Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a profité d’une série de réunions en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York pour exposer les préoccupations sécuritaires de l’Iran. Il a notamment insisté sur la sécurité de la frontière avec l’Irak et mis en garde les pays de la région et les États européens contre toute utilisation de leur territoire ou de leurs installations pour mener des actions à l’encontre de l’Iran.
Abbas Araghchi s'est entretenu séparément mardi avec ses homologues irakien, français et néerlandais, abordant les relations bilatérales, l'évolution de la situation régionale et la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
Lors de sa rencontre avec le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, les deux parties ont souligné l'importance de garantir la sécurité le long de leur frontière commune, de mettre en œuvre les accords conclus à cet égard et de prendre des mesures efficaces contre les activités terroristes.
Les deux ministres ont passé en revue la coopération bilatérale dans divers domaines, notamment l'économie, le commerce, les affaires consulaires et la sécurité, et ont insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à développer les relations entre les deux pays voisins dans les domaines d'intérêt commun.
La sécurité aux frontières a occupé une place centrale dans les entretiens, les deux parties soulignant l’importance de la mise en œuvre des accords existants et de la lutte efficace contre les activités terroristes.
M. Araghchi a également informé M. Hussein des derniers développements concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé que l’insécurité dans le détroit d’Ormuz était exclusivement imputable aux actions agressives des États-Unis et d’Israël. Il a déclaré que le rétablissement de la sécurité dans cette voie maritime stratégique passait par la cessation des actions américaines à l’origine de l’insécurité.
M. Araghchi a également souligné la nécessité pour tous les pays de la région de respecter le principe de bon voisinage, notamment en empêchant les parties considérées par l’Iran comme des agresseurs d’utiliser leur territoire ou leurs installations pour planifier ou mener des actions illégales et agressives contre l’Iran.
Il a réaffirmé la détermination de l’Iran à défendre sa souveraineté et ses intérêts nationaux.
Araghchi critique la France au sujet de sa politique envers l'Iran
M. Araghchi s'est entretenu séparément avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot ; les deux responsables ont discuté des relations diplomatiques bilatérales ainsi que de l'actualité régionale et internationale.
Le ministre iranien a critiqué les positions interventionnistes de la France à l'égard de l'Iran et a souligné la nécessité pour l'ambassade de France à Téhéran de respecter les lois et réglementations iraniennes.
Il a également jugé inacceptable la position de la France sur les évolutions régionales, notamment sa réaction aux agressions américano-israéliennes contre l’Iran.
Abordant la question des droits de l'homme, M. Araghchi a reproché à la France d'appliquer deux poids, deux mesures.
« La France ne peut prétendre se soucier des droits de l'homme tout en gardant le silence sur les crimes contre l'humanité commis par les États-Unis et le régime israélien à l'encontre du peuple iranien, notamment le meurtre de femmes et d'enfants iraniens », a-t-il déclaré.
Il a critiqué Paris pour sa coopération dans la mise en œuvre des sanctions américaines illégales contre l'Iran.
M. Araghchi a affirmé que l’Iran cherchait à établir avec tous les pays, y compris la France, des relations fondées sur le respect mutuel et les intérêts communs, tout en soulignant qu’il agirait avec fermeté et détermination pour défendre ses intérêts et ses priorités nationales.
Araghchi dénonce les deux poids, deux mesures de l'Europe à l'égard de l'Iran
Lors d'un entretien distinct avec le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Brandson, M. Araghchi a de nouveau critiqué la position des pays européens face à l'évolution de la situation dans la région. Il a notamment déploré le silence de l'Europe face aux actions militaires terroristes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran.



















