trois catégories : des gents des forces de l’ordre et le personnel de la santé (policiers, membres du Bassidj, gardiens de la Révolution et autres) qui comptent parmi « les plus grands martyrs ».

Ensuite, des passants tués lors des troubles qui, selon le leader, comptent eux aussi parmi les martyrs.

Et enfin, ceux qui, selon le Leader, avaient été induits en erreur et avaient été entraînés dans les émeutes. Il les a qualifiés de « nos propres enfants ». Le Leader a souligné que les autorités officielles avaient reconnu ces victimes comme martyrs.

Hormis les fauteurs de troubles soutenus par des ennemis étrangers, l’Ayatollah Khamenei a déclaré que tous les autres mériteraient donc des prières et du pardon.

Les 8 et 9 janvier, des émeutiers armés et des terroristes soutenus par l’étranger ont détourné des manifestations pacifiques et sporadiques liées à des griefs économiques.

Les violences, ouvertement encouragées par les États-Unis et le régime israélien, ont entraîné d’importants dégâts aux biens publics et privés, avec une destruction généralisée de commerces, d’institutions gouvernementales, d’infrastructures de services publics et la mort des centaines de civils et de membres des forces de l’ordre.

Les autorités iraniennes ont confirmé l’implication directe des agences d’espionnage américaines et israéliennes dans les troubles, qui ont fourni financement, formation et soutien médiatique aux émeutiers et aux terroristes armés.

Les statistiques officielles font état de 3 117 morts lors des émeutes, dont 2 427 civils et membres des forces de l’ordre tués par des terroristes.