Plusieurs capitales européennes envisagent une réorganisation en profondeur de la diplomatie de l’Union européenne.
Certains scénarios prévoient de réduire les pouvoirs de Kaja Kallas et de transférer une partie des compétences vers les États membres et la Commission européenne, sur fond de critiques concernant l’efficacité du système actuel.
La diplomatie européenne pourrait entrer dans une phase de réorganisation majeure. Plusieurs États membres, dont la France et l’Allemagne, discutent d’une réforme qui pourrait réduire les prérogatives de Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a écrit RT reprenant un article du Financial Times.
Au cœur du débat figure la répartition des rôles entre Bruxelles et les capitales nationales. Plusieurs responsables européens reconnaissent que le fonctionnement actuel ne permet plus de répondre avec suffisamment d’efficacité aux crises géopolitiques, alors que l’Union peine régulièrement à afficher une position commune.
Le Service européen pour l’action extérieure est particulièrement visé. Cette structure, chargée de soutenir la politique étrangère de l’Union, est critiquée pour les chevauchements de compétences avec les ministères des Affaires étrangères des États membres, mais aussi avec les services compétents de la Commission européenne et du Conseil de l’UE. Ces doublons alimentent l’image d’un appareil diplomatique lourd, coûteux et difficile à coordonner.
Un possible retour des pouvoirs vers les États
Parmi les pistes étudiées figure le transfert d’une partie des compétences du Service européen pour l’action extérieure vers les États membres ou la Commission européenne. Selon le Financial Times, Paris proposerait de limiter l’autonomie de la direction diplomatique européenne et de réduire son contrôle sur le réseau des délégations extérieures de l’Union.
L’enjeu est également budgétaire. Le Financial Times rappelle que le Service européen pour l’action extérieure dispose d’un budget annuel d’environ un milliard d’euros. Pour plusieurs capitales, une restructuration permettrait de réduire les coûts, de supprimer certains doublons et d’alléger l’appareil administratif européen.
Cette option traduit une volonté de redonner davantage de poids aux États membres dans la conduite de la politique étrangère. Elle intervient alors que plusieurs gouvernements jugent la diplomatie européenne trop centralisée, trop lente dans ses réactions et trop dépendante d’une ligne définie à Bruxelles.
Kaja Kallas fragilisée par les critiques
Les discussions ne portent pas uniquement sur l’organisation du Service européen pour l’action extérieure. Elles concernent également Kaja Kallas, connue pour ses positions très hostiles à l’égard de Moscou. Selon le Financial Times, plusieurs sources européennes évoquent un manque de coordination dans la gestion de dossiers internationaux sensibles.
Certains responsables estiment que des prises de position publiques ont parfois été exprimées avant qu’un consensus ne soit trouvé entre les États membres. Cette situation nourrit les critiques à l’encontre d’une diplomatie européenne qui peine à parler d’une seule voix tout en cherchant à agir comme un centre de décision unique.
Le Financial Times précise toutefois qu’aucune décision n’a encore été prise. Les propositions restent au stade des discussions et plusieurs scénarios sont encore examinés.
Cette séquence met en lumière les tensions internes qui traversent la diplomatie européenne, mais aussi l’essoufflement d’une ligne extérieure fortement centralisée. Derrière la réforme envisagée, c’est avant tout le modèle d’une politique étrangère conduite depuis Bruxelles, souvent critiqué pour sa rigidité et son manque de cohérence, qui se retrouve remis en question.
Dans ce contexte, le retour d’une partie des compétences vers les capitales nationales apparaît désormais comme une option sérieusement envisagée au sein de l’Union européenne.



















