L'Iran appelle à une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et à un rôle accru des BRICS dans la gouvernance mondiale

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L'Iran appelle à une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et à un rôle accru des BRICS dans la gouvernance mondiale

 

L'Iran appelle à une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et à un rôle accru des BRICS dans la gouvernance mondiale

May 15, 2026 by French Presstv

L’Iran, représenté par son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a appelé, lors de la réunion des ministres des BRICS à New Delhi, à une réforme profonde de l’ONU et du Conseil de sécurité, jugés inégalitaires et inefficaces. Il a également plaidé pour un rôle accru des BRICS dans la gouvernance mondiale. Critiquant le multilatéralisme actuel, Araghchi a dénoncé les sanctions unilatérales et l’omission du Conseil de sécurité face aux agressions contre l’Iran. Il a appelé à une gouvernance internationale plus juste, fondée sur la souveraineté, la justice, le respect des droits et la diversité.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé les États membres des BRICS à œuvrer ensemble pour des réformes profondes au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU) et des principales organisations internationales. Il a estimé que les structures internationales ont perdu leur légitimité et ne servent que les intérêts d’un groupe restreint de puissances mondiales.

S’exprimant vendredi 15 mai lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS à New Delhi, M. Araghchi a insisté sur le fait que le monde traverse actuellement « une période d’instabilité structurelle et une profonde crise de confiance » dans laquelle les institutions chargées de réguler l’ordre mondial ne sont plus capables de répondre aux réalités du XXIe siècle.

À ce moment, a-t-il averti, « le fossé entre les pays émergents et les structures de décision traditionnelles » menace non seulement la stabilité internationale, mais alimente aussi « une injustice généralisée dans la répartition du pouvoir, des richesses et des opportunités de développement ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères a également critiqué le « multilatéralisme de façade » au sein de l’ONU et des organisations internationales : « Ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans certaines institutions internationales n’est pas du “multilatéralisme”, mais plutôt une tentative de préserver l’“unilatéralisme” sous couvert de droit international ».

Dans ce contexte, M. Araghchi a dénoncé « l’instrumentalisation des lois », « l’imposition de sanctions unilatérales » ainsi que « le mépris des droits et de la souveraineté nationale des pays », qu’il a qualifiés de « signes d’une crise profonde de la gouvernance mondiale ».

Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé qu’un système international qui confie la prise des décisions cruciales pour l’humanité « à un groupe limité de pays », tout en marginalisant les pays en voie de développement, a perdu sa légitimité.

Araghchi a dénoncé aussi les sanctions unilatérales, les qualifiant d’« outils de terrorisme économique », affirmant qu’elles sont passées d’instruments diplomatiques à des armes de guerre économique.

Face à cette situation, le ministre iranien a appelé les BRICS à renforcer leurs mécanismes financiers indépendants. Selon lui, la lutte contre le terrorisme économique et la mise en place de mécanismes financiers indépendants au sein des BRICS constituent « une nécessité incontestable pour préserver l’indépendance et la souveraineté nationale des pays ».

M. Araghchi, a appelé à des réformes fondamentales des organisations internationales, en particulier du Conseil de sécurité de l’ONU, qualifiant l’organe actuel de « symbole évident d’inefficacité et de déséquilibre ».

Il a dénoncé le silence du Conseil de sécurité face à l’agression américano-israélienne contre l’Iran, évoquant entre autres les attaques contre les infrastructures sensibles du pays, incluant les raffineries, complexes pétrochimiques, ponts, voies ferrées, stades, centres culturels et historiques, lignes de transfert d’énergie et grandes installations industrielles. 

Ces infrastructures ne sont pas seulement des équipements techniques ou économiques ; elles constituent l’épine dorsale de la vie quotidienne de la population », a-t-il souligné.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a averti que le silence face à de telles agressions risque d’établir un précédent dangereux.

« Si aujourd’hui nous restons silencieux face aux souffrances du peuple iranien […] ou si nous fermons les yeux pour des considérations politiques, ce cycle de violence et d’instabilité pourra se propager demain dans n’importe quelle autre partie du monde », a-t-il ajouté.

M. Araghchi a insisté sur le fait que la réforme du Conseil de sécurité n’est « pas un choix, mais une nécessité pour la survie des Nations unies ».

« Nous souhaitons que cet organe représente réellement tous les continents et toutes les régions du monde, et qu’au sein de ce conseil le pouvoir soit réparti avec responsabilité et justice, alors que le Conseil actuel ne sert que les intérêts de quelques puissances opportunistes et agressives », a-t-il déclaré.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a exposé la vision de l’Iran d’une gouvernance internationale réformée, fondée sur quatre principes : la justice remplaçant la force, la souveraineté nationale comme principe essentiel, le respect des droits de tous les êtres humains et la reconnaissance de la diversité culturelle et politique.

Il a présenté les BRICS comme une pierre angulaire potentielle d’un véritable multilatéralisme, représentant une part importante de la population et de l’économie mondiales.

Au sein des BRICS, nous devons travailler non pas à créer un bloc conflictuel, mais à établir un équilibre stratégique », a-t-il préconisé. « Notre coopération dans les domaines économique, financier et technologique peut réduire la dépendance vis-à-vis des structures monopolistiques et ouvrir la voie à une plus grande indépendance ainsi qu’à un développement durable. »

Le ministre iranien des Affaires étrangères a plaidé pour le passage d’une « gestion de crise » à une « gestion structurelle », exhortant les participants à mobiliser les capacités des BRICS afin de reconstruire la gouvernance mondiale et restaurer la crédibilité du multilatéralisme.

 

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