Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que le différend entre Washington et Téhéran tenait à l’opposition américaine à l’Ordre islamique iranien et au refus de l’Iran de se soumettre à la domination des États-Unis, la question nucléaire n’étant, selon lui, qu’un prétexte.
« À mon avis, ce à quoi ils s’opposent et ce qu’ils refusent d’accepter, c’est la pensée qui sous-tend l’Ordre [islamique] iranien, ainsi que la mentalité iranienne », a déclaré Abbas Araghchi lors d’un long entretien exclusif accordé mardi 20 octobre au réseau médiatique irakien (Iraqi Media Network).
Il a ajouté que Washington rejetait une vision fondée sur la résistance à la domination américaine et le refus de se soumettre à la puissance des États-Unis. « Par conséquent, comme vous l’avez dit, la question nucléaire n’est qu’un prétexte », a conclu M. Araghchi.
« Aucune confiance dans l’approche américaine »
« Gardez à l’esprit que nous avons mené trois cycles de négociations avec la partie américaine, et que ces trois cycles ont, à chaque fois, abouti à une guerre contre nous », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères. « Par conséquent, il n’y a aucune confiance dans l’approche américaine », a affirmé M. Araghchi.
« Le plan en sept points de l’Iran vise à éviter un effondrement total de la diplomatie »
Selon le chef de la diplomatie iranienne, Téhéran a néanmoins soumis un plan en sept points visant à permettre la réouverture du détroit d’Ormuz sous certaines conditions. La République islamique d’Iran a fermé ce passage stratégique en représailles à la dernière vague d’attaques américano-israéliennes et aux violations persistantes des engagements américains.
Le responsable a détaillé les étapes proposées par l’Iran pour sortir de l’impasse actuelle : les États-Unis devraient d’abord respecter leurs engagements au titre du mémorandum d’Islamabad, avant la conclusion d’un accord sur le détroit d’Ormuz, la réouverture de cette voie maritime selon des modalités convenues, puis l’ouverture de négociations en vue d’un accord définitif.
Ce plan a été proposé pour éviter un effondrement total de la diplomatie, a-t-il déclaré, ajoutant que les efforts diplomatiques pourraient aboutir « à condition que l’autre partie respecte les accords conclus ».
Les progrès dépendent du respect, par Washington, de ses engagements antérieurs et de la conclusion d’un accord sur le détroit d’Ormuz, a affirmé M. Araghchi.
Interrogé sur la possibilité que la République islamique d’Iran revoie ses politiques et son idéologie sous la pression économique exercée par Washington, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé que les Iraniens avaient accepté ces sacrifices pour « préserver leur dignité, leur indépendance, leur honneur et leur grandeur ».
Il a souligné que Téhéran exigeait avant tout que Washington respecte ses engagements au titre du mémorandum d’Islamabad, précisant que les parties ne pourraient aborder d’autres questions qu’une fois ces engagements honorés.



















