Deutesche Welle: Pourquoi l’Allemagne ne peut pas trop concéder à l’Iran ?

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Deutesche Welle: Pourquoi l’Allemagne ne peut pas trop concéder à l’Iran ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a partiellement reconnu les limites de l’UE, affirmant à Téhéran qu’il serait difficile pour les Européens d’aider l’Iran de manière économique « sans les Américains ».

Heiko Maas a eu des entretiens avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à Téhéran, dans le but d’atténuer les tensions dans le golfe Persique. Mais les experts disent que la visite semble peu fructueuse et qu’il est peu probable qu’elle ait pu déclencher un dénouement de crise.

Selon le service de diffusion radiophonique Die Deutsche Welle, le ministre allemand des Affaires étrangères allemand tentait de sauver l’accord « qui abroge [le mot est dit], le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales. Le voyage de quatre jours de Maas au Moyen-Orient qui l’a amené à se rendre en Jordanie, en Irak et aux Émirats arabes unis, est considéré comme un engagement diplomatique majeur de l’Allemagne visant à réduire les tensions et à éventuellement empêcher la confrontation militaire au Moyen-Orient ».

Or le journal allemand ajoute que Maas est rentré les mains vides de Téhéran et que l’on peut dire que cette visite a montré à quel point les Européens ne peuvent rien faire pour le Moyen-Orient. Il est clair que les Iraniens sont toujours pour des coopérations diplomatiques, mais encore faut-il qu’elles soient franches et efficaces.

Et il semble bien que cette rencontre n’ait pas été très efficace, car Die Deutsche Welle a écrit qu’aucun miracle ne s’y était produit pour Téhéran. Ce qui veut dire qu’aucune démarche en vue du maintien de l’accord nucléaire n’a donné de résultats.

Die Deutsche Welle a ajouté que la campagne de pression maximale des États-Unis avait ciblé l’économie iranienne et que les exportations iraniennes avaient été considérablement été réduites ; que l’inflation de la monnaie nationale iranienne allait grandissant et que la valeur du rial iranien était à un très bas niveau. Les journalistes allemands ont affirmé aussi que les pressions sur les politiciens iraniens sont à leur apogée et qu’il semble bien que la patience du leadership iranien va toucher à sa fin. Enfin, ils ont souligné que Téhéran sollicitait des aides concrètes pour pouvoir faire face aux sanctions américaines et que dans le cas contraire, Téhéran mettrait en application à compter du 7 juillet ses menaces consistant à suspendre ses engagements dans le cadre de l’accord 5+1.

À Téhéran, Maas a de nouveau insisté sur l’importance de l’accord sur le nucléaire iranien, affirmant qu’il était « extrêmement important » pour la sécurité de l’Europe. Il a également prétendu que l’Allemagne et ses partenaires européens avaient déployé tous les efforts nécessaires pour respecter leurs engagements.

Mais l’Iran pense le contraire. « Jusqu’à présent, les Européens n’ont pris aucune mesure concrète pour garantir les intérêts de l’Iran... Téhéran ne discutera d’aucune question au-delà de l’accord sur le nucléaire », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Seyyed Abbas Moussavi.

« Ce que nous attendons de l’Union européenne, c’est qu’ils tiennent leurs engagements », a-t-il ajouté.

Les tensions entre Washington et Téhéran ne se limitent plus à l’accord nucléaire. Ils ont considérablement augmenté au cours du mois dernier, les États-Unis accusant l’Iran de poursuivre des activités « pernicieuses et de constituer des menaces pour les États-Unis et leurs alliés ». Washington a également renforcé sa présence militaire dans la région, notamment en déployant un groupe de porte-avions, des roquettes et un escadron de bombardiers B-52.

Dimanche, Maas a qualifié le programme de missiles balistiques iranien de « problématique » lors d’une visite aux Émirats arabes unis. Ces propos n’ont néanmoins pas été entendus à Téhéran et le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que « les responsables européens ne sont pas en position de commenter les problèmes de l’Iran au-delà de l’accord nucléaire ».

Les responsables iraniens ont également accusé les Européens de ne pas avoir dégagé un consensus sur leurs relations avec Téhéran.

Die Deutsche Welle a écrit aussi qu’à part la promesse d’un système Instex, Maas ne pouvait rien faire pour l’Iran. Il est utile de rappeler que ce système n’a même pas été utilisé une seule fois jusque-là.

Et Washington vient d’annoncer qu’il pourrait sanctionner toutes les parties impliquées dans l’Instex.

En effet, même s’ils le voulaient, les pays européens ne pourraient avoir des échanges avec l’Iran, d’autant plus que les investisseurs et les banquiers européens craignent très fortement les sanctions américaines. Le climat est devenu même plus hostile qu’avant avec le nouveau conseiller à la sécurité nationale américaine, John Bolton. Et s’il est vrai que les États-Unis sont pour des discussions avec Téhéran comme l’ont annoncé Donald Trump et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, pourquoi alors de nouvelles sanctions ont-elles ciblé vendredi l’industrie pétrochimique iranienne ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères a partiellement reconnu les limites de l’UE, affirmant à Téhéran qu’il serait difficile pour les Européens d’aider l’Iran de manière économique « sans les Américains ».

« Mais je pense qu’il existe également des intérêts politiques et stratégiques dans le maintien de cet accord et donc dans le dialogue avec l’Europe », a ajouté Maas.

« L’intérêt principal de l’Allemagne est de réduire les tensions dans le golfe Persique, sachant que si tous les acteurs ne sont pas à la table des négociations sur un accord nucléaire, le risque d’une guerre de confrontation américano-iranienne peut s’accroître », a indiqué Die Deutsche Welle.

Zarif a également averti les États-Unis qu’ils « ne pouvaient pas s’attendre à être en sécurité » après avoir lancé une « guerre économique » contre Téhéran. « La seule solution pour réduire les tensions dans cette région consiste à mettre un terme à cette guerre économique », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec Maas lundi.

« Le gouvernement allemand a jusqu’à présent été témoin de l’intensification des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Mais Berlin comprend maintenant que les tensions pourraient dégénérer en une véritable confrontation », a déclaré Mehran Barati, expert berlinois des affaires de l’Iran.

Paul Casaca, membre portugais du Parlement européen de 1999 à 2009 et expert iranien, a quant à lui rapporté à DW que les chances de succès de l’intervention diplomatique allemande dans la crise iranienne étaient très limitées.

« Je pense que l’Allemagne n’essaie pas tellement de sauver l’accord nucléaire iranien, mais qu’elle est plutôt à la recherche d’un nouvel arrangement », a déclaré Casaca, fondateur et directeur exécutif du Forum démocratique sud-africain (SADF) basé à Bruxelles.

« Il reste à voir si un nouvel accord éventuel reviendrait à apaiser Téhéran ou à l’obliger à se présenter à la table des négociations », a-t-il ajouté.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé lundi que l’Iran avait accéléré sa production d’uranium enrichi.

« J’espère que l’on pourra trouver des moyens de réduire les tensions actuelles par le dialogue », a déclaré le chef de l’AIEA, Yukiya Amano, dans un discours prononcé à l’ouverture de la réunion trimestrielle du conseil des Gouverneurs.

Enfin, Die Deutsche Welle écrit que la véritable question est la suivante : pourquoi l’Iran accepterait-il une nouvelle promesse américaine alors même que les Américains sont revenus sur leurs engagements ? Le journal ajoute que le dialogue devrait tout de même avoir lieu entre les deux parties et qu’un seul sous-entendu pourrait se révéler catastrophique et déclencher une guerre.

Die Deutsche Welle conclut que le monde entier souhaite des discussions directes entre Téhéran et Wahsington même si l’Iran, dans l’état actuel des choses, avec les sanctions le prenant à la gorge, pourrait difficilement accepter d’aller à la table des négociations.

 
 
 
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