Ghadir, la fête de Welayat

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Ghadir, la fête de Welayat

Sur le chemin du retour à Médine, le Saint Prophète fit halte avec tous ceux qui l'accompagnaient, à un endroit nommé Ghadîr Khom.
Là, il reçut l'ordre d'Allah de désigner Ali Ibn Abi Tâlib comme son successeur et comme Commandeur des croyants. Ce jour-là il faisait très chaud et l'événement se produisit vers midi. Ce n'était pas un hasard que le Prophète ait choisi ce moment précis et cet endroit particulier pour cette proclamation historique de la plus grande importance. Beaucoup de Musulmans n'auraient plus l'occasion de rencontrer le Saint Prophète une seconde fois Pour eux, c'était le moment de la séparation. Le Prophète demanda à tous les Musulmans de se rassembler autour de lui, pour prononcer à leur intention un sermon. Celui-ci sera rapporté par trente compagnons du Saint Prophète, dont Zayd Ibn Arqam. D'autres le rapporteront de 110 compagnons et de 84 suivants (Tâbeines).
Dix ans après la migration (hijrah), le messager d'Allah [que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui et sur ses descendants] ordonna à ses proches compagnons de répandre l'appel à tous les musulmans pour son dernier pèlerinage.
C'était la première fois qu'autant de musulmans se réunissaient en un seul endroit en présence du Messager d'Allah. En se dirigeant vers la Mecque Bénie, plus de 70 000 personnes suivirent le Prophète (P). Le quatrième jour de Zhul-Hijja plus de 100 000 musulmans entrèrent la Mecque.
L'événement eu lieu le 18e jour de Zhul Hijjah de l'année 10 de l'hégire. Après avoir terminé son dernier pèlerinage (Hajjatul-Wada'), le Prophète (P) quitta la Mecque vers Médine, jusqu'à ce qu'il se retrouve avec les pèlerins à un endroit dénommé Ghadir Khumm et qui est aujourd'hui proche de l'endroit appelé al-Juhfah en Arabie-Saoudite. Ce lieu était un point de rencontre de tous les voyageurs et pèlerins avant leur séparation sur les différentes routes menant à leur domicile.
Ce verset fut révélé à Ghadir Khumm avant le discours du Prophète (P) : « Ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n'aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. » (sourate, Al-maïdah, verset 67)
La dernière phrase de ce verset montre que le Prophète était conscient de la réaction des gens en délivrant ce message, mais Allah lui rappelle de ne pas s'inquiéter, car Il protègera le Messager des gens.
Après avoir reçu le verset, le Prophète (P) s'arrêta à une place (l'étang de Khumm) sous un soleil de plomb. Il envoya ses compagnons chercher ceux qui avaient pris de l'avance de revenir et il patienta pour ceux qui avaient pris du retard de le rejoindre.
Il demanda à Salman d'utiliser des rochers et la monture d'un chameau pour faire un pupitre (minbar) pour que tous les pèlerins puissent le voir et entendre l'annonce qu'il s'apprête à dire. Il était près de midi cette journée là, à une période de l'année où la chaleur dans cette vallée était intense et insupportable. Les gens enroulaient leur robe autour de leurs pieds et leurs jambes et ils étaient assis autour du pupitre sur les rochers brûlants.
Le Messager d'Allah resta près de cinq heures à cet endroit : trois heures debout sur le pupitre. Il récita une centaine de versets du Saint Coran, et il rappela les musulmans de l'importance de leurs actions et la préparation à la vie future plusieurs fois. Par la suite il délivra un long discours.
Ce qui suit est une partie de ce discours cité par la majorité des sources sunnites.
Le Messager déclara cette journée là : «Je suis sur le point d'être rappelé [par Allah] et de répondre [à ce rappel]. Je vous laisse les thaqalayn [les deux poids] : le livre d'Allah et ma famille, les gens de ma maison. Celui qui est doux [Allah] m'a informé qu'ils ne se sépareront pas jusqu'à ce qu'ils reviennent vers moi près du bassin [jusqu'au jour du jugement]. Regardez donc bien comment vous les traiterez après moi.» Hadith d'al Thaqalayn
Il désigna alors clairement Ali Ibn Abi Tâlib le leader de l'Umma par ordre de Dieu. Le Prophète pris la main de 'Ali et la souleva dans les airs et dis : « Pour celui que je suis son Leader (mawla), 'Ali est son Leader (mawla) »
Et le Prophète (P) continua : « Ô Dieu, aime ceux qui l'aiment, et soit hostile à ceux qui lui sont hostiles. »
Juste après que le Prophète (P) ait terminé son discours, le verset suivant fut révélé : « Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous. »
Ce verset indique clairement que sans éclaircir la question du leadership après le Prophète (P) l'Islam ne serait pas complet, que cette religion fut complète seulement après l'annonce de la succession immédiate du Prophète (P) au Leadership de l'Umma.
Après ce discours le Messager de Dieu demanda à tous de donner serment d'allégeance à 'Ali et de le féliciter.
Aucune personne sur Terre aujourd'hui ne peut nier cet événement
Allah ordonna à Son Prophète (P) d'informer les gens celui qui succédera à son Leadership à un moment où une foule de personnes serait présente. Ainsi plus de 100 000 personnes ont été témoin de cet événement historique.
En vérité, le Prophète (P) avait transmis la totalité du Message qui lui a été révélé par Dieu. Il n'y avait aucune qualification qu'il n'a pas transmise, aucun concept qu'il n'avait pas fait connaître et aucune pratique dont il n'avait pas tracé le plan. Pourtant Dieu (à Lui la Gloire) a voulu qu'il transmette une autre chose qui est partie intégrante du Message.
Une chose qui protège le Message contre la falsification et la déformation : Le Message ne peut être porté après le Messager que par la personne qui a vécu et pratiqué le Message dans sa raison, dans sa moralité, dans sa spiritualité, dans sa vigueur, dans son ascétisme et dans sa science. Qui pouvait être cette personne ? Il ne pouvait s'agir que d'un seul homme : «'Ali est avec la Vérité ; la Vérité est avec 'Ali». «Je suis la cité de la science, 'Ali en est la porte», «Cela ne te satisfait pas d'être, pour moi, ce qu'a été Aaron, pour Moïse, sachant qu'il n'y a pas de prophète après moi ?».
Le Jour du Ghadir est le jour de l'Autorité (Wilaya), le jour de la continuité de l'Islam dans l'homme qui, seul, après le Messager de Dieu, concrétise la totalité de l'Islam. L'accomplissement de la religion y est l'accomplissement de la Prophétie par l'Imamat qui est une ligne, une méthode, un engagement fidèle et une attitude dans la vie.
Ainsi, nous nous dressons derrière 'Ali (as), non seulement au Jour du Ghadir, mais aussi tous les jours. Nous nous dressons derrière lui car il est la pensée pure et claire de l'Islam, car il est l'homme qui s'est vendu à Dieu sans rien laisser à lui-même, car il a donné à l'Islam sa raison, son esprit et son mouvement. Il a commencé son mouvement avec le Prophète (P) dès sa tendre enfance. Le Prophète (P) l'a nourri de son bon caractère, de sa science et de son esprit et cela lui a permis de vivre l'esprit du Prophète, sa raison, son esprit et son mouvement.
Il vivait avec le Prophète dans sa maison et dans sa mosquée et chaque fois que l'Ange Jabra'il (Gabriel) apportait la Révélation, le Prophète (P) disait à 'Ali (as) : « O 'Ali ! Tu entends ce que j'entends ; tu vois ce que je vois, mais tu n'es pas un prophète ». Il «était avec lui dans la guerre comme dans la paix, car il était avec Dieu (à Lui la Gloire), car il était pour l'Islam tout entier.
Il représente la vérité tout entière et quiconque ne suit pas la vérité dans sa vie pratique n'a aucun rapport avec 'Ali même s'il hausse la voix pour l'acclamer.
Il a ainsi passé toute sa vie à éduquer les gens et à leur enseigner la connaissance de Dieu. Il a connu Dieu au point de pouvoir dire : «Même si je voyais ce qu'il y a derrière le Voile, cela n'ajouterait rien à ma certitude». 'Ali (p) éduquait les gens en leur apprenant la crainte révérencielle ainsi que les principes de la vie selon la volonté divine.
'Ali (p) a vécu pour l'Islam au point de renoncer à son propre droit mais il ne s'est pas affaibli et il n'a pas reculé. Il ne s'est pas comporté avec rancune car il n'avait de rancune pour personne. Son cœur était ouvert pour tous, pour ses ennemis et ses amis. Il nous a commandé de suivre son exemple en disant : «dissipe le mal dans le cœur d'autrui en le déracinant de ton propre cœur».
Il n'avait pas de rancune même envers ceux qui l'avaient mis à l'écart et frustré de ses droits. Il était l'expression du bien car il était partisan de Dieu et quiconque est partisan de Dieu ne peut que vivre le bien dans son cerveau, dans son cœur et dans sa vie tout entière.
Nous savons qu'il a ajourné ses revendications sans renoncer à ses droits lorsqu'il a constaté que la situation est menacée par la discorde. Il a dit à ce propos : «Je me résignerai tant que les droits des Musulmans seront respectés et tant que je serai le seul à être injustement traité».
Il acceptait d'être injustement traité mais ne l'acceptait pas pour l'Islam et les Musulmans. Il donnait ses bons conseils et ses avis constructifs même à ceux qui l'avaient frustré de ses droits, ce qui a incité 'Umar Ibn al-Khattab de dire à son égard : «Sans les conseils de 'Ali, 'Umar aurait péri». Il a dit aussi : «Si 'Ali avait été choisi comme calife, il aurait dirigé le peuple sur la voie droite». Il a passé toute cette période -longue de vingt-cinq ans- à résoudre les problèmes confrontés par les Musulmans après les conquêtes et à manifester son attachement à l'unité et aux intérêts majeurs des Musulmans.

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