تقي زاده

تقي زاده

Alors que tous les experts s’accordent à considérer que les événements au Venezuela suivent le même modèle que ceux en Syrie, certains ont contesté l’article de Thierry Meyssan soulignant les divergences de leur interprétation au sein du camp anti-impérialiste. Notre auteur leur répond. Il ne s’agit pas ici d’une querelle de spécialistes, mais d’un débat de fond sur le tournant historique auquel nous assistons depuis le 11 septembre 2001 et qui conditionne notre vie à chacun.

Cet article fait suite à 
- « Interprétations divergentes au sein du camp anti-impérialiste », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 août 2017.

Dans la première partie de cet article, je soulignais qu’actuellement le président Bachar el-Assad est la seule personnalité à s’être adaptée à la nouvelle « grande stratégie états-unienne » ; toutes les autres continuent à penser comme si les conflits en cours poursuivaient ceux que nous avons connus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elles persistent à interpréter les événements comme des tentatives des États-Unis de s’accaparer des ressources naturelles pour eux-mêmes en organisant des renversements de gouvernement.

Ainsi que je vais le développer, je pense qu’elles se trompent et que leur erreur est susceptible de précipiter l’humanité en enfer.

La pensée stratégique US

Depuis 70 ans, l’obsession des stratèges états-uniens n’aura pas été de défendre leur peuple, mais de maintenir leur supériorité militaire sur le reste du monde. Durant la décennie allant de la dissolution de l’URSS aux attentats du 11 septembre 2001, ils cherchaient les manières d’intimider ceux qui leur résistaient.

Harlan K. Ullman développait l’idée de terroriser les populations en leur assénant un formidable coup sur la tête (Shock and awe, le choc et la stupeur) [1]. C’était idéalement l’usage de la bombe atomique contre les Japonais, dans la pratique, le bombardement de Bagdad par une pluie de missiles de croisière.

Les Straussiens (c’est-à-dire les disciples du philosophe Léo Strauss) rêvaient de mener et de gagner plusieurs guerres à la fois (Full-spectrum dominance, la domination tous azimuts). Ce furent donc les guerres d’Afghanistan et d’Irak, placées sous un commandement commun [2].

L’amiral Arthur K. Cebrowski préconisait de réorganiser les armées de manière à traiter et à partager une foule de données simultanément. Ainsi des robots pourraient un jour indiquer instantanément les meilleures tactiques [3]. Comme nous allons le voir, les profondes réformes qu’il a initiées n’ont pas tardé à produire des fruits vénéneux.

La pensée néo-impérialiste US

Ces idées et ces phantasmes ont d’abord conduit le président Bush et la Navy à organiser le plus vaste système d’enlèvement international et de torture, qui a fait 80 000 victimes. Puis, le président Obama à mettre sur pied un système d’assassinat, principalement par drones mais aussi par commandos, qui opère dans 80 pays et dispose d’un budget annuel de 14 milliards de dollars [4].

À partir du 11-Septembre, l’assistant de l’amiral Cebrowski, Thomas P. M. Barnett, a dispensé de nombreuses conférences au Pentagone et dans les académies militaires pour annoncer ce que serait la nouvelle carte du monde selon le Pentagone [5]. Ce projet a été rendu possible par les réformes structurelles des armées US ; réformes dont découle cette nouvelle vision du monde. Il semblait si délirant que les observateurs étrangers le considérèrent hâtivement comme une rhétorique de plus pour susciter la peur des peuples à dominer.

Barnett affirmait que pour maintenir leur hégémonie sur le monde, les États-Unis devaient « faire la part du feu », c’est-à-dire le diviser en deux. D’un côté, des États stables (les membres du G8 et leurs alliés), de l’autre le reste du monde considéré comme un simple réservoir de ressources naturelles. À la différence de ses prédécesseurs, il ne considérait plus l’accès à ces ressources comme vital pour Washington, mais prétendait qu’elles ne seraient accessibles aux États stables qu’en passant par les services des armées états-uniennes. Dès lors, il convenait de détruire systématiquement toutes les structures étatiques dans ce réservoir de ressources, de sorte que personne ne puisse un jour ni s’opposer à la volonté de Washington, ni traiter directement avec des États stables.

Lors de son discours sur l’état de l’union, de janvier 1980, le président Carter énonça sa doctrine : Washington considérait l’approvisionnement de son économie avec le pétrole du Golfe comme une question de sécurité nationale [6]. Par la suite, le Pentagone se dota du CentCom pour contrôler cette région. Mais aujourd’hui, Washington retire moins de pétrole d’Irak et de Libye qu’il n’en exploitait avant ces guerres ; et il s’en moque !

Détruire les structures étatiques, c’est renvoyer au chaos, un concept emprunté à Léo Strauss, mais auquel Barnett donne un sens nouveau. Pour le philosophe juif, le peuple juif ne peut plus faire confiance aux démocraties après l’échec de la République de Weimar et la Shoah. Le seul moyen pour lui de se protéger d’un nouveau nazisme, c’est d’instaurer lui-même sa propre dictature mondiale —pour le Bien, assurément—. Il faudrait alors détruire certains États résistants, les ramener au chaos et les reconstruire selon de nouvelles lois [7]. C’est ce que disait Condoleezza Rice durant les premiers jours de la guerre de 2006 contre le Liban, lorsque Israël semblait encore victorieux : « Je ne vois pas l’intérêt de la diplomatie si c’est pour revenir au status quo ante entre Israël et le Liban. Je pense que ce serait une erreur. Ce que nous voyons ici, d’une certaine manière, c’est le commencement, les contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient et quoique nous fassions, nous devons être certains que nous poussons vers le nouveau Moyen-Orient et que nous ne retournons pas à l’ancien ». Au contraire, pour Barnett, il ne faut pas ramener au chaos les seuls peuples résistants, mais tous ceux qui n’ont pas atteint un certain niveau de vie ; et lorsqu’ils seront réduits au chaos, il faudra les y maintenir.

L’influence des Straussiens a d’ailleurs diminué au Pentagone depuis le décès d’Andrew Marshall qui avait imaginé le « pivot vers l’Asie » [8].

Une des grandes ruptures entre la pensée de Barnett et celles de ses prédécesseurs, c’est que la guerre ne doit pas être menée contre des États particuliers pour des mobiles politiciens, mais contre des régions du monde parce qu’elles ne sont pas intégrées dans le système économique global. Bien sûr, on commencera par tel ou tel pays, mais on favorisera la contagion, jusqu’à tout détruire comme on le voit au Proche-Orient élargi. Aujourd’hui, la guerre s’y poursuit avec des blindés aussi bien en Tunisie, en Libye, en Égypte (Sinaï), en Palestine, au Liban (Ain al-Hilweh et Ras Baalbeck), en Syrie, en Irak, en Arabie saoudite (Qatif), à Bahreïn, au Yémen, en Turquie (Diyarbakır), qu’en Afghanistan.

C’est pourquoi la stratégie néo-impérialiste de Barnett s’appuiera forcément sur des éléments de la rhétorique de Bernard Lewis et de Samuel Huntington, la « guerre des civilisations » [9]. Comme il est impossible de justifier notre indifférence aux sort des peuples du réservoir de ressources naturelles, on pourra toujours se persuader que nos civilisations sont incompatibles.

JPEG - 372.8 ko
Selon cette carte, extraite d’un Powerpoint de Thomas P. M. Barnett lors d’une conférence au Pentagone en 2003, tous les États de la zone rosée doivent être détruits. Ce projet n’a rien à voir ni avec la lutte des classes au plan national, ni avec l’exploitation des ressources naturelles. Après le Moyen-Orient élargi, les stratèges US se préparent à réduire en ruines le Nord-Ouest de l’Amérique latine.

La mise en œuvre du néo-impérialisme US

C’est très exactement cette politique qui a été mise en œuvre depuis le 11-Septembre. Aucune des guerres qui ont été menées ne s’est terminée. Depuis 16 ans, les conditions de vie des Afghans sont tous les jours plus terribles et dangereuses. La reconstruction de leur État, que l’on annonçait planifier sur le modèle de l’Allemagne et du Japon d’après la Seconde Guerre mondiale, n’a pas eu lieu. La présence des troupes de l’Otan n’a pas amélioré la vie des Afghans, au contraire elle s’est détériorée. Force est de constater qu’elle est aujourd’hui la cause du problème. Malgré les discours lénifiants sur l’aide internationale, ces troupes ne sont là que pour approfondir et maintenir le chaos.

Jamais, lorsque des troupes de l’Otan sont intervenues, les motifs officiels de guerre ne se sont révélés vrais, ni contre l’Afghanistan (la responsabilités des Talibans dans les attentats du 11-Septembre), ni en Irak (le soutien du président Hussein aux terroristes du 11-Septembre et la préparation d’armes de destruction massives pour frapper les États-Unis), ni en Libye (le bombardement par l’armée de son propre peuple), ni en Syrie (le dictature du président Assad et de la secte des Alaouites). Jamais non plus le renversement d’un gouvernement n’a mit fin à ces guerres. Toutes continuent sans interruption quels que soient les responsables au pouvoir.

Les « printemps arabes », s’ils ressortent d’une idée du MI6 dans la droite ligne de la « révolte arabe de 1916 » et des exploits de Lawrence d’Arabie, ont été inscrits dans la même stratégie US. La Tunisie est devenue ingérable. L’Égypte a heureusement été reprise en main par son armée et tente aujourd’hui de sortir la tête de l’eau. La Libye est devenue un champ de bataille, non pas depuis la résolution du Conseil de sécurité appelant à en protéger la population, mais après l’assassinat de Mouamar Kadhafi et la victoire de l’Otan. La Syrie est un cas exceptionnel puisque jamais l’État n’est passé aux mains des Frères musulmans et qu’ils n’ont pas pu installer le chaos dans le pays. Mais de nombreux groupes jihadistes, issus de la Confrérie, ont contrôlé —et contrôlent encore— des parties du territoire où ils ont instauré le chaos. Ni le Califat de Daesh, ni Idleb sous Al-Qaïda, ne sont des États où l’islam puisse s’épanouir, mais des zones de terreur sans écoles, ni hôpitaux.

Il est probable que grâce à son peuple, à son armée et à ses alliés russes, libanais et iraniens, la Syrie parvienne à échapper à ce destin tracé pour elle par Washington, mais le Proche-Orient élargi continuera à brûler jusqu’à ce que ses peuples comprennent les plans de leurs ennemis. Nous voyons que le même processus de destruction débute au Nord-Ouest de l’Amérique latine. Les médias occidentaux parlent avec dédain de troubles au Venezuela, mais la guerre qui commence ne se limitera pas à ce pays, elle s’étendra à toute sa région, bien que les conditions économiques et politiques des États qui la composent soient très différentes.

Les limites du néo-impérialisme US

Les stratèges US aiment à comparer leur pouvoir à celui de l’Empire romain. Mais celui-ci apportait sécurité et opulence aux peuples qu’il conquérait et qu’il intégrait. Il construisait des monuments et rationalisait leurs sociétés. Au contraire, le néo-impérialisme états-unien n’entend rien apporter ni aux peuples des États stables, ni à ceux du réservoir de ressources naturelles. Il prévoit de racketter les premiers et planifie de détruire le lien social qui soude les seconds. Il ne veut surtout pas exterminer ces derniers, et a besoin qu’ils souffrent pour que le chaos dans lequel ils vivent empêche les États stables d’aller chercher chez eux des ressources naturelles sans la protection des armées US.

Jusqu’ici le projet impérialiste considérait qu’« on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs ». Il admettait commettre des massacres collatéraux pour étendre sa domination. Désormais, il planifie des massacres généralisés pour asseoir définitivement son autorité.

Le néo-impérialisme états-unien suppose que les autres États du G8 et leurs alliés acceptent de laisser « protéger » leurs intérêts à l’étranger par les armées US. Si cela ne pose pas de problème avec l’Union européenne, qui est déjà émasculée depuis fort longtemps, cela devra être discuté avec le Royaume-Uni et sera impossible avec la Russie et la Chine.

Rappelant sa « relation spéciale » avec Washington, Londres a déjà réclamé d’être associé au projet US pour gouverner le monde. C’était le sens du voyage de Theresa May aux États-Unis en janvier 2017, mais elle n’a pas reçu de réponse [10].

Il est par ailleurs impensable que les armées US assurent la sécurité des « routes de la soie » comme elles le font aujourd’hui avec leurs homologues britanniques pour les voies maritimes et aériennes. De même, il est impensable de faire plier le genou de la Russie, qui vient d’être d’ailleurs exclue du G8 en raison de son engagement en Syrie et en Crimée.

[1Shock and awe : achieving rapid dominance, Harlan K. Ullman & al., ACT Center for Advanced Concepts and Technology, 1996.

[2Full Spectrum Dominance. U.S. Power in Iraq and Beyond, Rahul Mahajan, Seven Stories Press, 2003.

[3Network Centric Warfare : Developing and Leveraging Information Superiority, David S. Alberts, John J. Garstka & Frederick P. Stein, CCRP, 1999.

[4Predator empire : drone warfare and full spectrum dominance, Ian G. R. Shaw, University of Minnesota Press, 2016.

[5The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

[6] “State of the Union Address 1980”, by Jimmy Carter, Voltaire Network, 23 January 1980.

[7] Certains spécialistes de la pensée politique de Leo Strauss l’interprètent de manière complétement différente. Pour ma part, je ne m’intéresse pas à ce que pensait le philosophe mais à ce que professent ceux qui, à tort ou à raison, se réclament de lui au Pentagone. Political Ideas of Leo Strauss, Shadia B. Drury, Palgrave Macmillan, 1988. Leo Strauss and the Politics of American Empire, Anne Norton, Yale University Press, 2005. Leo Strauss and the conservative movement in America : a critical appraisal, Paul Edward Gottfried, Cambridge University Press, 2011. Straussophobia : Defending Leo Strauss and Straussians Against Shadia Drury and Other Accusers, Peter Minowitz, Lexington Books, 2016.

[8The Last Warrior : Andrew Marshall and the Shaping of Modern American Defense Strategy, Chapter 9, Andrew F. Krepinevich & Barry D. Watts, Basic Books, 2015.

[9] « The Clash of Civilizations ? » & « The West Unique, Not Universal », Foreign Affairs, 1993 & 1996 ; The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order, Samuel Huntington, Simon & Schuster, 1996.

[10] “Theresa May addresses US Republican leaders”, by Theresa May, Voltaire Network, 27 January 2017.

Des chercheurs dans le domaine de l’intelligence artificielle ont publié le lundi 21 août une lettre ouverte pour alerter l’ONU sur les risques liés aux « systèmes d’armes létales autonomes » (SALA), bref, des robots tueurs.

Depuis quelques années, les progrès dans la recherche sur l’intelligence artificielle ont conduit au développement de robots à usage militaire, capables de tirer sans intervention humaine. Les 116 signataires de cette lettre, pour la plupart des dirigeants d’entreprise dans le domaine de l’I.A., s’inquiètent des dérives que pourrait engendrer l’utilisation des futurs « robots tueurs ».

Et si ces armes létales ont fait leur entrée dans l’espace militaire de nos jours, pourrait-on garantir qu’en dehors des champs de bataille, d’autres victimes de conflits, à savoir, les réfugiés qui fuient la guerre, resteront à l’abri des tirs de robots tueurs ?

« Une fois la boîte de Pandore ouverte, il sera difficile de la refermer. »

Avec les médias

Ce n’est pas seulement l’Arabie saoudite qui est censée être « la vache à lait » des Américains. C’est aussi ainsi que l’Amérique voit l’Europe.

Les États-Unis s’opposent en effet au développement du gazoduc Nord Stream alors que le projet South Stream a été aussi abandonné en 2014 aux dépens des pays européens.

L’abandon du projet de gazoduc South Stream représente en réalité une défaite stratégique pour l’Europe, selon les experts consultés par Sputnik. Ces experts affirment : « Il y a quelques années, South Stream était considéré comme la solution optimale, permettant de construire le gazoduc en contournant l’Ukraine et de renforcer les relations avec la Russie, mais aujourd’hui ce projet est abandonné. C’est une grande perte pour les entreprises européennes. L’Europe est devenue l’arène de la confrontation politique entre les États-Unis et la Russie. »

La Russie avait abandonné en décembre 2014 le projet de gazoduc South Stream, destiné à acheminer du gaz vers la Bulgarie en passant sous la mer Noire et à desservir la Hongrie, l’Autriche et l’Italie, en raison de la position hostile de l’Union européenne.

Récemment, le président américain Donald Trump a signé la loi imposant de nouvelles restrictions contre la Russie. Selon le texte, le président peut imposer des restrictions aux personnes qui comptent investir plus de cinq millions de dollars par an ou un million de dollars d’un seul coup dans la construction de pipelines d’exportation russes, ou bien qui envisagent de fournir des technologies, services ou d’accorder une assistance aux réalisateurs de ces projets énergétiques. Dans le même temps, les États-Unis continueront à s’opposer à la pose du gazoduc Nord Stream. Les restrictions américaines frappent notamment les nouveaux projets pétrogaziers réalisés en Arctique et sur le plateau continental où les entreprises russes détiennent au moins 33% des parts. Ces sanctions frappent aussi de grands fournisseurs pétrogaziers que sont l’Iran et le Venezuela.  Les observateurs constatent que les nouvelles restrictions de Washington contre la Russie, l’Iran entre autres incitent l’Europe à acheter du gaz américain à prix élevé plutôt que du gaz bon marché.

Avec Sputnik

En visite à Moscou pour assister au Forum international militaro-technique Armée-2017 qui se tient du 22 au 27 août, le ministre qatari de la Défense a souligné que son pays comptait étendre ses coopérations militaires avec la Russie.

Le ministre qatari de la Défense, Khaled Ben Mohammed Al-Atiyya a déclaré, mercredi 23 août, que son pays souhaitait coopérer avec la Russie dans le secteur militaire surtout en ce qui concerne l’accès aux technologies modernes dans le domaine de la défense aérienne.

« Doha projette d’acquérir les technologies russes et ce, dans le cadre de notre coopération bilatérale. Il est hors de question d’acheter seulement des systèmes de défense, Doha est bien décidé d'en importer la technologie. Nous voulons étendre cette industrie et l'importer au Qatar, a ajouté le ministre à l'issue d’un tête-à-tête  avec son homologue russe, Sergueï Choïgou. 

Depuis l’escalade des tensions entre le Qatar et les quatre pays du golfe Persique, Doha tente de se rapprocher de Moscou. Le Qatar, qui garnissait souvent ses entrepôts avec les armements de fabrication américaine, modifie actuellement son marché et il cherche à consolider son partenariat avec la Russie.

Ceci dit, la plus grande base militaire US dans la région se trouve au Qatar. Le secrétaire américain à la Défense James Mattis et son homologue qatari Khalid Al-Atiyyaa ont conclu en 2016 un accord pour l’achat de 36 avions de combat F-15 d’une valeur de 12 milliards de dollars.

Un avion de chasse F-15. (Archives) ©Reuters

Le Premier ministre extrémiste israélien était en visite ce mercredi 24 août à Sotchi en Russie.

Benyamin Netanyahu qui s’est entretenu avec le président russe, Vladimir Poutine à propos de la crise syrienne, n’a pas manqué, comme c’était tant attendu, de réitérer ses allégations anti-iraniennes lors des discussions.

Le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vassili Nebenzia (Archives)

Mais les propos répétitifs et iranophobes de Netanyahu se sont heurtés quelques heures après à l’opposition russe.

Le Premier ministre israélien, à qui la coopération Irano-russe dans la lutte anti-terroriste ne plaît guère, a de nouveau affiché chez Poutine, son mécontentement face au travail en tandem Damas-Téhéran faisant une fois de plus de l'Iran une menace internationale. L’idée rejetée d’ailleurs par le Président russe.

Israël, inquiet "de la montée en puissance régionale de l'Iran", a qualifié le renforcement de la présence iranienne en Syrie de "menace" pour "le monde entier". Mais Moscou a soutenu le rôle « constructif » de l’Iran en Syrie avant de réitérer la nécessité pour la Russie d'une coopération étroite avec l’Iran au sujet de la crise syrienne et de la lutte anti-terroriste.

« Moscou est conscient des positions israéliennes envers l’Iran » a déclaré le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vassili Nebenzia avant de qualifier de « constructif » le rôle de l’Iran en Syrie.

S’exprimant devant les journalistes, Nebenzia revient sur les négociations d’Astana pour la paix en Syrie pour annoncer que ces pourparlers ont avancé grâce aux efforts russes, turcs et iraniens.

« Un accord sur la mise en place de zones de "désescalade" permettant un cessez-le-feu durable en Syrie, étaient le fruit de ces efforts. » a-t-il expliqué.

S’attardant toujours sur l’étroite coopération Moscou-Téhéran à cette fin, le haut diplomate russe a déclaré que cette collaboration vise à mettre fin au conflit armé syrien. Le Premier ministre israélien a jugé "très importants" les efforts conjoints internationaux visant à vaincre Daech, sans pourtant évoquer les interventions aériennes de son armée contre les militaires syriens en lutte dans la région contre les terroristes.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a exprimé par communiqué sa déception quant à au gel de l’aide économique et militaire des États-Unis à l’Égypte.

« Cette décision est due à une erreur de jugement dans les relations stratégiques entre nos deux pays. Nous demandons aux États-Unis de revoir son programme d’aide en reconsidérant son importance pour les intérêts de nos pays », lit-on dans le communiqué.

En raison du gel de l’aide américaine au Caire, la rencontre entre le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry et Jared Kushner, gendre et très proche conseiller de Donald Trump, a été annulée.

Selon Reuters citant deux sources anonymes, les États-Unis ont bloqué une aide militaire estimée à 95,7 millions de dollars et décidé de retarder l’octroi de 195 millions de dollars, faute d’un progrès dans le dossier des droits de l’homme et des principes de la démocratie en Égypte.

Les sources bien informées ont déclaré que Washington était sceptique quant au changement de position du Caire envers les libertés civiques et à la nouvelle loi qui régit les organisations non gouvernementales.

La Maison-Blanche et le département d’État n’ont pas encore émis de déclarations.

En Libye, les terroristes de Daech ont pris d’assaut une position de l’Armée nationale libyenne, décapitant onze personnes.

Les terroristes de Daech ont attaqué, ce mercredi 23 août, une position de l’Armée nationale libyenne (ANL), loyale à Khalifa Haftar, à 500 kilomètres de Tripoli. Lors de cet assaut, les terroristes ont décapité neuf militaires et deux civils.

Cette attaque a été confirmée par le colonel Ahmed al-Mesmari, un porte-parole de l’ANL.

La Libye est dirigée par deux pouvoirs : le Congrès général national (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, et la Chambre des représentants à Tobrouk, soutenue par le maréchal Haftar.

Chassés de son principal fief à Syrte, les terroristes de Daech restent actifs en Libye, surtout dans le sud et l’est du pays.

En réaction aux récentes déclarations de Moubarak al-Fadil al-Mahdi, ministre soudanais de l’Investissement et chef du parti national Umma, concernant la normalisation des relations avec Tel-Aviv, le vice-Premier ministre et ministre de la Culture et de l’Information du Soudan, Ahmed Bilal Osman, a affirmé que son pays n’avait pas du tout l’intention de normaliser ses relations avec Israël.

« La prise de position du gouvernement soudanais reste immuable et nous n’avons pas décidé de normaliser nos relations avec Israël », a affirmé Ahmed Bilal Osman à Al-Mayadeen.

« Nous avons organisé une réunion avec la participation de tous les groupes soudanais. L’une des décisions prises à l’unanimité a été celle de la non-normalisation des relations avec le régime israélien », a-t-il poursuivi.

« Les déclarations de Moubarak al-Fadil al-Mahdi sont des opinons personnelles et n’ont rien à voir avec le gouvernement », a-t-il ajouté.

Moubarak al Fadil al Mahdi avait prétendu qu'une normalisation avec Israël pourrait favoriser les intérêts du Soudan.

L’ambassadeur de Russie, au Soudan, Mirgayas Chirinsky, a été retrouvé mort, le mercredi 23 août, dans sa résidence privée. L'hypothèse d'un assassinat ne pourrait pas être écartée, après l'assassinat l'an dernier de l'ambassadeur russe en Turquie.  

Son décès « dans la piscine de sa résidence » a été confirmée dans un communiqué par le ministère russe des Affaires étrangères. Aucune infirmation n’est encore communiqué à propos des causes et des circonstances de sa mort alors que le communiqué n'indique que des problèmes d'hypertension dans son carnet de santé. 

L`ambassadeur russe au Soudan retrouvé mort dans sa piscine

Il s'agit du deuxième décès d'un ambassadeur russe en l'espace de quelques mois, le premier étant celui de l'ambassadeur de Russie en Turquie, assassiné par un terroriste takfiriste turc en décembre 2016 alors qu'il prononçait un discours dans une galerie d'art d'Istanbul.

L’incident intervient en tout cas au pire moment pour le gouvernement de Khartoum, impliqué intensément dans des efforts destinés à le rapprocher de la Russie. Le président soudanais Omar Hassan Al-Bachir se rendra d'ailleurs en Russie en automne prochain (septembre ou octobre), sur invitation de son homologue Vladimir Poutine. Un comité de consultation politique entre le Soudan et la Russie a aussi commencé ses travaux à Moscou.Il s’agit de la sixième réunion du comité ministériel de consultation politique entre les deux pays.  

Le Soudan est pour le renforcement des coopérations militaires avec la Russie, et considère le pays comme son premier partenaire militaire.Plusieurs accords ont été signés entre les deux pays pour l’achat des avions de chasse et de ligne russes. Un accord de vente d'armes russe est également en vue entre Moscou et Khartoum.

Les civils bloqués dans la ville syrienne de Raqa, fief du groupe Daech, sont pris au piège dans un "labyrinthe mortel" en raison des combats intenses et les raids aériens visant à chasser les insurgés, assure jeudi Amnesty International.
L'ONU estime jusqu'à 25.000 le nombre de civils présents dans la ville, alors que des dizaines de milliers d'autres ont fui, bravant les tireurs embusqués de Daech et les mines.

"Alors que la bataille pour arracher Raqa à Daech s'intensifie, des milliers de civils à l'intérieur sont pris au piège dans un labyrinthe mortel où ils sont sous le feu de toutes parts", assure une conseillère pour les situations de crise à Amnesty, Donatella Rovera.

"Les FDS et les forces américaines doivent redoubler d'efforts pour protéger les civils en évitant notamment des frappes aveugles et disproportionnées et en créant des routes de sortie sécurisées", ajoute Mme Rovera. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a recensé la mort de 167 civils par les raids de la coalition internationale dirigée par les États-Unis depuis le 14 août.

La coalition a également reconnu que le nombre de ses raids avait augmenté à Raqa. Amnesty a critiqué les méthodes d'enquête de la coalition américaine qui, selon l'ONG, évite de se rendre sur place et n'interroge pas des témoins. "Se baser sur une méthodologie aussi restreinte conduit la coalition américaine à écarter la majorité des rapports, jugés 'non crédibles' ou peu concluants, et par conséquent à affirmer que les victimes civiles ne représentent que 0,31% des (morts) dans l'ensemble des raids", assure le rapport de l'ONG.