تقي زاده
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 30ème partie
(18 : 52) *Et le jour où Il dira : « Appelez ceux que vous prétendiez être Mes associés ». Ils les invoqueront ; mais eux ne leur répondront pas, Nous aurons placé entre eux une vallée de perdition.*
C’est un troisième rappel de la réfutation manifeste du lien entre les polythéistes et leurs associés le Jour de la Résurrection. Il est ainsi confirmé qu’aucune des affirmations des polythéistes à leur sujet n’est vraie.
« *Et le jour où Il dira* » : Le sujet du verbe est Dieu, tel qu’il apparaît dans le contexte. Cela veut dire : « Mentionnez-leur le jour où Dieu leur dira : « Appelez ceux que vous prétendiez être Mes associés. Appelez-les mais ils ne vous répondront pas. Il sera alors évident que je n’ai pas d’associés. Si j’en avais, ils vous répondraient. » »
« *Nous aurons placé entre eux une vallée de perdition (_mawbiqan_)*. » _Mawbiq_ est un nom dérivé du verbe _wabaqa_ qui veut dire « il périt ». Ce segment signifie donc : « Nous placerons un lieu de perdition entre les polythéistes et leurs associés. » Les gens ont interprété ce _mawbiq_ ou lieu de perdition comme étant l’enfer ou un endroit dans l’enfer où les deux groupes – les polythéistes et leurs associés – périront. Cependant, en réfléchissant à Ses paroles, on ne peut pas soutenir cette interprétation. En effet, le verset utilise le mot « associés » pour désigner également les anges, certains Prophètes, et certains saints (_awliyāʾ_) – ils pourraient même être ceux qui sont principalement désignés par « associés ». Le pronom généralement utilisé pour désigner les êtres dotés d’un intellect est employé pour les désigner à plusieurs reprises, et rien ne prouve qu’il ne désigne que les djinns et les rebelles dans le contexte. On prétend que le fait qu’ils soient séparés est la preuve qu’il ne s’agit que des djinns et des rebelles, mais ce n’est que la première des nombreuses failles de ce raisonnement.
Placer un _mawbiq_ entre eux peut consister à défaire et à rompre le lien entre eux, alors qu’ils pensaient qu’il existait un lien de propriétaire à propriété et de cause à effet entre leurs associés et eux-mêmes. Il est fait allusion à cela en plaçant un _mawbiq_ entre eux, dans lequel le lien et la relation périssent sans qu’aucune des deux parties du lien ne périsse. Il y fait allusion de façon éloquente, d’abord en qualifiant leur interpellation de _nidā_ : « *Appelez ceux (nādoū) que vous prétendiez être Mes associés* ». _Nidāʾ_ (appeler) n’est employé que lorsque l’autre est très éloigné, ce qui prouve la distance qui les sépare.
Le même sens est évoqué ailleurs dans le Qour’an :
(6 : 94) *Nous ne vous voyons point accompagnés des intercesseurs que vous prétendiez être des associés. Il y a certainement eu rupture entre vous : ils vous ont abandonnés, ceux que vous prétendiez [être vos intercesseurs].*
(10 : 28) *Puis, Nous dirons à ceux qui ont donné [à Allah] des associés : « À votre place, vous et vos associés. » Nous les séparerons les uns des autres et leurs associés diront : « Ce n’est pas nous que vous adoriez ».*
(18 : 53) *Et les coupables verront le Feu. Ils sauront alors (_wa ẓannou_) qu’ils y tomberont (_mouwāqiʿouhā_) et n’en trouveront pas d’échappatoire.*
L’utilisation du mot « *coupables* » au lieu de « ceux qui ont associé d’autres (à Dieu) » indique qu’il s’agit d’une règle générale qui s’applique à tous les coupables. _Ẓannou_ signifie « ils sauront », dit-on, et cette interprétation est confirmée par la clause suivante « *et n’en trouveront pas d’échappatoire* ».
On dit que _mouwāqiʿouhā_ signifie qu’ils vont tomber dans le feu. Cependant, il ne serait pas surprenant que la chute se produise en deux temps : ils tomberont dans le feu lorsqu’ils y entreront, et le feu leur « tombera » dessus lorsqu’il sera alimenté par eux.
« *et n’en trouveront pas d’échappatoire (_maṣrifan_)* » : _Maṣrif_ est un nom de lieu dérivé de _ṣarf_ qui veut dire « se tourner » ; c’est-à-dire qu’ils ne trouveront pas de lieu vers lequel se tourner pour échapper au feu. Il n’y a pas d’échappatoire.
(18 : 54) *Et assurément, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Qour’an, toutes sortes d’exemples. L’homme, cependant, est de tous les êtres le plus grand disputeur (_jadalan_).*
Quelque chose de similaire a été énoncé en 17 : 89. _Jadal_ signifie « discours » sous forme de dispute et de contestation. Les versets 18 : 54-59 menacent de punition après les rappels précédents.
(18 : 55) *Qu’est-ce qui a donc empêché les gens de croire (_youʾminoū_), lorsque le guide leur est venu, ainsi que de demander pardon (_yastaghfiroū_) à leur Seigneur, si ce n’est qu’ils veulent subir le sort des Anciens, ou se trouver face à face avec le châtiment ?*
Le mot _yastaghfiroū_ (demander pardon) est relié par la conjonction « ainsi que » à _youʾminoū_ (croire). Ce qui signifie donc : Rien n’empêchait les gens de croire et de demander pardon lorsque le guide leur est venu.
« … *si ce n’est qu’ils veulent subir le sort des Anciens* » veut dire « à moins qu’ils ne veuillent qu’on leur fasse ce qui a été fait aux peuples anciens, à savoir être détruits par un châtiment divin. »
Le segment « *ou se trouver face à face avec le châtiment* » est relié au précédent par la conjonction « ou » qui était lui-même relié à _youʾminoū_. Cela veut dire : « ou qu’ils veulent se retrouver face à face avec le châtiment et le voir ». Devenir des croyants ne les aidera pas à ce moment-là, car cela reviendrait à devenir des croyants après avoir été témoins du châtiment divin. Comme Il le dit :
(40 : 85) *Mais leur croyance, au moment où ils eurent constaté Notre rigueur, ne leur profita point.*
En bref, cela signifie que les gens ne cherchent pas à avoir une foi qui leur serait bénéfique. Ce qu’ils veulent, c’est être détruits par le châtiment divin, tout comme les anciens. Ils périront sans devenir croyants, ou, lorsqu’ils verront le châtiment, ils se mettront à croire par désespoir, mais leur croyance ne leur sera d’aucun bénéfice.
Le fait qu’ils aient été empêchés de croire et les conséquences qui en découlent (_iqtiḍāʾ_) selon le verset sont métaphoriques. Cela veut dire qu’ils se sont détournés de la vérité à cause de leur mauvaise intention. Ainsi, les efforts excessifs que les exégètes ont déployés pour expliquer et évaluer, soulever des arguments et les réfuter sont futiles.
(18 : 56) *Et Nous n’envoyons les Messagers que pour annoncer la bonne nouvelle et avertir. Et ceux qui ont mécru disputent avec de faux arguments, afin d’infirmer (_youdḥiḍou_) la vérité et prennent en raillerie (_wat-taqhazoū_) Mes versets ainsi que ce [châtiment] dont on les a avertis.*
Il s’agit dans ce verset de consoler le Saint Prophète (s) afin qu’il ne soit pas découragé par le rejet des gens et par le fait qu’ils tournent le dos au rappel de Dieu. Les Messagers n’avaient pour mission que de donner de bonnes nouvelles et des avertissements. Il n’y a pas de mal à ce qu’ils ne fassent pas plus que cela. Ce verset est un retour à ce qui a été dit au début du chapitre : « *Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu’ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours !* » (18 : 6)
Ce verset constitue aussi une sorte de menace à l’égard des mécréants qui se moquent.
_Daḥḍ_ veut dire « périr » et _idḥāḍ_ désigne le fait de causer la perte ou l’assujettissement. _Houzoūʾ_ veut dire « se moquer ». Le nom verbal a le même sens que l’objet (la moquerie). Le sens du verset ne présente pas de difficulté.
(18 : 57) *Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui s’en détourne en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leur cœur, de sorte qu’ils ne comprennent pas, et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les guides vers la bonne voie, jamais ils ne suivront le bon chemin dans ce cas.*
Ce verset fait état de la gravité et de l’énormité de leur méfait. On dit d’un méfait qu’il est puissant ou énorme, en fonction de la personne contre laquelle il est commis. S’il est commis contre Dieu et Ses transmissions, il est plus grand que tout autre méfait.
La clause « *en oubliant ce que ses deux mains ont commis* » montre que le Prophète (s) n’est pas perturbé par ceux qui se détournent de la vérité et qui se moquent de lui, car il sait que les transmissions sont vraies.
« *Nous avons placé des voiles sur leur cœur, de sorte qu’ils ne comprennent pas, et mis une lourdeur dans leurs oreilles.* » Cette phrase explique la raison pour laquelle ils tournent le dos aux transmissions de Dieu, en même temps que la raison pour laquelle ils oublient ce que leurs deux mains ont commis. Ce que le Livre entend par « *placé des voiles sur leur cœur » et « une lourdeur dans leurs oreilles* » a déjà été discuté à plusieurs reprises (voir ci-dessus).
« *Même si tu les guides vers la bonne voie, jamais ils ne suivront le bon chemin dans ce cas* » exprime le désespoir de voir ces personnes croire un jour, dès lors que Dieu a placé un voile sur leur cœur et leurs oreilles. Après cela, ils ne pourront plus être guidés par eux-mêmes et comprendre la vérité, ni être guidés par les autres en les écoutant et en les suivant. La preuve en est dans la phrase : « *Même si tu les guides vers la bonne voie, jamais ils ne suivront le bon chemin dans ce cas* » car elle met l’accent sur la négation et la complète avec _idhan_ (« *dans ce cas* ») qui est la conséquence et la réponse.
Roūḥ al-maʿānī dit :
« Les déterministes (_Jabriyya_) s’appuient sur ce verset comme preuve de leurs croyances, tandis que ceux qui croient au libre arbitre absolu (_qadariyya_) s’appuient sur le précédent. [Al-ʿĀloūssī] dit : « Il est rare dans le Qour’an de trouver un verset qui soutient l’une des croyances de ces deux groupes sans qu’un verset en faveur des croyances de l’autre groupe ne l’accompagne. Cela n’est rien d’autre qu’un test difficile que Dieu a imposé à Ses serviteurs pour distinguer les savants qui ont des bases solides en matière de connaissance et les adeptes. » »
*Remarque de l’auteur* : Les deux versions sont vraies. La conséquence inévitable de cela est la preuve que les serviteurs ont un libre arbitre dans leurs actions alors que Son autorité souveraine s’étend sur tout, y compris sur les actes des serviteurs. C’est la position doctrinale adoptée par les Gens de la Maisonnée (a).
À suivre inshaAllah ?
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 36ème partie
(18 : 78) *« Ceci [marque] la séparation entre toi et moi, dit [l’homme,] Je vais t’apprendre l’interprétation de ce que tu n’as pu supporter avec patience.*
Le pronom démonstratif *« ceci »* fait référence à ce que Moïse a dit, c’est-à-dire « cette chose que tu as dite est la raison de la séparation entre toi et moi ». Ou encore, il fait référence au temps, c’est-à-dire au temps de la séparation entre lui et Moïse. C’est ce que certains prétendent. Il pourrait également se référer à la séparation elle-même, c’est-à-dire que cette séparation est venue, comme si elle se rapportait à l’invisible et que l’heure de la séparation était arrivée lorsque Moïse a dit : *« Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire. »* Al-Khiḍr dit : *« Ceci [marque] la séparation entre toi et moi »* et pas juste « entre nous », pour le mettre en exergue. Il ne le dit qu’après la troisième objection car avant celle-ci, Moïse s’était excusé (après la première objection) et avait demandé une autre chance (après la deuxième objection). Pour ce qui est de la séparation après la troisième fois, Moïse a fourni une excuse à al-Khiḍr car il avait dit après la deuxième objection : *« Si, après cela, je t’interroge sur quoi que ce soit, alors ne m’accompagne plus. »* Le reste du verset est clair.
(18 : 79) *Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau.*
Ce verset commence par fournir des explications détaillées – ce qu’al-Khiḍr avait vaguement promis (*« tant que je ne t’en aurai pas fait mention. »*)
_An aʿībahā_ veut dire « Je voulais le rendre défectueux ». Ce qui indique que *« tout bateau »* désigne tout bateau non endommagé.
*« …il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau »* : Le mot _warāʾ_ veut dire *« derrière »*, c’est-à-dire l’adverbe désignant un lieu, à l’opposé de l’autre adverbe désignant un lieu, auquel une personne fait face appelé « avant » ou « devant ». Cependant, il peut également être utilisé pour parler de ce dont une personne n’a pas conscience, lorsqu’il y a quelqu’un qui lui veut du mal ou qui veut lui causer du tort, même si celui-ci est devant elle, ou lorsque quelque chose détourne son attention de cette chose, ou lorsqu’une chose rend une personne trop préoccupée par elle-même pour toute autre chose, comme lorsqu’une personne détourne son visage de la direction à laquelle elle fait face. Dieu dit :
(23 : 7) *…alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites (_warāʾa dhalika_) sont des transgresseurs…*
(42 : 51) *Il n’a pas été donné à un mortel qu’Allah lui parle autrement que par révélation, ou de derrière (_warāʾa_) un voile.*
(85 : 20) *alors qu’Allah, derrière eux, les cerne de toutes parts (_min warāʾihim mouḥīṭ_).*
En bref, cela signifie : « Le bateau appartenait à un certain nombre de gens pauvres qui travaillaient et vivaient de la mer. Il y avait un roi tyrannique qui ordonnait la saisie des bateaux, alors j’ai voulu y faire un trou pour le rendre défectueux afin que le tyran ne le convoite pas et le leur laisse. »
(18 : 80) *Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants ; nous avons craint (_fa-khashīnā_) qu’il ne leur imposât la rébellion et la mécréance.*
Ce qui est le plus probable d’après le contexte du verset et d’après la déclaration à venir *« Je ne l’ai d’ailleurs pas fait de mon propre chef »* – c’est que _khashīnā_ signifie métaphoriquement, « nous nous inquiétions de la bonté et de la compassion » et non le sens littéral de l’état émotionnel en soi que Dieu et Ses Prophètes ne connaissent pas. Comme dit Dieu :
(33 : 39) *Ceux qui communiquent les messages d’Allah, Le craignant et ne redoutent nul autre qu’Allah…*
*« … qu’il ne leur imposât la rébellion et la mécréance (_an yourhiqahoumā ṭoughyānan wa koufran_) »* veut dire que le garçon aurait pu mener ses parents à cela, c’est-à-dire à la désobéissance et l’ingratitude, en les détournant et en ayant un effet psychologique sur eux du fait de leur immense amour pour lui.
Cependant, le verset suivant _wa aqraba rouḥman_ (*« et plus affectueux »*) soutient que la désobéissance et l’ingratitude sont en fait deux compléments qui déterminent _irhāq_ (imposer), c’est-à-dire que ce sont deux attributs du garçon et non des parents.
(18 : 81) *Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur (_zakatan_) et plus affectueux (_aqraba rouḥman_).*
*« Plus pur »* que lui en termes de zakat veut dire meilleur que lui en termes de rectitude (ṣalāḥ) et foi (_īmāne_) comme attesté par le fait de l’opposer à la rébellion (_ṭoughyān_) et la mécréance (_koufr_) dans le verset précédent. On dit que la racine de _zakat_ désigne la pureté. *« Plus affectueux (_rouḥman_) »* veut dire plus attentionné envers ses parents (_awṣal li-l-raḥim_) et sa famille. Il ne leur mettra donc pas la pression. Le mot _aqrab_ (plus proche) ne peut pas s’interpréter comme « plus miséricordieux » envers eux. Ceci, comme le lecteur s’en rendra compte, confirme l’interprétation du verset précédent (_yourhiqahoumā ṭoughyānan wa-koufran_) comme un garçon accablant ses parents par sa rébellion et sa mécréance, sans aller jusqu’à les pousser à franchir les limites appropriées et à les accabler pour qu’ils tombent dans la mécréance.
Le verset, en tout cas, fait allusion au fait que la foi de ses parents comptait beaucoup pour Dieu et qu’ils méritaient un bon fils qui soit affectueux envers ses parents. Ce qui était prescrit chez le garçon était contraire à cela et Dieu a donc ordonné à al-Khiḍr de le tuer afin qu’Il puisse le remplacer par un enfant qui serait meilleur et plus attentionné envers eux.
À suivre inshaAllah
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 37ème partie
(18 : 82) *Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux ; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu’ils extraient, [eux-mêmes] leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l’ai d’ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l’interprétation de ce que tu n’as pas pu endurer avec patience. »*
Il ne serait pas étonnant de déduire du contexte que la ville mentionnée dans ce verset n’est pas la même que celle dans laquelle ils ont trouvé le mur qu’il a redressé. S’il s’agissait d’une seule et même ville, il n’y aurait pas eu besoin de dire que les deux orphelins étaient dans la ville. L’attention du lecteur/auditeur est attirée sur le fait qu’eux et ceux chargés de veiller sur eux n’étaient pas présents dans la ville.
Le fait de mentionner que les garçons étaient orphelins, qu’il y avait un trésor leur appartenant sous le mur, que si le mur s’effondrait, il serait exposé et perdu, et que leur père était juste, est un prélude et une introduction à l’affirmation *« Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu’ils extraient leur trésor »* et la clause *« par une miséricorde de ton Seigneur »* montre qu’il s’agissait de Sa volonté.
C’est par Sa miséricorde qu’Il (swt) a souhaité qu’ils atteignent leur maturité pour extraire leur trésor. Le fait qu’ils puissent extraire eux-mêmes leur trésor dépendait du redressement du mur par al-Khiḍr. La raison de la miséricorde de Dieu envers eux était la droiture de leur père. Il était mort en laissant un trésor à ses orphelins.
Il y a beaucoup de discussions relatives à la droiture de leur père et le trésor qui leur appartenait sous le mur, dont la signification apparente est que leur père l’avait thésaurisé. Cette controverse s’appuie sur la croyance que la thésaurisation est répréhensible selon le verset :
(9 : 34) *À ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux.*
Cependant, le verset ne mentionne que le fait qu’il y avait un trésor leur appartenant sous le mur, sans indiquer que c’était leur père qui l’avait enterré et amassé. De plus, le fait que leur père soit décrit comme étant vertueux est la preuve que, quel que soit ce magot, ce n’était pas quelque chose de répréhensible, en admettant que ce soit leur père qui l’ait thésaurisé. En outre, il est possible que leur père vertueux l’ait thésaurisé pour eux pour une bonne raison. Qu’est-ce qui pourrait être plus grave que de faire un trou dans un bateau et de prendre la vie d’une personne dont le sang ne doit pas être versé - deux choses qui apparaissent dans l’histoire et qui ont été rendues permissibles par une explication sur ordre divin ? Il y a quelques traditions orales pertinentes sur cette question ci-dessous, si Dieu le veut.
Il est prouvé dans ce verset que la droiture d’une personne peut permettre à ses enfants d’hériter d’un bel héritage et peut les rendre heureux et bons. Ainsi, ce verset - sur la bonté - est comparable à :
(4 : 9) *Que la crainte saisisse ceux qui laisseraient après eux une descendance faible, et qui seraient inquiets à leur sujet…*
*« Je ne l’ai d’ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l’interprétation (_taʾwīl_) de ce que tu n’as pas pu endurer avec patience (_mā lam tasṭiʿ ʿalayhi ṣabran_). »*
C’est une allusion au fait que quoi qu’il ait pu faire, il l’avait fait sur l’ordre de Dieu et non parce qu’il l’avait lui-même décidé.
_Ma lam tasṭiʿ alayhi ṣabran_ veut dire la même chose que _mā lam tastaṭiʿ ʿalayhi ṣabran_ (*« ce que tu n’as pas pu endurer avec patience »*).
Il est expliqué au début de l’exégèse de la Sourate Ali Imran que, selon la convention Coranique, le _taʾwīl_ (*« interprétation »*) est la réalité que contient une chose, son origine et ce sur quoi elle se fonde, comme le _taʾwīl_ d’un rêve qui signifie son interprétation. Le _taʾwīl_ d’une règle signifie la raison de celle-ci. Le _taʾwīl_ d’une action signifie le bénéfice à l’accomplir et son véritable but. Le _taʾwīl_ d’un incident signifie la véritable raison de celui-ci etc.
*« Voilà l’interprétation de ce que tu n’as pas pu endurer avec patience »* est une allusion d’Al-Khiḍr au fait que les justifications qu’il avait données pour les trois incidents et ses actes face à ces incidents étaient les véritables raisons de ceux-ci, et non les raisons apparentes qui, selon Moïse, pouvaient être liées aux actions d’Al-Khiḍr, à savoir causer la mort de ces gens en faisant un trou dans le bateau, tuer un garçon de manière injustifiée et ne pas considérer leur propre approvisionnement en redressant le mur.
Certains disent qu’un exemple de la remarquable politesse dont faisait preuve Al-Khiḍr envers son Seigneur lorsqu’il parlait était d’attribuer à lui-même les actions non exemptes de faute, comme *« Je voulais donc le rendre défectueux »*, et d’utiliser la première personne du pluriel pour désigner ce qui pouvait poliment être attribué à lui-même et à son Seigneur, comme *« nous avons craint »* et *« nous avons donc voulu »*. Il a également attribué à Dieu Seul tout ce qui lui était exclusif du fait qu’il était lui-même subordonné à Son statut de Seigneur (_rouboūbiyya_) et à Sa réglementation de ses biens (_tadbīr moulkihi_) ; par exemple *« Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité »*…
*DISCUSSION HISTORIQUE EN DEUX PARTIES*
*1. L’histoire de Moïse et d’Al-Khiḍr dans le Qour’an*
Dieu a révélé à Moïse qu’il y avait parmi Ses serviteurs quelqu’un qui avait une connaissance que Moïse n’avait pas. Il lui a dit que s’il se rendait à l’endroit où les deux mers se rejoignent, il l’y trouverait – c’est là que le poisson mort reviendrait à la vie ou serait perdu.
Moïse a pris la décision de rencontrer ce savant et d’acquérir éventuellement un peu de son savoir. Il a fait part de sa décision à son serviteur et ils se sont mis en route vers l’endroit où les deux mers se rejoignent. Ils ont pris un poisson mort avec eux et ont marché jusqu’à arriver au confluent des mers. Ils étaient fatigués. Il y avait un rocher au bord de la mer et ils s’y sont réfugiés pour se reposer un peu. Ils ont oublié leur poisson à cause de leur distraction.
Tout à coup, le poisson a bougé et est tombé dans la mer, revenu à la vie - ou bien il est tombé, encore mort, et a coulé. Le serviteur l’a observé, émerveillé par son exploit. Cependant, il a oublié d’en parler à Moïse jusqu’à ce qu’ils quittent l’endroit et dépassent l’endroit où les deux mers se rencontrent. Ils étaient épuisés et Moïse a dit alors : « Apporte-nous notre déjeuner, car nous sommes fatigués après un tel voyage. »
Le serviteur a alors rapporté l’incident du poisson dont il a été témoin et a dit à Moïse : « Quand nous avons pris refuge près du rocher, le poisson est revenu en vie et est tombé dans la mer, nageant jusqu’à plonger dans ses profondeurs. Je voulais t’en parler mais Shaytan m’a fait oublier. » Une autre version est : « J’ai oublié le poisson près du rocher ; il est tombé dans la mer et a coulé. »
Moïse a dit : « Voilà ce que nous cherchions. Retournons là-bas. » Puis, ils sont retournés sur leurs pas et ont trouvé un des serviteurs de Dieu à qui Dieu avait accordé une grâce de Sa part et à qui Il avait enseigné une science émanant de Lui-Même. Moïse a demandé à ce serviteur s’il pouvait le suivre, afin qu’il lui enseigne un peu de la bonne direction que Dieu lui avait appris.
Le savant lui a dit : « Vraiment, tu ne pourras pas endurer ce que tu verras de mes actes, dont la signification ne fait pas partie de tes connaissances. Comment endurerais-tu des choses que tu n’embrasses pas par ta connaissance ? » Moïse lui a donc promis d’être patient et de ne pas désobéir à ses ordres, si Dieu le veut. Suite à ce que Moïse lui a demandé et a promis, le savant dit à Moïse : « Si tu me suis, ne m’interroge sur rien tant que je ne t’en aurai pas fait mention. »
Là-dessus, Moïse et le savant se sont mis en route avant d’embarquer sur un bateau avec d’autres passagers. Moïse n’avait aucune idée des intentions du savant. Le savant a alors fait un trou si grand dans le bateau qu’il allait inévitablement couler. Cela a choqué Moïse et lui a fait oublier ce qu’il avait promis, alors il a demandé au savant : « Est-ce pour noyer ses occupants que tu l’as ébréché ? Tu as commis, certes, une chose monstrueuse ! » Le savant lui a répondu : « N’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ? » Moïse s’est excusé en disant qu’il avait oublié sa promesse d’être patient : « Ne t’en prends pas à moi, dit [Moïse,] pour un oubli de ma part ; et ne m’impose pas de grande difficulté dans mon affaire. »
Ils ont continué un peu avant de rencontrer un garçon. Le savant l’a tué et Moïse n’a pu s’empêcher de s’indigner et de le condamner pour cela, en disant :
(18 : 74) *« As-tu tué un être innocent, qui n’a tué personne ? Tu as commis certes, une chose affreuse ! »*
Le savant lui a dit pour la deuxième fois :
(18 : 75) *« Ne t’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ? »*
Tout ce que Moïse avait en guise d’excuse et pour l’empêcher de l’abandonner - ce dont son âme n’était pas satisfaite - était de lui demander de le laisser l’accompagner pour le moment. Il pourrait laisser Moïse s’il lui posait une autre question. Il a demandé une autre chance en disant :
(18 : 76) *« Si, après cela, je t’interroge sur quoi que ce soit, dit [Moïse,] alors ne m’accompagne plus. Tu seras alors excusé de te séparer de moi. »*
Le savant a accepté. Ils ont ensuite repris la route jusqu’à ce qu’ils arrivent à une ville. Comme ils avaient faim, ils ont demandé de la nourriture aux habitants, mais aucun d’entre eux n’était disposé à les accueillir comme invités. Ils sont alors tombés sur un mur sur le point de s’effondrer - ce que les gens craignaient - et le savant l’a redressé. Moïse lui a dit :
(18 : 77) *« Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire.* [Ce qui aurait permis d’assouvir notre faim. Nous en avions besoin car les gens refusaient de nous inviter.] »
Le savant lui a alors dit :
(18 : 78-79) *« Ceci [marque] la séparation entre toi et moi, dit [l’homme,] Je vais t’apprendre l’interprétation de ce que tu n’as pu supporter avec patience. Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau.*
(18 : 80) *« Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants ; nous avons craint qu’il ne leur imposât la rébellion et la mécréance.* [Cependant, la miséricorde divine s’est manifestée sur eux et Il m’a ordonné de le tuer afin qu’Il (swt) puisse le remplacer par un enfant plus pur et plus attentionné. Je l’ai tué comme Il (swt) me l’avait ordonné.]
(82) *Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux ; et leur père était un homme vertueux.* [Et c’est ainsi que la miséricorde divine s’est déversée sur eux en raison de la droiture de leur père ; Dieu m’a ordonné de redresser le mur afin qu’il reste debout jusqu’à ce qu’ils atteignent la maturité et déterrent leur trésor. S’il s’était effondré, la nature de leur trésor aurait été mise à nu et le peuple en aurait eu connaissance.] »
Al-Khiḍr a dit :
(18 : 82) *« Je ne l’ai d’ailleurs pas fait de mon propre chef.* [Je l’ai fait sous l’ordre de Dieu. La raison en est ce que je t’ai expliqué.] »
Il s’est ensuite séparé de Moïse.
À suivre inshaAllah
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 29ème partie
Les _shayṭāns_ sont des malfaiteurs qui détournent les gens du droit chemin, de sorte que leur intervention pour réglementer les affaires des cieux, de la terre ou de l’humanité – ce qui ne se produira jamais à moins que Dieu ne le permette – serait contradictoire par rapport à la coutume divine (_sunna_) de guider tout le monde, puisque cela reviendrait à diriger les gens vers ce qui est bon par le biais de quelque chose dont le seul but est de semer le trouble et vers la guidance par le biais de quelque chose dont la spécialité est d’égarer. Cela est impossible.
C’est ce que veut dire le segment « *Et Je n’ai pas pris comme aides ceux qui égarent [les autres]* ». Le sens manifeste est que ce n’est pas Sa coutume (_sunna_) de prendre ceux qui égarent comme aides.
Le fait qu’Il dise : « *Je ne les ai pas pris comme témoins…* » au lieu de « ils n’étaient pas témoins » prouve qu’Il (swt) est Celui qui soumet (_al-Qāhir_), le Maître (_al-Mouhaymine_) par rapport à eux sur tout événement. Ceux qui disent que les diables, les anges ou autres sont partenaires de Dieu en matière de régulation des affaires ne disent pas qu’ils sont autonomes à cet égard mais plutôt qu’ils sont en possession des affaires de Dieu. (Selon ces gens) cette possession leur est confiée par délégation de Sa part – ils sont seigneurs et dieux et Dieu est le Seigneur des seigneurs et le Dieu des dieux.
L’interprétation ci-dessus du verset est basée sur la lecture de _ishhād_ au sens littéral du mot et des deux pronoms à la troisième personne du pluriel dans « *Je ne les ai pas pris comme témoins* » et « *de leurs propres personnes* », comme se référant à Iblīs et sa progéniture – ce qui est manifeste et apparaît clairement du contexte. Toutefois, des exégètes ont exprimé d’autres avis, parmi lesquels :
*Avis 1* : Faire d’eux des témoins de la création des cieux et de la terre est une métaphore pour dire les consulter. En effet, le niveau le plus bas pour confier une responsabilité à quelqu’un est de le consulter à ce sujet. Refuser leur aide revient à refuser tous les autres niveaux d’aide ; ce qui conduit à en être soi-même en charge ou en avoir le contrôle. C’est comme si on disait : « Je ne les ai pas consultés au sujet de la création des cieux et de la terre et je n’ai pas cherché à obtenir une aide quelconque de leur part, alors d’où proviendrait leur autorité sur les cieux et la terre ? »
*Remarque* : Il n’y a pas de fondement contextuel (_qarīna_) justifiant cette interprétation métaphorique et rien n’empêche d’interpréter ces mots littéralement. De plus, il n’y a aucun lien entre le fait d’être consulté sur quelque chose et en avoir la responsabilité, telle que la consultation constituerait un niveau quelconque de mise en responsabilité du consultant.
*Avis 2* : Certains expliquent cela en disant que faire d’eux des témoins est une allusion à la consultation. Une part indissociable de la consultation consiste à les créer comme ils le souhaitent, c’est-à-dire les créer à la perfection. Ne pas faire des _shayṭān_ des témoins de leur propre création signifie qu’ils n’ont pas été créés à la perfection, et qu’ils ne seraient donc pas en mesure d’être en charge de la régulation des affaires.
*Remarque* : Outre le fait que cette interprétation pose le même problème que l’interprétation précédente, notez que :
a. Cela revient à dire quelque chose mais à vouloir dire quelque chose d’autre, comprenant cinq niveaux d’implication : D’après cette interprétation, consulter est concomitant à faire de quelqu’un un témoin. Créer selon les désirs du consultant est concomitant à faire de lui un consultant. Créer ce que souhaite le consultant est concomitant à créer ce qui plaît au consultant. Créer le consultant à la perfection est concomitant à la création de ce qui est agréable pour le consultant. La pertinence de confier une responsabilité au consultant est concomitante à sa création parfaite. Le Livre clair est trop sublime pour des énigmes tels que le fait de dire « faire des témoins » signifierait en réalité créer des êtres parfaits, ou évoquer la pertinence de leur confier une responsabilité en faisant allusion à ce qui est concomitant au sens, quatre ou cinq fois éloigné.
b. Même si cette interprétation était correcte, elle ne serait correcte que pour ce qui est de les rendre témoins de leur propre création et non de la création des cieux et de la terre. Cela signifierait qu’il faudrait distinguer « témoins de leur propre création » et « témoins de la création des cieux et de la terre. »
c. Ce que cette interprétation implique forcément est qu’il serait correct que ceux qui sont créés à la perfection, comme les anges privilégiés, soient aux commandes. Elle concède qu’il est possible pour eux d’avoir le contrôle et qu’il est possible pour eux d’être des seigneurs. Toutefois, cette hypothèse est explicitement réfutée par le Qour’an. Un être qui dépend de Dieu et qui a besoin de Dieu est loin d’être autonome pour se réguler et réguler les autres :
(79 : 5) *et règlent les affaires*
que l’on expliquera (dans cette partie) si Dieu le veut.
*Avis 3* : « Faire d’eux des témoins » est à prendre au sens littéral et les deux pronoms à la troisième personne du pluriel désignent les satans. Cependant, les rendre témoins de leur propre création signifie les rendre témoins de la création des uns des autres, et non pas que chaque individu soit témoin de sa propre création.
*Remarque* : Rejeter l’idée qu’ils soient devenus témoins est concomitante au rejet de l’idée qu’ils soient responsables. Aucun des polythéistes n’a dit que l’un des satans est responsable de quelque autre des leurs. Le but n’est pas de nier la _wilāya_, de sorte que la formulation du verset serait interprétée comme faisant référence à certains d’entre eux comme étant témoins de la création des autres.
*Avis 4* : Le premier pronom fait référence aux satans et le second aux mécréants seulement, ou à eux et à d’autres personnes. Le sens est : « Je n’ai pas rendu les satans témoins de la création des cieux et de la terre, ni de la création des infidèles ou des gens en général – ce qui les aurait rendus maîtres d’eux (si Je l’avais fait). »
*Remarque* : Il faudrait pour cela que les deux pronoms se réfèrent à deux choses différentes.
*Avis 5* : Les deux pronoms font référence aux mécréants. L’imam al-Rāzī dit dans son exégèse :
« Je pense que l’explication la plus probable est que les deux pronoms font référence aux mécréants qui ont dit au Messager (s) : « Si vous ne chassez pas ces pauvres gens de votre assemblée, nous ne croirons pas en vous. » C’est comme s’Il (swt) disait : « Ceux qui ont émis cette suggestion irrecevable et cette véhémence inutile n’étaient pas Mes partenaires dans la régulation du monde, comme en témoigne le fait que Je ne les ai pas rendus témoins de la création des cieux et de la terre ou de leur propre création. Je n’ai pas obtenu leur aide dans la régulation du monde ou de l’au-delà. Au contraire, ils sont identiques au reste de la création, alors pourquoi ont-ils eu l’audace d’émettre cette suggestion invalide ? » C’est similaire à quelqu’un qui vous fait de lourdes suggestions. Vous lui diriez : « Vous n’êtes pas le sultan du pays au point que nous devrions accepter ces énormes suggestions, alors pourquoi nous les faites-vous ? »
Cette interprétation est basée sur le fait qu’un pronom doit faire référence à ce qui vient d’être mentionné. Dans ce verset, il s’agit des mécréants, car ce sont eux qui sont désignés par « les injustes » dans la phrase : « *Quel mauvais échange pour les injustes !* »
*Remarque* : Nous avons à faire à une rupture dans le contexte si nous considérons que le contenu du verset dépend (indirectement) de ce qui a été traité dans : « *Et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur insouciant* » (23 versets plus haut) alors que le discours renvoie déjà au début du chapitre, encore et encore, exemple après exemple, et rappel après rappel. Le sens auquel il croit est extrêmement improbable.
De plus, la suggestion mentionnée ci-dessus faite au Prophète (s) : « Si vous ne chassez pas ces pauvres gens de votre assemblée, nous ne croirons pas en vous » est une suggestion qui n’a rien à voir avec la régulation des affaires du monde et ne justifie pas que « *Je ne les ai pas pris comme témoins* » soit une réponse à cette suggestion. Au contraire, elle montre juste que ces mécréants acceptent de devenir croyants à condition que le Prophète (s) chasse ces gens de son assemblée, sans se fonder sur une quelconque prétention à avoir été des témoins.
*Avis 6* : Une explication similaire est proposée. Ce verset veut dire : « Je ne les ai pas mis au courant des secrets de la création. Ils n’ont pas acquis de Moi quelque chose d’exclusif qui les distingue de tous les autres, de sorte que leur croyance en toi devrait être un exemple à suivre pour les gens. Ainsi, ne désire pas leur aide - il n’est pas approprié pour Moi d’obtenir de l’aide pour Ma religion de ceux qui égarent les autres. »
*Remarque* : Ces deux explications sont encore plus improbables que celle de l’imam al-Rāzī. Comme le verset est loin de signifier ce qu’ils ont concocté !
*Avis 7* : Les deux pronoms font référence aux anges. Ainsi, cela signifie : « Je n’ai pas fait des anges des témoins de la création du monde ou d’eux-mêmes pour qu’ils soient adorés à Ma place. » Il faut ajouter à cela que le segment « *Et Je n’ai pas pris comme aides ceux qui égarent [les autres]* » réfute la tutelle des satans. Pris dans son ensemble, le début et la fin du verset, réfutent la tutelle des deux groupes. Autrement, seule la fin du verset la réfute.
*Remarque* : Le verset précédent ne s’adressait aux mécréants que par rapport à leur affirmation que les satans sont des maîtres. Il se réfère ensuite à eux avec un pronom pluriel dans la clause « *alors qu’ils sont vos ennemis ?* », mais n’aborde aucune des affaires des anges. Ainsi, prétendre que les deux pronoms font référence aux anges et non aux satans bouleverse la logique. Se soucier de rejeter une croyance selon laquelle les anges sont en charge consiste à aborder quelque chose qui n’est pas requis dans le contexte verbal (_siyāq_) et qui n’est pas dicté par le contexte intentionnel (_maqām_).
À suivre inshaAllah ?
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 27ème partie*
(18 : 48) *Et ils seront présentés (ʿouriḍoū) en rang devant ton Seigneur. Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. Et vous pensiez que nous n’allions pas vous fixer de rendez-vous et remplir Nos promesses !*
Le contexte montre que le pronom pluriel (« ils ») dans_ʿouriḍoū_ ainsi que les deux pronoms pluriels dans le verset précédent (« les » et « eux ») font référence aux polythéistes qui sont sûrs d’eux et des causes apparentes auxquelles leur vie est liée. Ils s’accrochent aux ornements de la vie comme s’ils étaient éternels. Cela revient à se déconnecter de leur Seigneur, à nier qu’ils retourneront à Lui et à ne pas se soucier de savoir si ce qu’ils font plaît ou déplaît à Dieu.
C’est ainsi que les polythéistes agissent aussi longtemps que l’épreuve va durer, aussi longtemps que les ornements sont offerts, aussi longtemps que les causes apparentes les entourent et aussi longtemps que la matière n’est pas arrivée à son terme. Puis, au moment venu, les causes seront supprimées, les espoirs anéantis et Dieu transformera tout ce qui s’y trouve en sol aride sans végétation et il ne restera plus que Dieu, eux et leur livre d’actes enregistrés à leur encontre. Ils seront présentés devant leur Seigneur auquel ils ne croyaient pas. S’ils avaient cru en Lui, ils L’auraient adoré. Ils seront présentés en rang pour le jugement décisif, sans espace entre eux ou de distinction entre eux fondée sur leur lignée, leur fortune ou leur position sur terre. Il leur deviendra alors apparent que Dieu est la vérité manifeste et ce qu’ils interpellaient à Sa place, les ornements de la vie auxquels ils s’accrochaient, leur autonomie et les causes préparées à leur intention, n’étaient qu’illusions et ne se substituaient pas à Dieu. Ils avaient tort de s’accrocher à eux, de se détourner de la voie de Dieu et de ne pas suivre ce qu’Il voulait qu’ils suivent. C’était en effet leur conception car ils pensaient à tort qu’il n’y aurait pas d’endroit où ils auraient à se tenir debout et assumer leurs choix.
Cette explication met en exergue le fait que ces quatre phrases (*« Et ils seront présentés », « Vous voilà venus », « Et vous pensiez que » « Et on déposera le livre »*) sont des étapes fondamentales sélectionnées dans le récit complet de ce qui se passera ce jour-là entre eux et leur Seigneur, depuis l’instant où ils seront rassemblés jusqu’à leur jugement. Je me limite à ceux-ci par souci de concision.
*« Et ils seront présentés en rang devant ton Seigneur »* fait premièrement allusion au fait qu’ils n’auront d’autre recours que de retourner à leur Seigneur.
Deuxièmement, ils ne seront pas honorés lors de cette réunion. Ce sont les termes *« devant ton Seigneur »* qui donnent cette impression. S’ils devaient être honorés, nous aurions eu : « leur Seigneur » comme dans les versets :
(98 : 8) *Leur récompense auprès de leur Seigneur sera les Jardins de séjour, sous lesquels coulent les ruisseaux…*
(11 : 29) *… ils auront à rencontrer leur Seigneur…*
Autrement, le verset aurait été : « Et ils seront présentés devant Nous » comme dans les versets précédents.
Troisièmement, les différentes formes de supériorité et signes de distinction dans le monde – la lignée, la fortune et la position dans la société – disparaîtront. Ils seront debout en une seule rangée sans distinction entre les grands et les petits, les riches et les pauvres, les maîtres et les esclaves. La seule marque de distinction ce jour-là sera fondée sur les actes. À ce moment-là, il deviendra clair pour eux qu’ils s’étaient leurrés durant leur vie sur terre et qu’ils s’étaient égarés. Ils entendront donc des propos comme : *« Vous voilà venus à Nous… »*
*« Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. »* Nous avons du style direct. Cela sous-entend : « Il leur dira… » ou « Nous leur dirons : « Vous voilà venus à Nous… » ». Cela met le doigt sur leurs erreurs et leurs égarements dans ce monde car ils se sont accrochés à ses garnitures et à ses ornements, ce qui a détourné leur attention de la voie de Dieu et de la religion.
La clause *« Et vous pensiez que nous n’allions pas vous fixer de rendez-vous »* veut dire la même chose que dans le verset :
(23 : 115) *Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ?*
Même si la phrase semble constituer une digression par rapport à la précédente, le sens sous-entendu est : « Les ornements de ce monde, votre attachement à votre propre personne, et les causes apparentes vous ont détournés de Nous adorer et d’emprunter Notre voie. Vous pensiez en fait que Nous n’allions pas vous fixer un rendez-vous pour Nous rencontrer et Nous rendre des comptes. En d’autres mots, même si le fait que ce monde vous a égaré et le fait que vous vous êtes attachés à ses ornements constituent les raisons pour lesquelles vous vous êtes détournés de Nous et pour lesquelles vous avez commis de nombreuses erreurs, il y avait une raison préalable à tout cela et qui était à l’origine de tout le reste : vous pensiez que Nous n’allions pas vous fixer un rendez-vous. » Oublier la résurrection est la cause première de l’égarement de la voie de Dieu et des mauvaises actions. Dieu dit :
(38 : 26) *ceux qui s’égarent du sentier d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes.*
La raison pour laquelle on leur attribue une croyance erronée - qu’il n’y a pas de résurrection - est que leur engouement pour le monde et leur attachement à ses ornements et à ceux qu’ils invoquent à la place de Dieu correspond à l’agissement de ceux qui pensent qu’ils vivront éternellement et qu’ils ne retourneront pas à Dieu. Ainsi, c’est la croyance qui se reflète dans leur attitude et leurs actions.
Il est également possible que ce verset soit une figure de style pour signifier qu’ils ne se soucient pas du commandement de Dieu et qu’ils prennent de haut Ses avertissements, comme dans le verset :
(41 : 22) *Mais vous pensiez qu’Allah ne savait pas beaucoup de ce que vous faisiez.*
Il est possible que la clause *« Et vous pensiez que nous n’allions pas vous fixer de rendez-vous »* soit une réponse à leur excuse qu’ils n’étaient pas au courant ou quelque chose de similaire, mais Dieu sait mieux.
(18 : 49) *Et on déposera le livre [des actes] (_Waḍʿ al-kitāb_). Alors tu verras les criminels, effrayés (_moushfiqīn_) à cause de ce qu’il y a dedans, dire : « Malheur à nous (_Ya waylatana_), quel est donc ce livre à n’omettre de mentionner ni péché véniel ni péché capital ? » Et ils trouveront devant eux tout ce qu’ils auront fait. Et ton Seigneur ne fait du tort à personne.*
_Waḍʿ al-kitāb_ désigne le fait de présenter devant Lui afin qu’Il juge en s’appuyant sur le livre. _Moushfiqīn_ est dérivé du mot _shafaqa_ dont la racine veut dire « gentillesse ». Al-Rāghib dit dans Moufradāt al-Qourʾān :
_Ishfāq_ est un mélange d’inquiétude et de crainte car le _moushfiq_ aime l’objet du _ishfāq_ (_moushfaq ʿalayh_) tout en craignant ce qui adviendra de lui. Dieu dit :
(21 : 49) *…et ils redoutent (_moushfiqoūn_) l’Heure (la fin du monde).*
Lorsqu’il devient transitif avec l’ajout de la préposition mine (à cause de), l’idée d’inquiétude est plus marqué. Dieu dit :
(52 : 26) *Ils diront : « Nous vivions au milieu des nôtres dans la crainte (moushfiqīn) [d’Allah] »*
et
(42 :18) *tandis que ceux qui croient en sont craintifs (_moushfiqoūna minhā_)*
_Wayl_ veut dire périr. Il est employé en période d’affliction et est une manière de dire que l’affliction est pire que la mort, à tel point qu’une personne implore la mort de la libérer de la peine, tout comme une personne peut souhaiter la mort lorsqu’elle fait face à une calamité. Dieu cite Maryam lorsqu’elle endurait les douleurs de l’enfantement :
(19 : 23) *« Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! »*
*« Et on déposera le livre »* : Le contexte suggère qu’il s’agit d’un seul livre répertoriant les actes de chacun. Toutefois, cela ne contredit pas l’idée qu’un livre distinct sera attribué à chaque personne. Certains versets Coraniques disent que chaque personne aura son propre livre, d’autres que chaque nation (_oumma_) aura son propre livre, et un troisième groupe de versets dit qu’il y aura un seul livre pour tout le monde.
(17 : 13) *Et au cou de chaque homme, Nous avons attaché son œuvre. Et au Jour de la Résurrection, Nous lui sortirons un écrit qu’il trouvera déroulé.*
(45 : 29) *Voilà Notre Livre. Il parle de vous en toute vérité…*
Ces deux derniers versets seront étudiés plus tard, si Dieu le veut.
On dit également que « le livre » désigne les livres d’actes et que l’article défini est utilisé pour indiquer l’intégralité du genre. Cependant, le contexte ne soutient pas cette interprétation.
*« Alors tu verras les criminels effrayés à cause de ce qu’il y a dedans »* : Cette phrase qui exprime la conséquence au dépôt du livre et qui témoigne de la peur de ce qu’il contient prouve qu’il s’agit de livre d’actes ou de livre répertoriant leurs actes. Les qualifier de « criminels » fait allusion au motif de leurs craintes et au fait que leur peur de ce qui s’y trouve est occasionnée par leur culpabilité. Ainsi, le prédicat (ḥoukm) concerne toute personne coupable même si elle n’est pas polythéiste.
*« [Et ils] dir[ont] : « Malheur à nous, quel est donc ce livre à n’omettre de mentionner ni péché véniel (_saghīra_), ni péché capital (_kabīra_) ? » Et ils trouveront devant eux tout ce qu’ils auront fait. »* : _Ṣaghīra_ (petit) et _kabīra_ (grand) sont deux adjectifs qui prennent la place du nom qu’ils décrivent : un péché, un acte de désobéissance, une erreur insignifiante ou quelque chose de similaire. Ces paroles qui leur sont attribuées sous forme de question rhétorique exclamative, expriment leur étonnement et leur terreur face à l’autorité du livre qui répertorie tous leurs péchés ou tous les faits incluant des péchés. Ainsi, on comprend la raison pour laquelle le petit péché est mentionné avant le grand dans *« ni péché véniel, ni péché capital »*, même s’il aurait été plus cohérent de dire que le livre n’omet ni grand, ni petit péché, en nous basant sur le fait que la phrase a un sens positif et qu’il aurait été hiérarchiquement correct de partir du grand vers le petit. La raison sous-jacente à cela – Dieu sait mieux – est que le livre n’omet pas de petit péché malgré leur insignifiance et leur trivialité, ni de grand péché malgré son énormité ou son évidence. Dans le contexte de la terreur déguisée en étonnement, prendre en compte les petits péchés en dépit de leur insignifiance et de leur trivialité est d’autant plus approprié.
Il apparaît d’après le contexte que la phrase *« Et ils trouveront devant eux tout ce qu’ils auront fait »* introduit une nouvelle idée (_taʾsīs_) et n’est pas une explication de *« quel est donc ce livre à n’omettre de mentionner ni péché véniel, ni péché capital ? »* Ainsi, ce qui se trouvera devant eux, ce sont leurs actes véritables, sous des formes appropriées, et non leur livre d’actes. Cela est similaire à :
(66 : 7) *Ô vous qui avez mécru ! Ne vous excusez pas aujourd’hui ; vous ne serez rétribués que selon ce que vous œuvriez.*
Cela est également confirmé par la clause : *« Et ton Seigneur ne fait du tort à personne. »* En nous fondant sur la croyance que tous les actes revêtiront une forme physique, l’idée qu’il n’y aura pas d’injustice est plus facile à saisir car ce pour quoi ils seront récompensés ou punis sera leurs actes. Ils reviendront à eux et les rattraperont et personne ne pourra rien y faire. C’est quelque chose que le lecteur doit comprendre.
À suivre inshaAllah
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Comment faire connaissance avec le Coran
Tafssir de la Sourate al-Kahf, La caverne, 28ème partie*
(18 : 50) *Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblīs qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour maîtres (_wilāya_) en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? Quel mauvais échange pour les injustes !*
C’est un deuxième rappel de ce qui s’est passé entre Lui et Iblīs lorsqu’Il ordonna aux anges de se prosterner devant l’ancêtre de l’humanité, Adam ; ils se sont tous prosternés à l’exception d’Iblīs. C’était un des djinns et il s’est révolté contre le commandement de Son Seigneur.
Cela veut dire : rappelez-vous cet incident et il sera clair pour vous qu’Iblīs – un des djinns – et sa progéniture sont vos ennemis. Ils ne vous veulent pas du bien. Vous ne devriez pas être tentés par les plaisirs et les désirs du monde qu’ils rendent attrayants pour vous et vous ne devriez pas vous détourner du souvenir de Dieu. Vous ne devriez pas leur obéir en cédant aux faussetés auxquelles ils vous invitent.
*« Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour maîtres en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? »* fait suite au bref compte-rendu de l’incident. Il s’agit d’une question rhétorique, exprimant la désapprobation : il est logique, suite à l’incident, que vous ne devriez pas les prendre, lui et sa progéniture, comme amis alors qu’ils sont vos ennemis. Ainsi, ce qui est entendu par _wilāya_ (traduit ici par « maîtres ») est la _wilāya_ de l’obéissance, de sorte qu’ils lui obéissent ainsi que sa progéniture, qu’ils les prennent, lui et sa progéniture, comme objets d’obéissance au lieu de Dieu. Voici ce qu’en ont dit les exégètes :
Il ne serait pas improbable que _wilāya_ désigne la possession de l’autorité et de la gestion, c’est-à-dire la propriété (_rouboūbiyya_), car, de la même manière que les idolâtres adorent les anges en espérant qu’ils leur fassent du bien, ils adorent aussi les djinns pour éviter qu’ils leur fassent du mal. Il affirme explicitement qu’Iblīs est du nombre des djinns et qu’il a une descendance, que l’égarement de l’homme du chemin menant au bonheur et toutes les misères qui l’accompagnent ne sont dus qu’à Satan qui l’égare. Donc, en gros, cela veut dire : Allez-vous prendre lui et sa progéniture comme dieux et seigneurs au lieu de M’adorer et de vous attacher à Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ?
Cette explication est soutenue par le verset qui suit, car le fait que Dieu ne les a pas rendus témoins de la création n’est compatible qu’avec la négation de leur _wilāya_ dans le sens où ils seraient des régulateurs, et non dans le sens où ils seraient objets d’obéissance.
Le verset finit par les condamner de prendre d’autres maîtres que Dieu, c’est-à-dire de choisir Iblīs au lieu de Dieu : *« Quel mauvais échange pour les injustes ! »* Que cela est répugnant ! Aucune personne sensée ne ferait cela. C’est ce qui est caché dans la tournure grammaticale à des fins rhétoriques dans la clause : *« le commandement de son Seigneur »*, par opposition à « Notre commandement ».
(18 : 51) *Je ne les ai pas pris comme témoins (_ashhadtouhoum_) de la création des cieux et de la terre, ni de la création de leurs propres personnes. Et Je n’ai pas pris comme aides (_ʿaḍoudan_) ceux qui égarent [les autres].*
Il est évident, d’après le contexte, que les pronoms pluriels font référence à Iblīs et à sa progéniture. _Ishhād_ (comme dans _ashhadtouhoum_) veut dire convoquer et déclarer comme témoins de la même manière que désignent des témoins oculaires. Un _‘adoud_ désigne l’avant-bras (entre le coude et l’épaule). Ce terme a été emprunté métaphoriquement car il a le même sens que _yad_ (main ou bras). C’est ce qu’il signifie ici : « donner un coup de main ».
Le verset présente deux arguments réfutant l’idée que le contrôle de la régulation de l’univers (_wilāyat al-tadbīr_) a été octroyé à Iblīs et sa progéniture.
Tout d’abord, diriger quelque chose suppose avoir une connaissance complète, au sens plein du terme, des choses qui sont dirigées et une connaissance de tous les liens internes et externes régissant ces choses : ce dont elles proviennent, ce qui leur est associé et où elles finissent. Il y a un lien existentiel entre les éléments constituant l’univers. Dieu n’a pas fait d’Iblīs et sa progéniture des témoins de Sa création des cieux et de la terre ou même de leurs propres créations. Ils n’étaient pas témoins lorsqu’Il (swt) dit aux cieux et à la terre : « Sois ! » et ils furent, ou lorsqu’Il (swt) dit à Iblīs et à sa progéniture : « Sois ! » et ils furent. Ils ignorent la réalité des cieux et de la terre et des secrets de la création de leur propre existence individuelle. S’ils ignorent la réalité de leur propre conception, comment pourraient-ils avoir le contrôle de leur régulation ou même en prendre part ? Comment pourraient-ils être des dieux ou des seigneurs à la place de Dieu alors qu’ils ignorent la création des cieux et de la terre, et même la création de leurs propres personnes ?
Ils n’ont pas assisté à la création des cieux et de la terre parce qu’ils sont tous limités, sans possibilité de comprendre ce qui est au-delà d’eux-mêmes. Tout le reste leur est caché, recouvert d’un voile. Cela est clair. Dieu nous en a informé dans diverses parties de Sa révélation. De même, la question des causes qui précèdent sa propre existence et les conséquences qui suivront son existence lui sont cachées.
Quiconque regarde attentivement et examine la question verra qu’il s’agit d’une preuve rationnelle et non d’une preuve argumentative. L’examen minutieux est nécessaire pour ne pas confondre ce jeu que nous appelons planification avec la planification cosmologique de Dieu qui ne se trompe ni ne s’égare, et pour ne pas confondre les conjectures et les croyances erronées, que nous faisons circuler et sur lesquelles nous nous appuyons, avec la connaissance visuelle, qui est la vraie connaissance. La personne attentive ne confondra pas non plus la connaissance des choses invisibles, généralement perçues par leurs signes et leurs indications, avec la véritable connaissance de l’invisible, grâce à laquelle l’invisible devient visible.
Deuxièmement, chaque espèce de la création tend, par son instinct, à atteindre une forme de perfection qui lui est propre. Cela est élémentaire pour quiconque fait des recherches et examine sa condition. La guidance divine est accessible à tous, comme Il (swt) le dit :
(20 : 50) *Celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée*
À suivre inshaAllah
Source : Tafssir-e-Mizan, Allamah Tabataba’i
Traduit par l’équipe Shia974
Quelques miracles numériques du Coran
Dans le Coran, les lettres disjointes (ḥurūf muqaṭṭaʿāt) de chaque sourate apparaissent plus fréquemment que les autres lettres.
Les lettres disjointes propres à chaque sourate y sont répétées davantage que dans les autres sourates.
Le nombre total des lettres disjointes dans l’ensemble des sourates qui en comportent est un multiple du nombre 19 (qui correspond au nombre de lettres de « Bismillāh al-Raḥmān al-Raḥīm »).
Les deux mots « dunyā » (le bas-monde) et « ākhirah » (l’au-delà) sont employés le même nombre de fois dans le Coran, à savoir 115 occurrences chacun.
Le mot « ḥayāt » (vie), avec ses dérivés, est utilisé autant de fois que le mot « mawt » (mort).
Le mot « sāʿa » (heure) apparaît 24 fois, correspondant au nombre d’heures dans une journée.
Le mot « shahr » (mois) est employé 12 fois, correspondant au nombre de mois de l’année.
L’expression « al-samāwāt al-sabʿ » (les sept cieux) est mentionnée 7 fois.
Le mot « sujūd » (prosternation) apparaît 34 fois dans le Coran, ce qui correspond au nombre de prosternations dans les prières obligatoires.
la naissance béni d'Imam Ali ibn AbiTalib(as)
L’Imam Ali ibn Abi Talib (as) est le seul être humain à être né dans la Kaaba, la Maison sacrée d’Allah.[*1]
(Al-Hakim, Al-Mustadrak, vol.3 p.483 ; Al-Dhahabi, Talkhis)
Le Prophète Muhammad ﷺ a dit :
• « Tu es mon frère dans ce monde et dans l’au-delà. »
(Sunan At-Tirmidhi 3720 ; Musnad Ahmad 1/331)
• « Celui dont je suis le maître (Mawla), Ali est aussi son maître. »
(Musnad Ahmad 4/281 ; Sunan At-Tirmidhi 3713 ; Al-Nasa’i, Khasa’is)
• « Ali est avec la vérité et la vérité est avec Ali. »
(Al-Hakim, Mustadrak 3/134 ; At-Tabarani)
• « Je suis la Cité de la Science et Ali en est la porte. »
(Al-Hakim 3/126 ; At-Tabarani)
L’Imam Ali incarne la foi, la justice, la sagesse et le courage.?joumaa Moubarak ?� مولد ومكانة الإمام علي عليه السلام
الإمام علي بن أبي طالب (ع) هو الإنسان الوحيد الذي وُلد داخل الكعبة المشرفة.
(الحاكم، المستدرك ٣/٤٨٣ ؛ الذهبي، التلخيص)
وقال رسول الله ﷺ فيه :
• « أنتَ أخي في الدنيا والآخرة »
(الترمذي ٣٧٢٠ ؛ مسند أحمد ١/٣٣١)
• « من كنتُ مولاه فهذا عليٌّ مولاه »
(مسند أحمد ٤/٢٨١ ؛ الترمذي ٣٧١٣ ؛ النسائي، الخصائص)
• « عليٌّ مع الحق والحق مع علي »
(الحاكم ٣/١٣٤ ؛ الطبراني)
• « أنا مدينة العلم وعلي بابها »
(الحاكم ٣/١٢٦ ؛ الطبراني)
الإمام علي هو رمز الإيمان والعدل والحكمة والشجاعة.
? Sources historiques confirmant la naissance d’Ali (as) dans la Kaaba
Plusieurs érudits musulmans, tant chiites que sunnites, ont rapporté cet événement :
- **Al-Hakim al-Naysaburi**, dans *Al-Mustadrak* (vol. 3, p. 483), affirme que l’Imam Ali est né dans la Kaaba.
- **Al-Dhahabi**, dans son *Talkhis al-Mustadrak*, confirme ce rapport sans le contester.
- **Al-Mas‘udi**, historien sunnite du Xe siècle, écrit dans *Muruj adh-Dhahab* que l’un des plus grands honneurs d’Ali est sa naissance dans la Maison sacrée
- Muhammad ibn Talha al-Shafi‘i (*Matalib al-Su’ul*)
- Ibn Sabbagh al-Maliki (*Fusul al-Muhimma*)
- Shablanji (*Nur al-Absar*)
- Sibt ibn al-Jawzi (*Tadhkirat Khawass al-Ummah*)
### ? Un événement unique
- **Les sources chiites sont unanimes** : Ali (as) est le seul être humain à être né dans la Kaaba, ce qui est vu comme un signe de sa grandeur spirituelle.
- Certains **érudits sunnites** acceptent également cette version, bien que d’autres considèrent que d’autres personnes auraient pu naître dans la Kaaba, sans toutefois contester la véracité de la naissance d’Ali dans ce lieu
Selon plusieurs récits, **Fatima bint Asad**, la mère d’Ali, aurait ressenti les douleurs de l’accouchement alors qu’elle se trouvait près de la Kaaba. La paroi de la Kaaba se serait miraculeusement ouverte pour lui permettre d’y entrer. Elle y serait restée trois jours avant d’en sortir avec le nouveau-né dans les bras.
Naissance d imam IMAM ALI (AS)
*Nom* : Ali ibn Abu Talib ibn Abdul Mutallib
*Naissance* : 13 Rajab à La Mecque au sein de la Kaaba
*Père* : Abu Talib ibn Abdul Mutalib
*Mère* : Fatima bint Assad
*1ère épouse* : Fatima Zahra bint Mohamad RassoulAllah (pslf)
*Enfants de son union avec Fatima Zahra* : Al Hassan, Al Hussein, Zeynab, Umm Kulthum
*Deuxième épouse après le décès de Fatima Zahra* : Fatima, surnommée Umm el Banin
*Enfants de son union avec Umm el Banin* : Abou Fadl Abbas, Ja’far , Abd Allah et Uthman, tous tombés en martyr à Karbala
*Durée de l'Imamat* : 29 ans
*Martyr* : 21 Ramadan à Koufa (Irak)
*Sépulture* : Nadjaf (Irak)
Imam Ali, premier à avoir cru au message, premier Imam, successeur du Prophète Mohamad (pslf), prince des croyants, porte du savoir, celui qui fait l'aumône en état d'inclinaison, l'épée de l'Islam, la voie de l'éloquence naquit au sein de la Kaaba le 13 Rajab.
Il fut martyrisé le 21 de Ramadan.
Alors qu'il était en état de prosternation durant la prière de fajr. Il fut touché à la tête par le coup d'épée d'ibn Mujlim, le maudit, le 19 Ramadan et rendit l'âme 2 jours plus tard.
Lorsque cela arriva il dit "par le Seigneur de la Kaaba, j'ai obtenu la victoire", soucieux de quitter ce monde en martyr...
✨ *Hadiths sur Imam Ali* ✨
Le Messager de Dieu (pslf) a dit :
Ô Allah ! Celui dont je suis le maître, Ali est aussi son maître. Ô Allah ! Sois l'ami de celui qui est son ami et soit l'ennemi de celui qui est son ennemi.” »
(Biharoul Anwar, volume 37, page 112, hadith 4)
Jabir ibn Abdallah al-Ansari raconte : « J'ai entendu le Messager d'Allah (pslf) dire à Ali ibn Abi Talib (as) :
“Ô Ali ! Tu es mon frère, mon successeur, mon exécuteur et mon calife sur ma nation aussi bien de mon vivant qu'après ma mort. Ceux qui t'aiment m'aiment ; et ceux qui te détestent me détestent ; et tes ennemis sont mes ennemis.” »
(Al-Amali d'as-Sadiq, page 124, Hadith 5)
Le Messager d'Allah (pslf) a dit :
« Ô Ali, je suis la cité du savoir et tu en es la porte et personne ne peut entrer dans la ville sans passer par sa porte…Tu es l'Imam de ma nation et tu es mon Successeur. Est bénie la personne qui t'obéit et est destituée la personne qui te désobéit. Celui qui te suit sera vainqueur alors que celui qui te tourne le dos sera parmi les perdants. »
(Jami al-Akhbar, page 52, hadith 9)



















