تقي زاده
Francesca Albanese : des élus européens et la CNCDH contestent l’appel français à sa démission
Des parlementaires membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ont annoncé, le 23 février, le dépôt d’une déclaration de soutien à la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese, après l’appel à sa démission formulé par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
À l’initiative de la députée La France insoumise Nouveau Front populaire (LFI-NFP) Gabrielle Cathala, élue du Val-d’Oise, et de ses collègues membres de l’APCE, le texte exprime un « soutien à l’exercice indépendant et rigoureux de son mandat ». Les signataires estiment qu’Albanese « a alerté la communauté internationale » et « a documenté des violations graves du droit international en Palestine », évoquant notamment un « génocide en cours à Gaza », et considèrent que ses analyses « s’inscrivent dans le cadre strict découlant du droit international ».
La déclaration dénonce par ailleurs les positions de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, qui ont appelé à la démission de la rapporteuse. Selon ses auteurs, une telle demande « fragilise l’indépendance des mécanismes onusiens » et constitue un signal préoccupant pour la protection des experts internationaux. Ils rappellent que les titulaires de mandat au titre des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, mécanisme indépendant chargé d’enquêter et de rendre compte des violations des droits humains, exercent leurs fonctions à titre personnel, sans rémunération de l’ONU, et doivent pouvoir agir sans ingérence des États.
Parmi les signataires figurent des parlementaires de plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique, Chypre, la Turquie, le Pays-Bas, L’Espagne, l’Italie, l’Irlande, l’Allemagne, la Norvège, la Moldavie, ainsi que plusieurs élus français dont Anne Stambach-Terrenoir et Sandra Regol.
Cette initiative intervient après une prise de position du bureau de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), autorité administrative indépendante française chargée de conseiller le gouvernement et le Parlement sur les droits humains. Dans une lettre adressée à Jean-Noël Barrot, la CNCDH fait part de sa « vive préoccupation » à la suite des déclarations du ministre mettant en cause l’expertise et l’indépendance de Francesca Albanese.
La controverse trouve son origine dans une intervention de la rapporteuse spéciale, le 7 février, lors d’un forum organisé par Al Jazeera à Doha. Francesca Albanese y avait évoqué un « ennemi commun de l’humanité » pour dénoncer, selon ses termes, un système international permettant la poursuite de violations graves du droit international. La formulation « Israël est l’ennemi commun de l’humanité » lui a ensuite été attribuée, ce qu’elle a contesté publiquement.
Le 11 février, Jean-Noël Barrot avait déclaré que Albanese « n’est ni experte ni indépendante » et l’avait qualifiée de « militante politique », appelant à sa démission. Dans son courrier, la CNCDH affirme que les accusations reposent sur « une déformation manifeste » des propos de la rapporteuse et estime que contester la légitimité d’un titulaire de mandat pour l’exercice de ses fonctions « constitue une attaque directe contre le système onusien de protection des droits de l’homme ».
La commission souligne que les rapporteurs spéciaux sont nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies selon une procédure destinée à garantir leur indépendance et que leur rôle est de documenter les violations des droits humains et du droit international humanitaire, y compris lorsque leurs constats sont contestés par les États concernés. Francesca Albanese, nommée en 2022, a été reconduite dans son mandat en avril 2025 pour trois ans.
La CNCDH appelle le gouvernement français à renoncer à sa demande de démission et à corriger publiquement les propos qu’elle juge inexacts, réaffirmant l’importance du respect des mécanismes multilatéraux de protection des droits humains.
L'arsenal iranien, composé de plusieurs couches de munitions, est prêt à dissuader – et à anéantir – les navires de guerre américains dans le golfe Persique
Par Ivan Kesic
Alors que les tensions s’intensifient dans le golfe Persique, sur fond de renforcement militaire américain, la République islamique d’Iran a méthodiquement constitué un arsenal diversifié et sophistiqué destiné à contrer le symbole le plus puissant de la puissance navale américaine : le porte-avions.
Ces dernières semaines, les États-Unis ont dépêché deux de leurs navires de guerre les plus redoutables, l’USS Abraham Lincoln et l’USS Gerald R. Ford, dans les eaux entourant le golfe Persique.
Alors que le président américain Donald Trump a averti que la diplomatie devait aboutir à un accord, faute de quoi une action militaire s’ensuivrait, la rhétorique de Washington a suscité une réponse calculée et déterminée de la part de Téhéran.
Les forces armées iraniennes, dirigées par le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), ont mené d’importants exercices navals dans le détroit d’Ormuz, suivis de manœuvres conjointes avec la Russie.
Au cœur de cette équation se trouve une question stratégique qui préoccupe les planificateurs militaires depuis des décennies : une puissance navale relativement plus petite peut-elle dissuader, voire endommager, un porte-avions à propulsion nucléaire ?
Pour l’Iran, la réponse ne réside pas dans une arme miracle unique, mais dans une stratégie globale d’anti-accès, multidimensionnelle et en constante évolution.
Cette approche, fondée sur des décennies de développement national et de réflexion asymétrique, vise à transformer les eaux étroites du détroit d’Ormuz et la vaste étendue de la mer d’Arabie en un environnement à haut risque pour tout adversaire. Elle cherche à démontrer que l’ère de l’invulnérabilité perçue du porte-avions à proximité des côtes iraniennes est désormais révolue.
Avertissement du Leader : Des mots forgés dans l’acier
La confrontation stratégique entre l'Iran et les États-Unis s'est cristallisée dans les récentes déclarations du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
Répondant directement au déploiement des forces navales américaines et aux menaces émanant de Washington, il a présenté le conflit non pas comme un affrontement de navires contre navires, mais comme une lutte de volontés et de la détermination politique contre des moyens matériels.
L’Ayatollah Khamenei a reconnu le danger intrinsèque que représente un porte-avions américain, le qualifiant d’engin dangereux.
Cependant, il a immédiatement abordé le cœur de la doctrine défensive iranienne, affirmant que les armes capables de faire couler les porte-avions américains seraient « plus dangereuses » que les navires de guerre eux-mêmes.
Cette déclaration constituait une prise de position stratégique. Il a cité l'échec des États-Unis à soumettre la République islamique pendant 47 ans comme preuve que la seule supériorité militaire ne garantit pas la victoire.
S’adressant directement au président américain, il a affirmé que l’avenir découle du passé et que la nation iranienne, forte de ses valeurs culturelles et religieuses, ne prêtera jamais allégeance à la volonté des « puissances arrogantes ».
Ces propos constituent le socle philosophique de la posture militaire iranienne : le défi n’est pas envisagé comme un simple duel naval conventionnel, mais comme une confrontation enracinée dans une conviction idéologique, où l’arsenal militaire iranien apparaît comme le prolongement de la détermination nationale à résister à toute forme de domination.
Arsenal de l'asymétrie : Bien plus qu'une simple flèche
La capacité de l'Iran à menacer un porte-avions américain ne repose pas sur une solution miracle unique, mais sur un arsenal diversifié et complexe de systèmes d'armes, chacun conçu pour compliquer les calculs liés à la puissance défensive d’un groupe aéronaval.
L'épine dorsale de cette capacité de frappe navale demeure sa famille de missiles de croisière antinavires. Des systèmes avancés tels que le Noor et ses variantes améliorées, le Qader et le Ghadir, ont été développés au fil des années, augmentant leur portée de 120 kilomètres à près de 300 kilomètres.
Ces missiles sont conçus pour voler au ras de l’eau, évoluant à seulement quelques mètres au-dessus des vagues afin de retarder la détection radar et de réduire le temps de réaction des systèmes de défense rapprochée.
Ils constituent la couche côtière à haute densité du bouclier maritime iranien. S’appuyant sur cette base, l’Iran a repoussé les limites technologiques en développant des systèmes à plus longue portée.
Le missile de croisière Abu Mahdi, dont la portée annoncée dépasse 1 000 kilomètres, représente un saut qualitatif. Équipé d’une intelligence artificielle et d’un autodirecteur bimode, il peut être lancé depuis le territoire iranien et est conçu pour résister au brouillage lors de frappes contre des navires en mouvement.
De même, le Qader-380 étend encore cette portée. Les commandants iraniens le présentent comme une arme capable de poser des défis insurmontables aux navires ennemis bien au-delà des côtes iraniennes.
Au-delà de son arsenal de missiles de croisière, l’Iran a investi massivement dans le domaine plus complexe des missiles balistiques antinavires. Cette catégorie d’armes, dont le Khalij Fars est un exemple emblématique, modifie fondamentalement la dynamique des engagements.
Contrairement aux missiles de croisière volant à basse altitude, les missiles balistiques se déplacent à des vitesses supersoniques, voire hypersoniques. Ils suivent une trajectoire ascendante élevée dans l’atmosphère avant de redescendre selon des angles abrupts, presque verticaux, ce qui les rend particulièrement difficiles à intercepter par les systèmes de défense antiaérienne classiques.
Le Khalij Fars (« Golfe Persique »), d’une portée d’environ 300 kilomètres, est équipé d’un système de guidage terminal optique qui lui permet de se diriger vers une signature thermique importante, telle que la superstructure d’un porte-avions.
Vient ensuite la famille de missiles Hormuz, dont certaines variantes sont conçues comme des armes antiradar. Elles sont spécifiquement programmées pour cibler les puissantes émissions radar des navires de guerre équipés du système de combat Aegis, neutralisant ainsi le principal capteur adverse avant une éventuelle frappe de plus grande envergure.
Le Zolfaghar Basir étend cette zone de menace à 700 kilomètres, repoussant la zone d'engagement potentielle bien au-delà du golfe d'Oman et dans le nord de la mer d'Arabie, des zones autrefois considérées comme relativement sûres pour la projection de puissance américaine dans la région.
Au sommet de cette pyramide technologique se trouvent les missiles hypersoniques iraniens, les Fattah-1 et Fattah-2. Bien que l'étendue de leur déploiement opérationnel demeure entourée d'une certaine ambiguïté stratégique, leurs capacités déclarées — des vitesses atteignant Mach 15 et une manœuvrabilité extrême — sont conçues pour surpasser même les systèmes de défense antimissile les plus avancés.
L’existence même de telles armes oblige les planificateurs de la marine américaine à intégrer dans leurs scénarios une menace capable de modifier sa trajectoire de manière imprévisible, à des vitesses ne laissant pratiquement aucune marge d’erreur ni de réaction.
Sous la surface et au-delà du radar
Le potentiel balistique ne constitue toutefois qu’un aspect de la stratégie multidimensionnelle élaborée par l’Iran. Sous les eaux du golfe Persique et du détroit d’Ormuz, une autre menace se dessine.
L'Iran dispose d'une force sous-marine mixte, comprenant des sous-marins de classe Kilo de construction russe ainsi qu'une gamme de petits sous-marins de poche fabriqués localement, tels que les classes Ghadir et Nahang.
Ces navires sont optimisés pour les eaux peu profondes et acoustiquement complexes de la région. Leur mission principale en cas de guerre ne serait pas de mener des opérations navales en haute mer, mais de tendre des embuscades et, surtout, de poser des mines sous-marines.
L'Iran posséderait l'un des plus importants stocks de mines de la région, se chiffrant en milliers, comprenant des mines à influence sophistiquées pouvant être déclenchées par le champ magnétique ou la signature acoustique d'un navire.
Le simple soupçon de la présence d'un champ de mines au point de passage stratégique du détroit d'Ormuz aurait un effet catastrophique sur le trafic énergétique mondial et obligerait la marine américaine à s'engager dans une campagne de déminage lente, dangereuse et gourmande en ressources, le tout mené sous la menace des missiles côtiers iraniens.
À cela s'ajoute la torpille Hoot, une arme supercavitante d'une vitesse extraordinaire de 360 km/h qui, une fois lancée, est presque impossible à distancer ou à esquiver pour une cible.
Dans les airs, le programme de drones iranien représente un atout majeur en matière de renseignement et de frappes. Des développements récents ont mis en lumière la capacité de Téhéran à assurer une surveillance étroite des forces navales américaines dans la région.
Le survol d’un drone non identifié, désigné SEP2501, le long des côtes de la mer d’Oman, à proximité du groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln, a constitué une démonstration concrète de cette réalité, effrayant l’ennemi.
Des drones tels que le Shahed-139 ou le Homa, capables de décollage et d’atterrissage verticaux, peuvent être déployés depuis des plateformes non conventionnelles, y compris des navires civils. Ils recueillent des renseignements électroniques, des signatures radar et des données de communication.
Ces informations sont essentielles à la réussite de toute attaque de missiles, car elles permettent d'établir en temps réel la situation nécessaire pour cibler un porte-missiles en mouvement.
Dans un scénario d’attaque par saturation, des essaims de drones d’attaque unidirectionnels, peu coûteux et aisément remplaçables, pourraient être engagés dès la première vague. Leur objectif ne serait pas nécessairement de frapper le porte-avions lui-même, mais de saturer les défenses du groupe aéronaval et d’épuiser ses stocks de missiles intercepteurs, beaucoup plus onéreux. Une telle séquence viserait à créer une fenêtre d’opportunité pour des missiles de croisière ou balistiques plus sophistiqués lancés dans un second temps.
Les vedettes rapides de la marine du CGRI ajouteraient une dimension supplémentaire à cette pression. Capables d’attaques en essaim depuis le littoral iranien, elles forceraient les bâtiments américains de plus grande taille à adopter des postures défensives permanentes, fragmentant leur attention tactique et complexifiant davantage le champ de bataille maritime.
Géographie de la défense
L’importance stratégique de l’armement iranien est amplifiée par la géographie singulière de la région. Le golfe Persique constitue une étendue d’eau étroite et peu profonde, tandis que le détroit d’Ormuz — par lequel transite une part importante du pétrole mondial — ne dépasse guère une trentaine de kilomètres de large à son point le plus resserré.
Dans un tel environnement, la marge de manœuvre d’un grand groupe aéronaval est extrêmement limitée, et sa proximité des côtes iraniennes le place directement à la portée de la quasi-totalité des systèmes de l’arsenal iranien.
Cette configuration géographique constitue un atout central de la stratégie iranienne de déni d’accès. Elle implique qu’un porte-avions ne peut opérer impunément dans le golfe Persique : il doit évoluer à l’intérieur d’une zone d’engagement de missiles que l’Iran a mis des décennies à bâtir.
Dans un conflit potentiel entre Washington et Téhéran, l’objectif iranien ne serait pas nécessairement de couler un porte-avions américain dans les premières heures des hostilités. Une telle prouesse, aussi spectaculaire soit-elle, n’est pas le cœur de la stratégie.
En instaurant une menace crédible, multidimensionnelle et permanente, l’Iran cherche à élever le coût d’une intervention à un niveau susceptible de tester la volonté politique américaine.
Ce dispositif relève d’une logique bien identifiée par les stratèges : la dissuasion par le déni. Il ne s’agit pas de promettre une punition dévastatrice en représailles, mais de convaincre l’adversaire que son action serait inefficace, coûteuse ou incertaine.
La question stratégique n’est donc plus de savoir si l’Iran dispose d’une arme unique capable de détruire un porte-avions américain.
Elle est plus subtile : l’Iran peut-il rendre son emploi suffisamment risqué et politiquement coûteux pour influencer la décision d’engagement ?
Des avertissements sans équivoque du Leader de la Révolution islamique à la patrouille silencieuse d'un drone de surveillance au-dessus d'un groupe aéronaval, le message de Téhéran est clair :
Les eaux du golfe Persique ne sont plus un sanctuaire pour les flottes étrangères hostiles, et toute nation envisageant une agression doit se préparer à affronter un adversaire qui a transformé la guerre asymétrique en une défense nationale sophistiquée et crédible.
Dans le golfe Persique, l’épée qui menace le porte-avions n’est peut-être pas visible depuis le pont. Mais son ombre, elle, pèse déjà sur les calculs des états-majors.
Téhéran et Mascate se consultent sur les modalités de la prochaine session de négociations Iran-US
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a consulté son homologue omanais au sujet des modalités de la prochaine session de négociations nucléaires indirectes entre la République islamique d'Iran les États-Unis.
Le chef de la diplomatie iranienne s'est entretenu par téléphone, lundi 23 février, avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad al-Busaidi, afin de discuter et d'échanger des points de vue sur l'état d'avancement des négociations indirectes.
Plus tôt, le ministre omanais des Affaires étrangères, exprimant son soutien aux négociations, a confirmé que la troisième session des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis se tiendrait jeudi prochain à Genève.
Depuis le 6 février, Téhéran et Washington ont mené deux séries de négociations sur le programme nucléaire iranien, sous la médiation d'Oman. La première s'est tenue à Mascate, la capitale omanaise, et la seconde à Genève.
Dimanche, M. Araghchi a déclaré à CBS News qu'il existait encore « de bonnes chances » de parvenir à un règlement diplomatique sur le dossier nucléaire, fondé sur un accord mutuellement avantageux.
« Un fait demeure : si les États-Unis souhaitent trouver une solution au programme nucléaire pacifique iranien, la voie diplomatique est la seule option possible », a-t-il déclaré. « Par conséquent, tout renforcement militaire est inutile, et un tel renforcement ne saurait rien y changer ni exercer de pression sur nous », a souligné le principal négociateur iranien.
Une solution mutuellement avantageuse au dossier nucléaire iranien reste possible (Araghchi)
Une solution mutuellement avantageuse aux différends autours du nucléaire iranien reste possible, a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Dans une interview accordée à CBS News et diffusée dimanche, il a déclaré : « Un fait est indéniable : si les États-Unis souhaitent trouver une solution au programme nucléaire pacifique iranien, la voie diplomatique est la seule possible. » Il a ajouté qu’il existait encore de « fortes chances » de parvenir à une solution diplomatique mutuellement bénéfique, soulignant qu’« une solution est à notre portée ».
Le chef de la diplomatie iranienne a également estimé qu’un renforcement militaire américain ne contribuerait ni à résoudre la crise ni à exercer une pression sur Téhéran.
Ces déclarations interviennent après un deuxième cycle de négociations nucléaires indirectes entre l’Iran et les États-Unis, tenu au consulat général du Sultanat d’Oman à Genève le 17 février, dans la continuité d’un premier cycle organisé à Mascate. Les discussions ont principalement porté sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines que Téhéran considère comme illégales.
Huckabee se moque de la condamnation par la Ligue arabe de ses propos soutenant les revendications territoriales d'Israël
L’ambassadeur américain dans les territoires occupés par Israël, Mike Huckabee, a réagi aux vives critiques suscitées par ses récentes déclarations, allant jusqu’à se moquer de la condamnation exprimée par la Ligue arabe. En cause, des propos dans lesquels il prétendait qu’Israël, au nom d’interprétations bibliques, disposerait d’un droit sur des territoires s’étendant à une large partie du Moyen-Orient — des déclarations qui ont profondément suscité la condamnation des pays arabes voisins.
Interrogé vendredi dans un podcast animé par le journaliste d’extrême droite Tucker Carlson, le diplomate a été interrogé sur son interprétation d’un verset de la Genèse mentionnant des terres situées « entre le Nil et l’Euphrate » — une expression traditionnellement comprise comme s’étendant de l’Égypte à l’Irak et à la Syrie.
« Ce serait bien s’ils prenaient tout », a-t-il lancé.
Huckabee a rapidement nuancé ses propos, les qualifiant d’« hyperboliques » et soulignant qu’Israël ne cherchait pas une telle expansion, mais se concentrait sur la défense de son territoire existant.
Dimanche, plus d’une dizaine de pays — dont l’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Égypte et les Émirats arabes unis — ainsi que la Ligue arabe, ont exprimé dans une déclaration commune « leur ferme condamnation et leur profonde préoccupation ».
Les signataires ont dénoncé des propos « dangereux et incendiaires », estimant qu’ils constituent « une menace grave pour la sécurité et la stabilité de la région ».
En réponse, l’ambassadeur a publié des messages sur X, affirmant que certaines parties de sa réponse avaient été omises et que le tollé régional reposait sur des « propos partiels ».
Dans une pique cinglante, il a ajouté que la Ligue arabe « a besoin d’un nouveau traducteur » pour interpréter correctement ses déclarations. Cependant, il n’est pas revenu sur le fond de ses propos concernant un éventuel contrôle israélien de territoires plus vastes au Moyen-Orient.
Toute alliance régionale avec Israël est une menace pour les intérêts arabes (Hamas)
Le Hamas a vivement critiqué les récents propos du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, concernant la formation d'une nouvelle alliance régionale incluant des pays arabes. Le mouvement de résistance palestinien qualifie ce projet de « mépris flagrant » envers les États arabes et de menace directe pour leurs intérêts stratégiques.
Dans un communiqué publié le dimanche 22 février, le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a averti que Netanyahu tentait de remodeler la région afin de servir uniquement les intérêts du régime occupant.
Ces propos font suite aux déclarations de Benjamin Netanyahu selon lesquelles Israël envisage de former un réseau d'États alliés, incluant l'Inde, la Grèce, Chypre ainsi que plusieurs pays arabes, africains et asiatiques.
Le Premier ministre israélien a présenté l'axe proposé comme une riposte à la fois à ce qu’il a qualifié d’« axe chiite radical » et d’« axe sunnite radical émergent ».
Netanyahu a tenu ces propos lors de l'annonce de la prochaine visite du Premier ministre indien, Narendra Modi, dans les territoires occupés, ajoutant que l'Inde ferait partie d'un prétendu « axe des pays partageant les mêmes valeurs » qu'Israël.
M. Qassem a ajouté que la proposition de Netanyahu témoigne d'un mépris pour le rôle important que jouent les États arabes dans la région et vise à promouvoir les intérêts israéliens, lesquels sont intrinsèquement incompatibles avec ceux des nations arabes.
Droits de douane : l’UE appelle Washington à respecter l’accord commercial
La Commission européenne a appelé dimanche les États-Unis à respecter leur accord commercial avec l'Union européenne (UE), alors que le président américain, Donald Trump, a annoncé son intention d'augmenter les droits de douane après le revers infligé à sa politique commerciale agressive par la Cour suprême.
« Un accord est un accord. En tant que premier partenaire commercial des États-Unis, l'UE attend de ces derniers qu'ils respectent les engagements pris dans la déclaration commune, tout comme l'UE respecte les siens », a déclaré la Commission européenne dans un communiqué.
Elle a également exigé des éclaircissements complets sur les mesures que les États-Unis envisagent de prendre à la suite de la décision de la Cour suprême.
Samedi, Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social qu’il portait « avec effet immédiat » le niveau de ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10 % à 15 %, soit « au niveau pleinement autorisé », selon ses termes. Cette décision intervient au lendemain d’un arrêt rendu par la Cour suprême des États-Unis invalidant une large partie de sa politique commerciale.
Par six voix contre trois, la plus haute juridiction américaine a jugé vendredi que le président ne pouvait justifier l’instauration de ces surtaxes par la seule invocation d’une « urgence économique ». Selon le président de la Cour, John Roberts, le chef de l’exécutif doit disposer d’une « autorisation claire du Congrès » pour mettre en place de nouveaux droits de douane.
« Non, merci »: la réponse du Groenland à la proposition de Trump d’y envoyer un navire-hôpital américain
« Ce sera non, merci, de notre part », a réagi ce dimanche 22 février le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen sur Facebook. Il a assuré que l’île ne nécessite « aucune assistance médicale étrangère », rappelant que le Groenland dispose d’un système de santé public garantissant la gratuité des soins pour ses citoyens.
La veille, Donald Trump avait annoncé sur sa plateforme Truth Social l’envoi imminent d’« un grand navire-hôpital » afin de soigner « les nombreuses personnes malades qui ne sont pas prises en charge sur place ». « Il est en route », avait-il écrit.
Tout en défendant le modèle social groenlandais, Jens-Frederik Nielsen a reconnu que l’accès aux soins pouvait être compliqué par l’immensité du territoire, les longues distances et le manque de personnel médical. Il a néanmoins insisté sur le caractère fondamental du système public local.
« Nous sommes toujours ouverts au dialogue et à la coopération. Avec les États-Unis aussi. Mais parlez avec nous, au lieu de simplement lancer des déclarations plus ou moins aléatoires sur les réseaux sociaux », a-t-il conclu.
Trump « intrigué » par le refus de l’Iran de « capituler » malgré la pression américaine
L’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré samedi que le président américain Donald Trump était « intrigué » par le refus de l’Iran de « capituler » face aux exigences américaines d’un accord sur son programme nucléaire.
Interrogé sur Fox News par Lara Trump, la belle-fille du président américain, M. Witkoff a déclaré : « Le président m’a posé la question ce matin, et il est […] je ne veux pas employer le mot frustré […] car il comprend qu’il dispose de nombreuses alternatives, mais […] il s’étonne de savoir pourquoi l’Iran n’a pas capitulé. »
Il a ajouté que Trump se demandait « pourquoi, sous cette pression, avec une telle puissance maritime et navale, ils ne sont pas venus nous dire : Nous affirmons ne pas vouloir d’armes, alors voici ce que nous sommes prêts à faire ? »
Prétendant que l’Iran a enrichi de l’uranium au-delà des niveaux nécessaires à des fins civiles, Witkoff a déclaré que les lignes rouges de Trump exigent que l’Iran maintienne un enrichissement d’uranium « zéro ».
Les Irakiens renouvellent leur engagement de soutien à l'Iran face à toute éventuelle attaque américaine
Des groupes politiques et paramilitaires irakiens ont réaffirmé leur soutien à l’Iran face à la montée des menaces d’une intervention militaire américaine contre le pays.
Le journal Al-Araby Al-Jadeed a indiqué ce dimanche 22 février dans un rapport que des groupes comme Kataib Hezbollah et Harakat al-Nujaba avaient lancé des appels au recrutement de forces volontaires pour soutenir l’Iran dans une éventuelle confrontation militaire avec les États-Unis.
Une source du Comité de coordination de la résistance irakienne, qui regroupe sept grands groupes politiques et paramilitaires, a été citée dans le rapport, affirmant que les groupes irakiens se sont déclarés prêts à participer à toute guerre impliquant l’Iran et les États-Unis.
La source non identifiée a indiqué que ces groupes avaient adopté des plans détaillés pour préciser comment ils soutiendraient l’Iran en cas de guerre.
Al-Araby Al-Jadeed a indiqué que quatre des sept groupes avaient finalisé leurs plans d’engagement dans le conflit. Le média a toutefois précisé que la mise en œuvre de ces plans dépendrait de l’évolution de la situation sur le terrain et de l’étendue des hostilités dans la région.
Un analyste politique a déclaré au journal que les groupes de résistance irakiens peuvent compter sur leurs importants stocks d’armes, notamment des drones et des missiles à courte et moyenne portée, pour cibler les bases américaines dans toute la région.





















