Plusieurs pays arabes faces aux vagues de protestation

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Plusieurs pays arabes faces aux vagues de protestation

Le célèbre éditorialiste du quotidien Rai al-Youm, Abdel Bari Atwan, a consacré un article analytique à la vague de contestations civiles contre la vie chère dans plusieurs pays arabes.

Il y écrit :

« En Iran, la grogne populaire contre la hausse des prix et la vie chère s’est propagée dans 70 villes avant de s’estomper après une semaine. Mais elle a resurgi de plus belle dans plusieurs pays arabes dont les peuples sont quotidiennement exposés à des problèmes du même genre auxquels viennent s’ajouter l’absence de liberté, l’accroissement des répressions, la propagation de la corruption et, pour compléter le tableau, un taux de chômage qui ne cesse de grimper, et ce notamment chez les jeunes.

Plusieurs pays occidentaux ont applaudi les protestations iraniennes et sauté de joie ; ils ont saisi l’occasion en ordonnant à leurs médias officiels et non officiels de couvrir le mouvement de contestation iranien en exagérant les faits, et cela non pas par solidarité avec le peuple iranien, mais en raison de leur animosité contre l’Ordre islamique au pouvoir à Téhéran. Mais ces pays-là semblent avoir oublié que leurs propres peuples souffrent pour beaucoup des mêmes problèmes et que, dans la plupart des cas, il suffirait d’une simple allumette pour mettre le feu à la poudre du mécontentement et de la colère dans leurs propres pays.

Déjà pionnière des révolutions du Printemps arabe, la Tunisie a été attirée une nouvelle fois dans le mouvement et a vu l’étendue des contestations atteindre le périmètre de la ville de Tabarka à l’est de la capitale et bien d’autres villes telles que Kasserine et Sidi Bouzid. La Tunisie s’est rendue à l’évidence qu’un martyr tombé sous les balles des forces de l’ordre pourra tout de suite se réincarner en un autre Bouazizi, et ce bien que le gouvernement ait présenté une version qui ne concorde pas avec la réalité en prétendant que sa mort par asphyxie était survenue après avoir inhalé du gaz lacrymogène. »

Atwan poursuit :

« Pour sa part, le roi saoudien a eu les moyens d’offrir 56 milliards de riyals saoudiens aux fonctionnaires et aux militaires pour acheter leur silence et il a dû mettre la main à la poche pour verser à chacun de ses employés une prime de mille riyals en compensation de la cherté de la vie. Il en va de même pour l’annulation des subsides sur les combustibles, l’eau et l’électricité ainsi que les remboursements de TVA, le tout étant perçu comme une mesure préventive pour calmer des protestataires colériques et pour endiguer la propagation de manifestations sans précédent en Arabie saoudite. Mais cela est bien entendu loin d’être le cas de pays comme la Jordanie, l’Égypte, la Tunisie, le Soudan et le Maroc, dont les ressources sont minimes : ils n’ont ni pétrole ni gaz, mais des milliards de dollars de dettes. »

« Les résolutions envisagées par la Jordanie, comme l’exemption de taxes que le gouvernement a accordée à plus de cent articles, s’avèrent inefficaces. À cela vient s’ajouter l’augmentation du prix de l’électricité et de l’eau et récemment du pain. Ce gouvernement, en bon bouc émissaire, devra donc porter sur ses épaules tout le blâme du drame », a-t-il prédit.

 Et de conclure :

« L’Iran vient de sortir du sombre tunnel des protestations avec des pertes minimales, mais on s’attend à ce que le tunnel, par lequel devront passer nombre de pays arabes dans un avenir proche, soit pour eux à la fois plus sombre et plus long, car dans ces pays la liberté est inexistante et la répression et la corruption sont endémiques. »

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