(18 : 50) *Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblīs qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour maîtres (_wilāya_) en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? Quel mauvais échange pour les injustes !*
C’est un deuxième rappel de ce qui s’est passé entre Lui et Iblīs lorsqu’Il ordonna aux anges de se prosterner devant l’ancêtre de l’humanité, Adam ; ils se sont tous prosternés à l’exception d’Iblīs. C’était un des djinns et il s’est révolté contre le commandement de Son Seigneur.
Cela veut dire : rappelez-vous cet incident et il sera clair pour vous qu’Iblīs – un des djinns – et sa progéniture sont vos ennemis. Ils ne vous veulent pas du bien. Vous ne devriez pas être tentés par les plaisirs et les désirs du monde qu’ils rendent attrayants pour vous et vous ne devriez pas vous détourner du souvenir de Dieu. Vous ne devriez pas leur obéir en cédant aux faussetés auxquelles ils vous invitent.
*« Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour maîtres en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? »* fait suite au bref compte-rendu de l’incident. Il s’agit d’une question rhétorique, exprimant la désapprobation : il est logique, suite à l’incident, que vous ne devriez pas les prendre, lui et sa progéniture, comme amis alors qu’ils sont vos ennemis. Ainsi, ce qui est entendu par _wilāya_ (traduit ici par « maîtres ») est la _wilāya_ de l’obéissance, de sorte qu’ils lui obéissent ainsi que sa progéniture, qu’ils les prennent, lui et sa progéniture, comme objets d’obéissance au lieu de Dieu. Voici ce qu’en ont dit les exégètes :
Il ne serait pas improbable que _wilāya_ désigne la possession de l’autorité et de la gestion, c’est-à-dire la propriété (_rouboūbiyya_), car, de la même manière que les idolâtres adorent les anges en espérant qu’ils leur fassent du bien, ils adorent aussi les djinns pour éviter qu’ils leur fassent du mal. Il affirme explicitement qu’Iblīs est du nombre des djinns et qu’il a une descendance, que l’égarement de l’homme du chemin menant au bonheur et toutes les misères qui l’accompagnent ne sont dus qu’à Satan qui l’égare. Donc, en gros, cela veut dire : Allez-vous prendre lui et sa progéniture comme dieux et seigneurs au lieu de M’adorer et de vous attacher à Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ?
Cette explication est soutenue par le verset qui suit, car le fait que Dieu ne les a pas rendus témoins de la création n’est compatible qu’avec la négation de leur _wilāya_ dans le sens où ils seraient des régulateurs, et non dans le sens où ils seraient objets d’obéissance.
Le verset finit par les condamner de prendre d’autres maîtres que Dieu, c’est-à-dire de choisir Iblīs au lieu de Dieu : *« Quel mauvais échange pour les injustes ! »* Que cela est répugnant ! Aucune personne sensée ne ferait cela. C’est ce qui est caché dans la tournure grammaticale à des fins rhétoriques dans la clause : *« le commandement de son Seigneur »*, par opposition à « Notre commandement ».
(18 : 51) *Je ne les ai pas pris comme témoins (_ashhadtouhoum_) de la création des cieux et de la terre, ni de la création de leurs propres personnes. Et Je n’ai pas pris comme aides (_ʿaḍoudan_) ceux qui égarent [les autres].*
Il est évident, d’après le contexte, que les pronoms pluriels font référence à Iblīs et à sa progéniture. _Ishhād_ (comme dans _ashhadtouhoum_) veut dire convoquer et déclarer comme témoins de la même manière que désignent des témoins oculaires. Un _‘adoud_ désigne l’avant-bras (entre le coude et l’épaule). Ce terme a été emprunté métaphoriquement car il a le même sens que _yad_ (main ou bras). C’est ce qu’il signifie ici : « donner un coup de main ».
Le verset présente deux arguments réfutant l’idée que le contrôle de la régulation de l’univers (_wilāyat al-tadbīr_) a été octroyé à Iblīs et sa progéniture.
Tout d’abord, diriger quelque chose suppose avoir une connaissance complète, au sens plein du terme, des choses qui sont dirigées et une connaissance de tous les liens internes et externes régissant ces choses : ce dont elles proviennent, ce qui leur est associé et où elles finissent. Il y a un lien existentiel entre les éléments constituant l’univers. Dieu n’a pas fait d’Iblīs et sa progéniture des témoins de Sa création des cieux et de la terre ou même de leurs propres créations. Ils n’étaient pas témoins lorsqu’Il (swt) dit aux cieux et à la terre : « Sois ! » et ils furent, ou lorsqu’Il (swt) dit à Iblīs et à sa progéniture : « Sois ! » et ils furent. Ils ignorent la réalité des cieux et de la terre et des secrets de la création de leur propre existence individuelle. S’ils ignorent la réalité de leur propre conception, comment pourraient-ils avoir le contrôle de leur régulation ou même en prendre part ? Comment pourraient-ils être des dieux ou des seigneurs à la place de Dieu alors qu’ils ignorent la création des cieux et de la terre, et même la création de leurs propres personnes ?
Ils n’ont pas assisté à la création des cieux et de la terre parce qu’ils sont tous limités, sans possibilité de comprendre ce qui est au-delà d’eux-mêmes. Tout le reste leur est caché, recouvert d’un voile. Cela est clair. Dieu nous en a informé dans diverses parties de Sa révélation. De même, la question des causes qui précèdent sa propre existence et les conséquences qui suivront son existence lui sont cachées.
Quiconque regarde attentivement et examine la question verra qu’il s’agit d’une preuve rationnelle et non d’une preuve argumentative. L’examen minutieux est nécessaire pour ne pas confondre ce jeu que nous appelons planification avec la planification cosmologique de Dieu qui ne se trompe ni ne s’égare, et pour ne pas confondre les conjectures et les croyances erronées, que nous faisons circuler et sur lesquelles nous nous appuyons, avec la connaissance visuelle, qui est la vraie connaissance. La personne attentive ne confondra pas non plus la connaissance des choses invisibles, généralement perçues par leurs signes et leurs indications, avec la véritable connaissance de l’invisible, grâce à laquelle l’invisible devient visible.
Deuxièmement, chaque espèce de la création tend, par son instinct, à atteindre une forme de perfection qui lui est propre. Cela est élémentaire pour quiconque fait des recherches et examine sa condition. La guidance divine est accessible à tous, comme Il (swt) le dit :
(20 : 50) *Celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée*
À suivre inshaAllah
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 28ème partie*
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Le Noble Coran



















