Mythes et échecs : pourquoi la guerre de récits de l'ennemi – à l'instar de ses bombes – ne dissuadera pas l'Iran

Rate this item
(0 votes)
Mythes et échecs : pourquoi la guerre de récits de l'ennemi – à l'instar de ses bombes – ne dissuadera pas l'Iran

 

Mythes et échecs : pourquoi la guerre de récits de l'ennemi – à l'instar de ses bombes – ne dissuadera pas l'Iran

Thursday, 07 May 2026

 

Par le service d'analyse stratégique de Press TV

 

Près d'un mois s'est écoulé depuis l'instauration du cessez-le-feu qui a permis de stopper l'agression conjointe américano-sioniste contre l'Iran ; une trêve quémandée par Washington après que ses ambitions militaires ont échoué.  

 

Sur le champ de bataille, la machine de guerre ennemie a été réduite au silence — non par retenue, mais par nécessité.

 

L'agression militaire de grande envergure, déclenchée de concert avec le régime sioniste et ses alliés régionaux le 28 février, s'est finalement soldée par un désastre stratégique total.

 

L'architecture de la défense aérienne iranienne demeure intacte et ses capacités offensives ont été démontrées de manière irréfutable. Le martyre du Leader de la Révolution Islamique n'a fait que galvaniser davantage la nation iranienne face à cet ennemi arrogant. 

 

Pourtant, si le front militaire est perdu, l'ennemi n'a pas baissé les bras. Au contraire, sa machine de guerre psychologique s'est intensifiée ces dernières semaines.

 

Plus rapide, moins coûteuse et plus agile que son arsenal militaire, cette machine opère désormais avec une mobilité intense, inondant les plateformes médiatiques, les canaux diplomatiques et les réseaux sociaux de désinformation, de récits mensongers et de crises fabriquées de toutes pièces.

 

L'objectif est simple : arracher à la table des négociations et devant l'opinion publique ce que l'ennemi a été incapable d'obtenir par la force de ses missiles, de ses drones et de ses avions de chasse. 

 

Cependant, à l'instar de son échec militaire, cette offensive psychologique est, elle aussi, vouée à l'échec.

 

L'Iran, en position de force, a clairement indiqué qu'il n'y aura aucun compromis sur ses exigences essentielles lors de futures négociations. À l'inverse, les États-Unis, épuisés, aux abois et diplomatiquement isolés, négocient désormais en posture de profonde vulnérabilité. 

 

Le silence du champ de bataille et le fracas de la propagande 

 

Lors des affrontements militaires actifs, le champ de bataille lui-même constituait la réfutation la plus efficace des mensonges ennemis. Chaque avancée avortée, chaque drone intercepté, chaque missile abattu et chaque repli des forces américaines ou israéliennes apportaient une preuve tangible, visuelle et immédiate de la supériorité iranienne incontestable et incontestée sur le terrain.

 

Malgré les restrictions de diffusion de certaines images pour des raisons opérationnelles, les données visuelles étaient suffisantes pour confirmer la précision des frappes de représailles iraniennes et l'ampleur des échecs ennemis, comme l'a confirmé une enquête de CNN en début de semaine.

 

Mais dans la phase actuelle de cessez-le-feu – aussi fragile soit-elle – cette source immédiate de preuves tangibles s'est tarie. Le champ de bataille est devenu silencieux et l'ennemi, rusé, a exploité ce vide avec agressivité.

 

Faute de défaites à diffuser en temps réel, l'appareil de guerre psychologique a comblé ce vide par des allégations fabriquées de toutes pièces, des « renseignements » divulgués de manière sélective et un flot incessant de scénarios hypothétiques destinés à dépeindre la République islamique d'Iran comme épuisée, isolée ou disposée à négocier en position de faiblesse.

 

Rien de tout cela n'est vrai. L'Iran est d'ailleurs pleinement conscient que négliger l'impact de cette campagne psychologique pourrait engendrer des conséquences potentiellement plus destructrices qu'une guerre militaire classique. Le coût matériel et moral de cette guerre de l'information peut surpasser celui d'un affrontement direct.

 

La guerre de rétroaction : la stratégie d'écoute de l'ennemi 

 

Une caractéristique essentielle des opérations psychologiques de l'ennemi est la collecte permanente de rétroaction. Cet appareil de propagande n'opère pas à l'aveuglette, mais surveille méticuleusement les réactions au sein de l'échiquier politique iranien et ajuste sa communication pour semer la division.

 

Prenons l'exemple de la récente vague de fausses informations concernant de prétendus accords irano-américains sur le nucléaire. Ces allégations sont manifestement fausses.

 

Aucune négociation de ce type n'a eu lieu, ni n'est prévue. Pourtant, l'ennemi diffuse sciemment ces mensonges dans un but précis : mesurer les réactions.

 

Comment réagit l'opinion publique iranienne ? Comment les responsables s'expriment-ils ? Comment les experts analysent-ils la situation ?

 

Il s'agit d'une négociation médiatique sans diplomatie – un processus factice conçu pour générer des données, et non des résultats. L'ennemi ne cherche pas à conclure un accord, mais à cerner les lignes rouges iraniennes, à identifier les points de tension au sein de la société et à semer la discorde interne. Il s'agit là d'une guerre psychologique classique déguisée en stratégie d'État.

 

Diplomatie du silence : la patience stratégique de l'Iran

 

Tandis que l'ennemi déploie une guerre psychologique agressive pour atteindre ses objectifs opérationnels et diplomatiques, l'appareil diplomatique iranien a adopté une approche diamétralement opposée : une présence médiatique minimale, un silence délibéré et des actions menées à l'abri des regards, tant étrangers que nationaux. Il ne s'agit pas d'une faiblesse, mais d'une patience stratégique.

 

L'Iran ne négocie pas publiquement car il n'a pas besoin de faire de démonstration de force.

 

La solidité de sa position militaire, la capacité avérée de son système de commandement et la cohésion de sa société parlent plus éloquemment que n'importe quelle conférence de presse.

 

L'ennemi, quant à lui, joue la comédie pour son propre public, tentant de donner l'illusion de la victoire à partir des décombres de sa défaite militaire.

 

Mais qu'on ne s'y trompe pas : le silence de l'Iran sur ses tactiques ne signifie pas une ambiguïté sur ses principes. Les conditions d'une fin de guerre définitive ont été clairement définies et formulées, et elles sont fondamentalement non négociables.

 

Les cinq conditions non négociables pour mettre fin à la guerre

 

Premièrement, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique et artère vitale de l'Iran. Pendant des décennies, l'Iran a fait preuve de bonne foi, autorisant le libre passage de tous les navires – commerciaux, militaires et autres – dans ses eaux territoriales. Cette bonne volonté s'est maintenue même après la guerre des Douze jours imposée à la nation iranienne en juin dernier.

 

Mais cette fois-ci, l'ennemi a franchi toutes les lignes rouges. Une guerre totale a été imposée au pays. Le Leader de la Révolution islamique et les plus hauts commandants militaires ont été tués en martyrs. L'objectif n'était rien de moins que la destruction et le démembrement de l'Iran.

 

Dans cette circonstance, l'Iran a non seulement le droit, mais aussi le devoir vital d'exercer un contrôle effectif sur ses eaux territoriales. Le détroit d'Ormuz n'est pas un enjeu de négociation. Il n'est ni à vendre, ni à louer, ni à négocier. Il s'agit d'un droit souverain de l'Iran et d'une nécessité permanente pour la sécurité de chaque citoyen iranien, aujourd'hui et pour les générations futures.

 

Deuxièmement, les dommages de guerre et les réparations. L'identité de l'agresseur est incontestable. Les États-Unis et le régime sioniste ont lancé une guerre brutale et non provoquée contre une nation qui négociait encore de bonne foi. L'attaque a eu lieu à la veille de la reprise des pourparlers.

 

Les destructions matérielles, la perte de milliers de vies innocentes, les blessures infligées à des milliers d'autres et le martyre de hauts dirigeants exigent une réparation intégrale.

 

Ne pas exiger de réparations constituerait non seulement une trahison envers les victimes, mais créerait également un précédent catastrophique, signalant à toutes les puissances agressives du monde qu'elles peuvent attaquer des nations souveraines en toute impunité financière et juridique.

 

Troisièmement, il faut expulser les forces d'occupation américaines de la région. Depuis plus de quarante ans, les États-Unis maintiennent des bases militaires dans la région dans le but explicite de contenir, d'affaiblir et, à terme, d'en finir avec la République islamique.

 

L'Iran a surmonté l'année dernière deux guerres d'envergure, imposées dans le sillage de cette présence militaire. Si les forces armées apprécient sans doute d'avoir ces bases à portée de tir en cas de riposte – comme l'a prouvé le récent conflit –, le message stratégique doit être clair : un Iran victorieux ne permettra pas aux forces ennemies vaincues de rôder près de ses frontières. C'est une leçon non seulement pour les États-Unis, mais pour tous les pays de la région : préservez votre souveraineté et n'accueillez jamais de terroristes déguisés en soldats. 

 

Quatrièmement, la fin de cette guerre imposée doit inclure les alliés de l'Iran au sein du front de la Résistance.

 

Liban, Irak, Palestine, Yémen – ces nations et ces mouvements ont soutenu l'Iran dans les moments difficiles. Ils ont offert des milliers de martyrs, notamment au Liban.

 

La force de l'Iran est décuplée par ces groupes de résistance, et leur endurance est renforcée par le soutien indéfectible de l'Iran. Des principes rationnels, stratégiques, éthiques et religieux exigent tous que le front de la Résistance ne soit ni abandonné ni traité comme un théâtre d'opérations distinct une fois la guerre directe terminée.

 

L'agression de l'ennemi doit cesser définitivement. C'est une exigence fondamentale.

 

Le cinquième point concerne la levée des sanctions arbitraires et l'annulation des résolutions injustes du Conseil de sécurité de l'ONU, qui découleront naturellement de la réalisation des quatre premières conditions, notamment le rétablissement de la souveraineté effective de l'Iran sur le détroit d'Ormuz.

 

Sans ces quatre conditions, cependant, toute possibilité d'allègement des sanctions est pratiquement nulle.

 

La diversion nucléaire : preuve de la faiblesse de l'ennemi

 

La récente réintroduction de l'affaire nucléaire par l'ennemi constitue en soi un aveu d'échec.

 

Si les États-Unis avaient réellement détruit l'infrastructure nucléaire iranienne, comme ils l'ont allégué à maintes reprises pendant et après la guerre des Douze jours, il n'y aurait plus rien à discuter.

 

Le fait que Washington formule désormais des exigences nucléaires à la table des négociations prouve de manière irréfutable que ses fanfaronnades de guerre n'étaient que mensonges.

 

La question nucléaire est relancée pour trois raisons seulement : premièrement, construire un récit de victoire à partir d'une guerre perdue ; deuxièmement, se présenter comme le vainqueur à des fins de propagande intérieure ; et troisièmement, tenter de justifier l'injustifiable : le massacre barbare de milliers d'Iraniens innocents et la destruction massive des infrastructures civiles. 

 

Aucune de ces raisons ne constitue un objectif diplomatique légitime. Ce sont des outils de guerre psychologique. Et ils échoueront, tout comme la campagne militaire a échoué.

 

La force face à la faiblesse

 

Les États-Unis sont manifestement épuisés. Leurs finances sont au plus bas. Leurs alliances se fissurent. L'opinion publique américaine s'est retournée contre une nouvelle guerre illégale en Asie de l'Ouest. Leur armée a été humiliée par un pays dont elle avait sous-estimé la puissance pendant des décennies.

 

La République islamique d'Iran, en revanche, est sortie de cette dernière guerre imposée avec une nouvelle direction, sa doctrine militaire réhabilitée, sa société unifiée et sa profondeur stratégique renforcée. La guerre psychologique de l'ennemi a échoué pour la même raison que sa guerre militaire : parce qu'il se heurte à la réalité.

 

Comme cela a déjà été clairement indiqué, l'Iran ne transigera pas sur ses revendications essentielles. Le détroit d'Ormuz est non négociable. Les réparations sont obligatoires.

 

L'expulsion des forces américaines n'est pas une faveur à solliciter. Le front de la Résistance ne sera pas abandonné.

 

L'ennemi peut maintenir sa machine de propagande à plein régime. Mais le bruit ne change rien aux faits. Et les faits sont les suivants : l'Iran est en position de force tandis que les États-Unis sont en plein désarroi, la guerre est entrée dans une phase de silence et, jusqu'à présent, l'Iran est le vainqueur incontesté.

 

 

Read 84 times